La cuisine dans les Temples Zen, commentaires sur le texte de M° Dogen

Le 30 novembre 2005

"Que ceci soit clair : Une personne stupide se voit lui-même comme un autre, alors que le sage voit les autres comme lui-même."

M°Dogen

La première idée me venant est cette paille que je vois dans l’œil de l’autre sans même remarquer la poutre dans mon oeil.

M° Dogen dit : « Étudier l’Univers c’est s’étudier soi-même. S’étudier soi-même c’est s’oublier soi-même. »

Comment s’étudier soi-même ?

En s’observant.

Comment s’observer ? Un oeil ne peut pas se regarder lui-même.

En s’oubliant.

Comment s’oublier ?

En se tournant vers les autres.

Comment s’observer si on regarde les autres ? D’ailleurs Quing Yuang (le vieux Tenzo chinois) dit "les autres ne sont pas moi".

Comment s’observer sans s’illusionner ?

Un verre à moitié remplit peut-être vu comme à moitié vide ou à moitié plein.

Frère Antoine (le célèbre ermite de la grotte de Rochebrune) dit que" le Rien est une forme pour le Tout sans forme. Le Tout a besoin du Rien pour se manifester’’.

Moi, qui ne suis d’ailleurs pas croyant, j’en arrive à ne plus croire en rien.

Suis-je pour autant objectif ? Les chercheurs en physique quantique se sont rendus compte qu’ils ne peuvent pas observer objectivement comme le font les scientifiques traditionnellement. Leur esprit influence l’objet observé.

Comment manifester, en outre, de la joie et de la chaleur si on se veut objectif ?

Pratiquer la compassion et la gratitude pour les autres et pour soi.

La Cuisine, pour moi, relie ces deux faces du Bouddhisme : La Sagesse (cela peut-être la technique de ce samou, l’efficacité...) et la Compassion ( faire la cuisine pour les autres, pas selon ses propres goûts.Un don sans traces)

Le travail en cuisine, ce n’est pas un exposé philosophique purement intellectuel, c’est "Zazen Shin"

Action/(Pensée)/Réaction ne font plus qu’un, sans décalage, fluide.

Corps-Coeur-Esprit Grâce à l’acte, on peut travailler sur ces points abstraits, en évitant les utopies.

La Cuisine permet d’expérimenter cette sagesse car "l’Esprit de la Voie du Tenzo se réalise en retroussant ses manches"

C’est très intéressant pédagogiquement. Mais il ne s’agit pas de devenir affairé.

Frère Antoine dit " je suis presque aussi désœuvré que Dieu lui-même. Dans un tel cas, comment deux désœuvrés, vivants en face l’un et l’autre à longueur de journée, pourraient-ils ne s’unir que de temps en temps ?

Pour en revenir à notre phrase ; comment évaluer si quelqu’un est sage ou stupide ?

M° Dogen :" Si nous ne pouvons pas savoir comment nous établir dans la Voie, comment pouvons-nous évaluer une autre personne ?"

Prenons un exemple concret : Quelqu’un, en cuisine, peut avoir une idée différente de la mienne en ce qui concerne le devenir d’un reste. Est-ce que mon point de vue est-il meilleur que le sien ?

Cela dépend des critères de jugement. Sur le Net, Via Michelin propose différents itinéraires pour une même destination : le trajet le plus court en temps, distance, le plus économique, le plus joli...

Mais on ne peut pas suivre deux trajets en même temps. Il faut que quelqu’un lâche. Toutefois, on peut suivre un autre chemin la prochaine fois.

Je ne pense pas que l’on soit radicalement un sage ou un idiot. On a tour à tour des attitudes de sagesse et d’idiotie.

Un Maître a dit : " Avec le temps qui passe, les autres deviennent moi et je deviens les autres".

D’ailleurs où se termine moi et où commence l’autre ? Je respire l’air dont peut-être une partie a été rejetée par l’autre. Les autres mangent ce que je prépare et je mange ce que l’autre a préparé.

’’Un des critères pour dire qu’une Guen Maï est bonne, c’est quand le riz et l’eau sont bien mélangés. Quand on ne peut plus distinguer l’eau du riz et le riz de l’eau.

Normalement, les Tenzos devraient se succéder sans que cela ce remarque en ce qui concerne le goût de la Guen Maï. Dans le Zendo, on devrait être aligné, voire vêtus de telle sorte que je ne me distingue pas forcément des autres.

Cette unité permet d’affiner mon caractère. Car s’il est trop mis en avant, comment prendre en considération les autres ?

M° Dogen parle de "Ichimi Zen", littéralement le-Zen-qui-n’a-qu’un-goût, soit le Zen dont le goût n’est pas adultéré par des vues limitées.

Mais ce n’est pas la Tour de Babel. Il ne faut pas rechercher l’unité en voulant que tous nous parlions la même langue, pensons de la même façon, pour qu’il n’y ait plus de problèmes. Les différences sont comme les phénomènes.

À la question de M° Dogen "qu’est-ce que les choses ?", le Tenzo chinois répond "1, 2, 3, 4, 5"

Sensei dit "Tout est parfait"

Comment réfléchir, pratiquer ces points, tout en restant dans le cadre ?

En suivant un horaire, par exemple.

L’horaire, c’est comme la mort qui nous indique que le temps appartit pour ceci ou cela est révolu, présentement.

Je m’arrête là !

Fabrice Moku Shin

Daishin

Daishin a déménagé !

Retrouvez le nouveau site de Daishin à l’adresse suivante : http://larbredeleveil.org/daishin/lespritvaste/

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