Un regard sans haine...

Le 5 mars 2007

Dans la vie quotidienne je suis entouré de gens qui ne comprennent pas. Je m’en suis encore rendu compte avec le message de ma carte de voeux. Ce message est le même depuis plusieurs années, je change seulement la date. Le message est le suivant : « Serge vous souhaite ce qu’il y a de mieux pour l’année 2007, et surtout d’arriver à porter un regard sans haine sur le monde et sur tous les êtres, quoi qu’il se passe. » Il y a ceux qui croient que je veux les culpabiliser et les rabaisser en leur donnant des leçons ; moi je suis capable d’être comme ça, et vous pas. Il y a ceux qui baignent dans un angélisme et qui sont contents car ils pensent que je suis comme eux. Et il y a ceux qui analysent et qui me répondent : nous avons été très sensibles au message de bonne année, encore que je sois persuadée qu’on vit dans un monde hyperviolent où l’on ne peut résister que par la violence.

Je peux répondre à ça. Je pourrais demander à cette personne ce qu’il y a de si violent dans son quotidien. Alors là elle me parlerait des guerres, des injustices, et des tas d’autres choses qu’elle reçoit de manière exhaustive et en condensé toutes les six heures par les canaux de l’information. Je pourrais lui dire que la compassion, c’est autre chose que de regarder cet étalage de violence, autre chose aussi que la condamnation et la révolte qui en découle. Je pourrais lui dire que je parle de sa vie à elle, de la vie de chacun dans son présent en dehors de toute virtualité. Il y a donc bien le point de vue de l’intérieur de notre pratique et le point de vue de l’extérieur.

Beaucoup de gens sont avertis des différences de point de vue. Ils conçoivent très bien le point de vue physique, par exemple on monte sur le toit de sa voiture et de là le réel est différent de quand on est au volant de cette même voiture. Ils ont bien intégré aussi le point de vue intellectuel qui consiste, quand on veut en changer, à se mettre à la place de l’autre comme on dit. On imagine qu’on est l’autre et l’on voit le monde à travers ses préoccupations et ses ennuis. Et il y a le point de vue de notre pratique, qui n’en est peut-être pas un, qui consiste à comprendre le réel comme quelque chose de pas extérieur à nous. Le problème avec ce “point de vue” c’est que l’on ne l’a pas adopté. C’est lui qui nous a adopté.

C’est très difficile de faire partager cette idée avec les autres. Comment toucher le coeur des gens ? Cette vue sur le monde et toutes les choses arrivent à nous comme la conséquence d’autres choses. Ces choses-là je les trouve très simples. Vous les connaissez.

J’ai trouvé un moyen habile pour être avec les autres qui manquent d’eau dans certains endroits, pour vivre dans le même monde qu’eux. J’ai mis face au lavabo une photo de personnes qui transportent de l’eau dans des seaux, probablement d’un point d’eau vers leurs habitations. Cette simple image peut changer notre manière de vivre. Serge.

Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

Tous les mois, vous y trouverez des textes proposés par Joshin Sensei, ou les membres de la sangha.

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