En vrac...

Le 30 novembre 2005

  • Le mythe de la retraite

Je suis un peu mal à l’aise avec cet article qui brosse un tableau un peu méprisant du "club" des retraités.

S’il est juste de dire qu’attendre impatiemment la retraite pour commencer à vivre est une erreur, il faut bien voir que pour une grande proportion des actifs, de condition modeste, la vie professionnelle est souvent dure et ne laisse guère, ni en termes de temps ni financièrement de loisirs. Beaucoup, à l’approche de la retraite se réjouissent de ce qu’ils vont enfin pouvoir faire certaines choses qui leur tiennent à cour, et même, pourquoi pas réaliser leurs rêves.

Et si ce rêve passe par des structures organisées, nous n’avons pas à juger de ce qu’en tirent nos retraités en question. Le tableau brossé dans cet article sur ce qui s’offre à nos yeux est trop subjectif. L’auteur semble ignorer profondément ce qu’était et ce qu’est la conditions des gens ordinaires. J’ai l’âge et la condition d’en savoir un petit quelque chose.

Les retraités sont en bien meilleure forme maintenant qu’il y a 30 ou 40 ans, et la retraite n’est pas un mythe, mais pour beaucoup une occasion de découvrir, de se connaître et de donner aussi. Gardons notre frayeur pour des causes beaucoup plus sérieuses en ce monde de violence et d’intolérance.

Ceci m’évoque une petite réflexion de Simone de Beauvoir, lue dans je ne sais plus lequel de ses écrits.

Cette grande intellectuelle, était accoudée à sa fenêtre, à l’étage, un dimanche, et observait un couple dans son jardin par une belle après-midi, en train de jouer aux cartes, riant et s’esclaffant.

Elle trouva d’abord médiocre et stupide à son goût de se distraire ainsi. Et puis petit à petit elle trouvait que ces gens étaient tout simplement en train de passer un moment tranquille, heureux, et se reprocha un jugement aussi méprisant, qui ne traduisait peut-être que sa profonde solitude.

Mme de Beauvoir avait-elle plus de compassion que le boddhisattva A. Lafon, maître zen à ses heures ?

Liliane

  • D.T.Suzuki, lorsque j’étudiais avec lui, disait que l’ego a la capacité de se couper de sa propre expérience- qu’elle vienne des sens, ou de rêves- mais il peut aussi s’allier à cette expérience. Il en a la capacité.

En d’autres termes, nous pouvons changer notre esprit, afin qu’au lieu de nous concentrer sur nous-mêmes, nous devenions attentifs à notre environnement : que ce soit l’extérieur comme aujourd’hui, ou le minimum en terme de concentration.

J’ai pensé qu’au lieu de suivre la discipline conventionnelle de l’assise jambes croisées, j’allais prendre les choses par l’autre bout. Si j’approche le monde du relatif relativement libre de mes " j’aime/ je n’aime pas" lorsque quelque chose que je n’aime pas se produit, au lieu de répéter que je ne l’aime pas, je me demande pourquoi je ne l’aime pas ?

Il y a là une possibilité très claire de changer mon esprit. Je procède de cette façon d’une composition à l’autre ; et puis vous pouvez prendre toutes sortes de choses comme guide.

Autrement dit, vous pouvez devenir un observateur de votre travail et des effets de ce travail à la fois sur vous-mêmes et dans une moindre mesure sur les autres.

John Cage

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Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

Tous les mois, vous y trouverez des textes proposés par Joshin Sensei, ou les membres de la sangha.

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Dernière mise à jour le :
30 novembre 2005
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