Apprendre : patience et humilité

Le 2 novembre 2005

Lors d’une des premières retraites que j’ai faites à Plazac auprès de mon Maître, au moment de la préparation du repas, je crus me rendre utile, passant près de la cuisine, en proposant mes services. Ils étaient en train d’emmener les plateaux dans le Zendo. J’entre donc, et propose de transporter un ou deux plats. Notre tenzo, moine de longue date, se contente de dire au-dessus de ma tête : « Qui est responsable du service ? »...

En un éclair je compris que mon attitude n’était qu’excès de zèle égotiste participant d’un activisme perturbateur de l’harmonie de la retraite. De ce jour, je suis devenue plus attentive aux véritables motivations de mes actes, les mieux intentionnés soient-ils.

Un jour à La Demeure, je coupai les légumes et les poussai au fur et à mesure de la planche dans un saladier. Jokei approche et me demande de le faire avec le dos du couteau, plutôt qu’avec le tranchant, afin de ne pas user prématurément la lame. Depuis j’ai toujours une petite pensée vers l’Ardèche quand je coupe les légumes. N’est-ce pas merveilleux d’apprendre encore à 60 ans, après 40 ans passés à faire quotidiennement la cuisine pour sa famille ?..

Ce ne fut pourtant pas ma réaction, quand, un an auparavant, auprès de Betty alors tenzo, je m’étais fait renvoyer vers mes casseroles en voulant donner un avis que je croyais très autorisé ! Une brusque colère m’avait envahie à l’époque. Toujours l’égotisme...

Une autre fois ce fut une remarque sur le fait que je faisais trop de bruit en frappant une cuillère en bois contre le bord d’un plat en voulant détacher la nourriture. C’est un geste très fréquent et machinal dans une cuisine. Je pris alors conscience « sur le vif » qu’en beaucoup de situations nous prenons un peu trop de place, sans souci de l’autre, absorbé en nous-même, dans nos pensées, obéissant à des habitudes.

On prétend souvent apprendre alors qu’on ne cherche en réalité que des distractions... !

Liliane

Admirons ce moine du Tch’an qui déclara en quittant son monastère : « Même si une fillette de cinq ans peut m’enseigner la Loi, je l’écouterai ; même si un vieillard de 8O ans ne connaît pas la Loi, je la lui enseignerai... » Combien d’entre nous ont parfois pensé : mais je suis...un ancien, un moine/une nonne, un intellectuel...un spécialiste du Zen - de La Demeure...s’empêchant ainsi d’écouter et d’entendre quelque chose de neuf. Ah ! « Je sais, je sais... »

Sensei

Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

Tous les mois, vous y trouverez des textes proposés par Joshin Sensei, ou les membres de la sangha.

N’hésitez pas à réagir ou répondre aux textes proposés en ajoutant vos commentaires.

Si vous souhaitez proposer un texte, merci de l’envoyer par email à La Demeure Sans Limites.

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Dernière mise à jour le :
2 novembre 2005
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