Apprendre à aimer

Le 29 avril 2007

Plus j’avance et plus je m’aperçois que peu de gens ont une bonne santé mentale. Je parle des gens de mon âge, pour les jeunes gens c’est différent. Je ne pense pas que ce soit une question de point de vue, qu’il y aurait mon état mental et celui de tel ou tel autre, simplement différent du mien. Il y a des indices : une grosse consommation de cachets, l’alcool le soir et les crises à répétition. Je me suis renseigné, ce n’est pas que dans mon école que ces personnes vivent, c’est beaucoup plus général.

Face à cela je ne fais rien de spécial. Certains aiment avoir mon avis sur tout ça, ou sur des choses plus précises. Je réponds toujours des choses auxquelles mon interlocuteur ne s’attend pas. Des choses nouvelles pour lui, évidemment il ne s’agit pas de religion au sens strict du terme mais plutôt de ma manière de résoudre les conflits de façon non-violente. Je suis toujours surpris que les réponses et les exemples que je donne sont toujours là, à portée de ma pensée. Si à ce moment-là c’était des objets dont j’avais besoin, ils seraient là, à pas plus d’un mètre de moi. C’est ce que je dis toujours à mes élèves quand ils ont besoin de quelque chose qui “manque”. “La bonne solution est toujours à porté de votre main, dans le mètre carré où vous êtes”.

L’autre fois j’ai raconté quelque chose qui a paru très pertinent à la personne qui m’écoutait. Elle avait eu une information qui la mettait en cause. Elle était très affectée, l’insulte aux lèvres, sentiment d’injustice, elle disait : “Avec tout ce que j’ai fait pour elle”, etc. Je lui ai raconté l’histoire du Bouddha que l’on vient d’insulter. Le Bouddha dit à cette personne “Si tu fais un cadeau à quelqu’un, et que cette personne n’accepte pas ce cadeau et te le rend, à qui est le cadeau en fin de compte ? La personne répond que le cadeau reste sa propriété. Le Bouddha dit alors : moi je n’accepte pas ton insulte elle reste ta propriété.”

En fait je continue à faire l’expérience de la solitude, avec bien sûr d’innombrables communions avec les êtres que je croise. Parfois je pense que c’est logique tout ça. C’est écrit dans l’étymologie même des mots : “seul” devient en latin “mono” qui redevient “moine” en français qui a la même racine que le mot “muni” en sanscrit. C’est l’expérience qui se poursuit en ce moment en moi. Seul au milieu des gens qui pensent autrement et qui vous voient comme un référent.

Ce qui me plaît dans la pratique du zen, c’est cette part qui est faite aux laïcs. Obtenir la libération au milieu du monde, en acceptant toutes les formes que peut prendre l’autre, et apprendre à l’aimer.

Serge

P.-S. : quand je me relis, j’ai l’impression que je juge, que je me mets au-dessus de tout ça, et pourtant ce n’est pas comme ça que je le vis, ce doit être de l’écrire qui me donne cette impression.

Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

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