Are you contented ?

Le 7 avril 2007

Lors de la journée d’enseignement du 10 mars, Sensei a soumis à notre réflexion cette belle réponse faite par une nonne sur le point de mourir : "I’m contented". Pourrions-nous dire nous aussi, "je suis satisfait" dans la même circonstance, mais aussi chaque jour de notre vie baignant dans l’impermanence ?

Il me semble qu’il y a deux sortes de satisfactions : la satiété ou le renoncement lucide, terme des désirs, et l’acceptation paisible de ce qui est, de l’instant présent, celui auquel on ne peut apporter aucune modification quoi que l’on fasse (il gèle et je voudrais qu’il fasse chaud, je suis bloqué par un retard de train, une grève, que sais-je), et celui qui se présente après avoir fait tout le possible. Acceptation des limites inhérentes à la chaîne des causes et des effets, acceptation aussi de nos propres limites.

Plusieurs facteurs entravent le sentiment de satisfaction : la non réalisation des désirs légitimes, l’incapacité à en analyser les causes réelles, extérieures ou personnelles, le regret ratiocinant, la culpabilité de n’avoir pas fait tout ce qui était de notre ressort au cours de tel ou tel événement de notre vie, la mésestime de soi. Enfin, au terme de notre court passage sur cette terre, à la mesure de nos frustrations entretenues, la négation de l’éphémère, de la finitude de toutes choses, de notre mort inéluctable, à laquelle s’ajoute la plupart du temps la terreur de la souffrance.

L’homme est le seul être conscient de lui même, habité d’une imagination sans limites, d’un questionnement permanent, pour le meilleur comme pour le pire, destiné à sanctifier le monde ou à lui substituer contre lui-même "son monde égotique et fantasmé sur trame de peurs et d’ignorance". Il n’y a aucun mode d’emploi pour atteindre la satisfaction profonde, et nul ne peut mettre des mots sur ce qui dépend de notre vigilance, de l’approfondissement clair et courageux de nos motivations profondes. Il est seulement évident pour celui qui se risque à l’expérience, que la pratique de zazen, cette pause sur la trame du silence, au sein de notre capharnaüm, nous met sans aucun doute au seuil de cette paix du corps et de l’esprit tant désirée au coeur de chacun, pourvu que nous soyons disposés à recevoir là aussi la pleine vérité de ce que la Toile du Vide nous révèle du monde et de nous-même, dussent-elles nous arracher des larmes, pourvu que nous desserrions la crispation de nos refus, épousant la légèreté du Souffle dans la ronde du clair et de l’obscur.

"La vie est plus éphémère qu’une goutte de rosée. Il est impossible de faire revenir, ne fut-ce qu’un seul jour du passé. Nous avons cette chance inouïe de naître dans un corps humain, ne perdons pas notre temps" Maître Dogen.

Liliane

Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

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