La célébration d’OBON à La Demeure :

Le 2 novembre 2005

Douce cérémonie, et énergique !

Invitation des morts, convocation de l’héritage, des héritages : le nôtre, et celui des autres qui nous a intrigués, attirés, et auquel nous demandons d’éclairer le nôtre. Chaque geste et chaque sutra luisent dans l’obscurité de mon ignorance, et dans la répétition, l’éclairent, éclairent le monde, comme l’aube chaque matin.

Sans naissance-sans mort, sans début ni fin : comme cette marche vers la rivière, qui commence sans début, que la fin ne termine pas : nous continuons de marcher, lentement, agitant quand même ce brillant tissage de la vie qui nous entoure, qui est nous : papillon dans une toile d’araignée, à pas légers !

Danielle

J’étais à la Demeure, mi-août pour participer à la célébration d’Obon, la fête des morts...

drôle d’idée, moi qui n’ai jamais participé aux fêtes de la Toussaint dans ma propre famille...

Depuis quelques jours, à la Demeure, c’était le grand ménage pour accueillir les ancêtres, ménage du zendo, nettoyage de la cour et puis surtout, grand ménage du coeur pour les recevoir dans un silence recueilli. Depuis la veille, nous étions en silence, attentifs les uns aux autres, disponibles.

Dès l’aube, nous étions dans le zendo pour un premier zazen, un peu ensommeillés peut-être (enfin, je parle pour moi...).

Et ils sont venus me visiter... tour à tour, tout au long de cette journée, j’ai retrouvé le souvenir très vivant et comme la présence de tous ceux que j’avais aimés et qui étaient partis, ceux que j’avais oubliés et aussi, ces ancêtres que je n’avais pas ou peu connus, et tous m’ont rappelé combien ils faisaient partie de mon être, combien ils m’avaient apporté et combien un travail de réconciliation à peine entamé s’avérait plus que jamais nécessaire.

Ils sont venus, tous ces esprits de nos morts, profitant d’un silence qui enfin, leur faisait un peu de place, d’un espace et d’un temps qui leur était dédiés. Ils ont soulevé les couvercles des casseroles dans la cuisine, ils ont dansé dans le jardin, ils ont murmuré dans la bibliothèque et puis, au soir, ils sont repartis sur la rivière, dans la lueur des bougies, à bord de fragiles embarcations constituées d’écorces, et c’était un moment très émouvant que de voir ces embarcations danser sur l’eau...

Il y avait ce jour-là à la Demeure un grand recueillement et les mots n’étaient pas nécessaires pour être avec les autres.

Ce que j’en garde de plus fort, c’est peut-être un sentiment d’appartenance, le sentiment de n’être pas « un électron libre » mais plutôt, le maillon d’une chaîne, dans le temps et dans l’espace et s’impose à moi l’évidence que la réconciliation avec moi-même et avec mes morts est une étape incontournable...

Catherine

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