En vrac

Le 30 juin 2007

Le papillon vole de fleur en fleur
goûtant l’une, la comparant à l’autre
allant voir ailleurs si le nectar est meilleur
mais sa faim n’est pas comblée...

La fourmi choisit une seule fleur
la graine est lourde, le chemin est difficile, peu importe, elle continue
oh oui, comme elle est satisfaite !
Céline

Adieu, Muse, va dire aux hommes
ce soir de fête en la cité
que dans la prison où nous sommes
on meurt de les avoir aimés.
Max Jacob, envoyé par Huguette

Se retrouver nu au beau milieu d’une cuisine : étrange pour un monastère, non ? Et pourtant c’est bien ce qui finit par arriver à la Demeure sans Limites lorsque vous quittez un instant votre bulle où vous êtes seul au monde pour vous ouvrir à l’autre ; lorsque vous vous retrouvez sans les conventions sociales habituelles derrière lesquelles on se cache si aisément :
"Vous en voulez ?"
"Non, non allez-y..."
"Vous êtes sûr, parce qu’on peut partager sinon... ?"
"Non, je vous en prie, allez-y..."
 
Lorsque le silence et gassho viennent simplifier les rapports à l’essentiel, on peut se retrouver comme nu. Parce que l’espace s’ouvre un peu, parce que toutes ces habitudes avec lesquelles on s’habille d’ordinaire tombent une à une, on se retrouve nu.
 
C’est de prime abord bien inconfortable : être dévêtue devant l’autre, cet inconnu, vous pensez ! C’est quand même gênant...déjà qu’on ne s’aime pas beaucoup nous-même.
 
Être nu, être à nu, c’est dévoiler tous les défauts, toutes les faiblesses. Et puis le corps parle : il raconte tout notre passé qu’il a comme engrammé ; il raconte nos pensées qui nous absentent du présent pour un hypothétique futur, ou pour un passé révolu. Notre corps parle et nous dévoile, et c’est inconfortable...
 
Jusqu’au moment où l’on réalise qu’à la Demeure sans Limites on ne sera pas jugé, qu’on y est même accueilli pour ce que l’on est dans une grande simplicité et une bienveillance qui rassure et détend. Et c’est parce qu’on goûte à cette bienveillance envers soi qu’on peut aller s’asseoir simplement avec ce que l’on est et accorder un peu plus de douceur aux pensées et aux émotions qui nous habitent.
 
Maria

Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

Tous les mois, vous y trouverez des textes proposés par Joshin Sensei, ou les membres de la sangha.

N’hésitez pas à réagir ou répondre aux textes proposés en ajoutant vos commentaires.

Si vous souhaitez proposer un texte, merci de l’envoyer par email à La Demeure Sans Limites.

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Dernière mise à jour le :
30 juin 2007
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