Appropriation (Suite)

Le 30 novembre 2005

La première fois que je suis entrée dans un dojo, après plusieurs années d’utilisation d’un petit banc, j’étais frappée de constater combien l’assise jambes croisées, avec les trois points d’appui au sol, était vraiment adaptée. Et puis tous ces petits "trucs" de la position des mains, de l’alignement du nez, des oreilles, du dos, ça occupe bien, ça empêche de rêvasser, de s’affaisser, un vrai bonheur !

On est là tout à la découverte, bien présent, ravi. C’est pas du bluff cette forme ! . Et très vite, viennent les fameuses douleurs. Ah ! Mais c’est normal, j’ai pas l’habitude, ça passera. A la première retraite c’est parfois l’horreur. Des siècles de pratique de la chaise ne rendent pas l’assise facile, mais il n’y a pas que cela. .C’est justement l "esprit d’appropriation" qui vient tout compliquer.

Plus que s’approprier la forme, je dirais qu’il nous faut trouver sa place au sein de la forme, trouver ce"fond libre" fait d’acceptation de ce que nous sommes. Nous n’avons pas tous la même morphologie, la même histoire, le même âge. L’un aura besoin d’un coussin épais, l’autre au contraire assez plat. et moi qui ai maintenant une arthrose de la hanche, le petit banc.

On ne peut nier que nous venons à la pratique l’esprit plein d’attentes, de demandes. Mais aussi avec un manque, le précieux manque qu’il va falloir apprivoiser. Ou alors c’est une simple curiosité, on est vite lassé. Il n’y a pourtant rien à prendre. Ou plutôt il faut tout prendre.

De toutes les façons, quand on débute on est tellement infantile, aveugle, cramponnés* à plein de certitudes, que le mieux c’est encore de s’asseoir en s’emparant à "plein corps" de la forme de zazen et d’ y mettre tout notre charivari.

C’est notre encombrement même qui est "propice à la libération". C’est une lapalissade en quelque sorte. Si nous n’avions pas le sentiment d’être pleins et avides de quoi chercherions-nous à nous libérer ?

Faire sien est-ce toujours s’approprier ? Il me semble que faire sien c’est s’unir à, être avec, passer du multiple au un.

Avec la pratique, la forme et le manque vont s’unir pour substituer au sentiment de plein, de trop, celui de vide, de réceptivité, d’accueil.

Liliane

Daishin

Daishin a déménagé !

Retrouvez le nouveau site de Daishin à l’adresse suivante : http://larbredeleveil.org/daishin/lespritvaste/

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Dernière mise à jour le :
30 novembre 2005
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