La Voie de Bouddha

Le 2 novembre 2005

Il est des textes ... « très beau » ...comment résister !

( c’est moi qui souligne en gras dans ce qui suit ).

Livre « Esprit zen , esprit neuf » de Shunryu Suzuki. Collection Point Seuil.

« Mais Bouddha ne s’intéressait pas aux éléments qui composent les êtres humains, ni aux théories métaphysiques de l’existence. Savoir comment il existait lui - même en ce moment l’intéressait davantage. Voilà ce qui lui importait. Le pain est fait de farine. Savoir comment la farine devient du pain quand on la met au four, c’était cela pour Bouddha le plus important. Savoir comment nous devenons illuminés était le cœur de sa recherche. » p 73

« Afin de découvrir comment la pâte devint du pain parfait, il le fit et le refit maintes et maintes fois jusqu’à la réussite. C’était cela sa pratique. Mais peut - être ne trouvons - nous pas très intéressant de recommencer à cuire tous les jours la même chose ? Vous pouvez dire : c’est plutôt ennuyeux . » p73

« Former un caractère, c’est comme faire du pain - il faut mélanger peu à peu , chaque chose en son temps, à température modérée. Vous vous connaissez assez bien vous - même, et savez quelle température vous est nécessaire. Vous savez exactement ce qu’il vous faut. Mais si vous vous exaltez trop, vous oublierez quelle est pour vous la bonne température, et vous perdrez votre propre voie. C est très dangereux.

Bouddha dit la même chose du bon bouvier. Le bouvier sait quelle charge peut porter le bœuf, et il empêche que le bœuf ne soit surchargé. Vous connaissez votre voie et votre état d’esprit. N’en portez pas trop ! Bouddha compara encore la formation d’un caractère à celle d’un barrage. Vous devez faire très attention en construisant le mur. Si vous essayez de tout faire d’un seul coup, l’eau fuira. Construisez soigneusement le mur et vous vous retrouverez à la fin avec un beau barrage pour votre eau. » p76

Livre « Sur les traces de Siddharta » de Thich Nhat Hanh . Pocket.

Chapitre 46 « Une poignée de feuilles simsapa » .

« La forêt de Ghosira était plantée d’arbre simsapa sous lesquels le Bouddha aimait méditer lors des chauds après - midi. Un jour, il leva une poignée de feuilles de simsapa à bout de bras et interrogea les moines :

Bhikkhus, le nombre de feuilles dans ma main est - il supérieur à celui des feuilles de toute la forêt ? Non, répondirent - ils en chœur. De la même façon , ce que je vois est plus vaste que ce que j’enseigne. Pourquoi ? Car je n’enseigne que les éléments véritablement nécessaires et utiles à l’Eveil.

Il disait cela parce que de nombreux bhikkhus avaient une forte propension à s’égarer dans les spéculations philosophiques. Particulièrement bhikkhu Malunkyaputta qui ne cessait de poser des questions telles que « l’univers est - il fini ou infini », « est - il temporel ou éternel ? », auxquelles le Bouddha refusait toujours de répondre . Ulcéré de ses silences, Malunkyaputta décida de l’interroger une dernière fois, et de renier ses vœux de bhikkhu en cas de nouvelle rebuffade. Maître, si vous daignez répondre à mes questions, je continuerai à suivre votre Voie. Si vous refusez, je quitterai la Sangha. Dites - moi si l’univers est fini ou infini. Et si vous n’avez pas la réponse , dites - le - moi aussi.

Le Bouddha regarda Malunkyaputta .

Quand vous avez sollicité l’ordination , vous - ai -je promis de répondre à de telles questions ? Ai -je dit : « Malunkyaputta , devenez un bhikkhu , et je résoudrai des problèmes métaphysiques » ?

Non, Vénéré Maître.

Alors, pourquoi m’importunez - vous aujourd’hui ? Malunkyaputta , vous êtes semblable à une personne frappée par une flèche empoisonnée qui fait venir le médecin pour l’extraire mais qui refuse tout acte médical si ce dernier ne satisfait pas sa curiosité . Il veut savoir qui a tiré la flèche ? Quelle est la caste du tireur ? Pourquoi l’a - t - il visé ? Avec quelle sorte d’arc ? Comment l’homme s’est - il procuré le poison ? ... Malunkyaputta , l’homme mourra avant que sa curiosité ne soit assouvie . Il en est de même dans la poursuite de la Voie . Je ne transmets que les enseignements nécessaires à la Réalisation et je délaisse les arguties futiles ou secondaires.

Malunkyaputta , que l’univers soit fini ou infini , temporel ou éternel , il y a une vérité que vous devez accepter : l’existence de la souffrance . Mon enseignement vous aidera à atteindre le détachement , la sérénité et la Libération . Je refuse de débattre de sujets vous éloignant de la réalisation de l’Eveil.

Malunkyaputta , confus , demanda au Bouddha de lui pardonner sa requête si stupide. L‘Eveillé encouragea les bhikkhus à se concentrer sur leur pratique et à éviter les débats philosophiques inutiles. »

Et puis évoquer Thich Nhat Hanh ,...c’est aussi adresser, aujourd’hui , un petit « clin d’œil » à Jokei !!

Lionel

Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

Tous les mois, vous y trouverez des textes proposés par Joshin Sensei, ou les membres de la sangha.

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Si vous souhaitez proposer un texte, merci de l’envoyer par email à La Demeure Sans Limites.

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Dernière mise à jour le :
2 novembre 2005
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