Zazen sans douleur ?

Le 30 novembre 2005

Rev. Issho Fujita, Pionner Valley Zendo, partage son expérience de la douleur physique pendant zazen :

Après avoir commencé à pratiquer zazen, pendant quelques années, m’asseoir signifiait pour moi me battre contre la douleur physique. Je m’asseyais toujours avec l’espoir qu’un jour je n’aurais plus mal. J’ai essayé plein de choses, le yoga, les étirements, la diète pour rendre mon corps plus souple, ne plus avoir mal. Sans succès.

Puis pendant une retraite, une pensée m’a soudain traversé l’esprit pendant zazen : « Aha ! Zazen sera donc douloureux, quoique j’essaye. Zazen sans douleur ? Ce n’est que mon illusion stupide. Très bien ! Arrête de te battre contre la douleur. Assieds-toi avec. »

A ce moment-là, j’ai senti le « goût » de la douleur et cela a fait un énorme changement. J’ai senti la tension de mon corps diminuer, mon dos a semblé s’allonger de lui-même.

Je ne veux pas dire que la douleur avait complètement disparu ; mais quand, dans mon esprit, ma relation avec elle a changé, quelque chose a changé aussi, simultanément, dans mon corps et dans ma respiration. Il me semblait que ces changements apportaient une diminution sensible de la douleur( peut-être due au relâchement des muscles).

Quand mon esprit a pu lâcher ce « bagage » supplémentaire, c’est à dire m’accrocher au rêve d’un zazen sans douleur, cela s’est reflété immédiatement dans le corps et la respiration.

Ceci est un exemple de « Trois sont un, un est trois », la relation entre corps, esprit et respiration. Pour résumer : quand corps, esprit et respiration fusionnent et fonctionnent en harmonie comme un tout, le corps-esprit fait apparaître une qualité qui s’appelle « Shoshintanza « (Litt. « corps- esprit-respiration -assise ». Sensei) : s’asseoir de façon juste.

Au moment de la fusion des trois, shoshintanza s’actualise dans sa totale vitalité. Seulement alors pouvons-nous expérimenter zazen en entier, et comme unité.

(trad. Joshin Sensei)

Est-ce que vous avez déjà fait le même type d’expérience ? Que faites-vous avec la douleur ? Qu’est-ce qui permet- ou pas- de faire pleinement zazen ?

Sensei

 

Commentaires de l'article

 
nadia
Le 3 décembre 2005
Lorsque la douleur apparait, je me pose la question "mais, qu’est ce que c’est ?", je reviens à l’expiration, je la "dirige" vers l’endroit douloureux puis dans le bas du ventre...
 
Anonyme
Le 9 décembre 2005
Zazen douloureux ( il faut bien sûr ne pas dépasser ses limites ). Dans la vie de tous les jours , il y a des énervements, des contretemps, des agacements…(quand ce n’est pas pire ! ). Tracasseries de la vie quotidienne : « douleur dans les jambes » du quotidien ?. (L.Leblanc )
 
Isabelle
Le 15 décembre 2005
Je me sens un peu concernée par zazen sans douleur, car j’expérimente toujours zazen avec.... Au départ il y a la posture que je tiens à "ma façon"(c’est-à-dire de façon occidentale) et qui je pense doit faciliter le processus. Ceci étant, faire zazen demeure le plus important même avec elle. Je pense aussi que respirer au rythme de la sensation inconfortable doit pouvoir aider et je vais le faire. Gasshô
 
Anonyme
Le 21 décembre 2005

Pendant ces 10 ans de zazen je crois découvrir que la douleur, la plupart du temps, c’est plutôt une douleur morale, le corps connaît ce qu’il se passe et il réagit, la tête traduit dans ses limites, alors c’est la douleur, l’agitation, ou “je veux partir, maintenant, ceci est insupportable, etc”. Peut être c’est toujours “je veux-je ne veux pas”, c’est plein de ça, très subtile, infiniment subitle, je crois que la seule façon à surmonter cette souffrance c’est la connaître, écouter profondément son “bruit”, son inquiétude, y faire face, la laisser se montrer et puis la traverser, c’est à dire, chercher d’autres racines – lâcher prise – les mots ne traduisent pas très bien ce “geste” ( c’est ça “shoshintaza” ?). Alors la respiration, profonde, perce la barrière, c’est aussi bien difficile, on cherchera, tout le temps, à empêcher la respiration, à retourner aux bruits du corps et de la tète, à se laisser entraîner dans toutes ces histoires...Je crois qu’il me faut de la patience, surtout la certitude que c’est par là, la seule et “grande porte”, et si possible, un bout de sourire....La Voie du Bouddha n’a pas de fin !

Gasshò

Diana ZuyKen

Daishin

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Dernière mise à jour le :
30 novembre 2005
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