La haine de soi

Le 2 juillet 2006

Pema Chodron :(..) La meilleure idée que j’ai entendue, c’est de se traiter soi-même comme on éduque un enfant : Vous savez que vous devez donner à l’enfant beaucoup d’amour, d’encouragements et de soins, mais qu’il a aussi besoin de limites. Et vous même, dans votre cœur, vous savez ce qui va vous faire grandir. Pas très bien, au début, mais petit à petit, vous apprenez. Et cela inclut ce qui va vous aider à devenir plus patient, moins agressif, plus aimant. Vous trouverez cela en réfléchissant sur vous même, mais quand cela se tord, et que vous vous voyez » contre » vous même, vous allez vous mettre en colère après vous, et vous dire : «  Comment est-ce que je peux m’imaginer être une personne de la Voie, pratiquant la méditation ? Cela fait quinze ans que je fais zazen, et voilà ! J’ai toujours aussi mauvais caractère, et autant de défauts. » Quand vous regardez en vous même, faites le avec douceur, pas avec haine et colère.

J.Kornfield : Lorsque nous étions à la conférence pour les enseignants bouddhistes occidentaux, avec le Dalai Lama, Sharon Salzberg a commencé à parler de cela, de nos reproches à nous-même, de notre haine de nous même, et Sa Sainteté demandait sans cesse au traducteur de clarifier. Il ne comprenait tout simplement pas de quoi parlait Sharon. Et il nous a demandé si on comprenait, et si nous avions nous aussi cette expérience – et presque tous les enseignants bouddhistes présents ont répondu oui.

Moi aussi j’ai lutté avec cela dans ma vie spirituelle. Et pourtant c’est un lieu énorme de changement personnel. Une des instructions que j’aime offrir pendant mes enseignements est de suggérer aux personnes présentes de pratiquer pendant une année la « gentillesse aimante » pour eux -mêmes.

Tout à coup, on s’aperçoit comme c’est difficile. On ne s’en sent pas dignes, on pense que ce n’est pas bien de diriger cela vers soi, on ne sait pas se souhaiter le bonheur. Au départ, c’est presque impossible, et puis cela nous change, change nos relations avec les autres, puis change les gens autour de nous. Curieusement, nous devenons plus généreux avec les autres.


Pema Chodron : Depuis ce temps, le Dalai Lama répète souvent qu’il y a de grandes différences entre les Tibétains et les Occidentaux. Et il rappelle qu’il n’y a pas de compassion envers les autres sans compassion envers nous-même. Mais on peut entendre cela et se dire : « Bon, d’accord, et alors, comment je fais ? » Nous avons besoin d’enseignements pour développer « maitri » la gentillesse aimante, pour nous-même, qui à son tour va renforcer notre force et notre confiance dans notre propre sagesse. On doit laisser tomber nos biographies : pendant la méditation, nous apprenons à remarquer nos pensées, à en prendre conscience, puis à les laisser passer, et cela nous permet de nous sortir de notre histoire. Alors on peut entrer en contact avec le sentiment brut de culpabilité qui les sous-tend. Etre complètement présent avec cet inconfort, ou cette souffrance, qui vient avec la culpabilité, et ne plus s’en servir pour nourrir nos pensées.


Extrait de » Le merveilleux Chemin des difficultés », in Buddhadharma, trad. Sensei

Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

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Dernière mise à jour le :
2 juillet 2006
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