Suite de « Notre état naturel, c’est le bonheur... »

Le 1er septembre 2007

(...) La méditation la plus profonde est absolument sans effort mais nous n’avons pas l’habitude d’être comme ça ; nous sommes dans l’effort délibéré, qu’ils soit mental, verbal ou physique. L’ainseité inconditionnée – « juste comme cela »- qui est notre état naturel transcende toutes les constructions mentales et est sans-effort. Apprendre et réfléchir sont importants et demandent un effort, ( mais pas la méditation).

Il y a deux facteurs qui nous aident à voir face à face ce « juste comme cela », notre nature basique, mais ils ne sont pas faciles à acquérir. L’un est l’amour et la compassion sans limite ; chaque fois que l’amour nous déborde, quand la gentillesse et la compassion forment un socle indestructible, c’est le moment disponible pour vous pour réaliser l’état naturel non conditionné. L’autre facteur est la dévotion sincère, envers cet état inconditionné, et la pure perception inébranlable de cet état. De là naissent spontanément la perception de ceux qui ont réalisé cet état naturel inconditionné, et peuvent l’enseigner aux autres, et un respect immense envers eux.

Ceci inclut une appréciation pure de tous ceux qui pratiquent les enseignements du Bouddha.

En bref, la pratique bouddhiste réelle est d’essayer de notre mieux de faire apparaître chez tous les êtres la vraie source du bonheur et du bien-être– l’amour sans limite et la compassion et la réalisation certaine de l’état naturel, la nature originelle non-conditionnée – tout en enlevant en même temps les causes de la souffrance, que sont la haine, l’avidité, et l’esprit étroit. C’est cela que signifie vraiment « avoir bon coeur ».

L’amour et la compassion peuvent être déployés jusqu’à ce qu’ils deviennent sans limite, véritables et impartiaux, ne faisant aucune distinction entre ami, ennemi ou étranger. Nous devons poursuivre nos efforts jusqu’à ce que nous ayons enlevé même le plus petit obstacle à notre amour et à notre compassion. Alors seulement, lorsqu’ils seront sans limite, ils seront aussi vraiment sans effort.

Pendant ce temps, notre persévérance devrait être joyeuse et spontanée. Une telle persévérance nous rend conscient de notre état naturel inconditionné, ce n’est donc pas une admiration, une attente ni un désir. Lorsque notre compréhension de cette nature profonde devient plus solide, plus profonde, une certitude, une confiance se développent. La compassion spontanée, sans effort commence à fleurir, alors même que vous pratiquez après avoir reconnu vraiment l’état naturel du « juste comme cela ». Cette compassion sincère irradie du plus profond du coeur, vous n’y êtes pour rien : elle coule tout naturellement.

Avant de devenir conscient de cet état naturel, vous êtes dans l’obscurité, créant des états douloureux tout le temps, mais en pratiquant continuellement comme cela, vous vous apercevez que sous toute chose, il y a un état naturel inconditionné. La douleur et l’inquiétude diminuant, cet état de confusion s’atténue de plus en plus. Nous commençons à remarquer que chaque émotion égoïste diminue et s’adoucit de son propre fait. Alors, vous commencez à comprendre vraiment ce que ressentent les autres. Vous pouvez vous demander : Que puis-je faire pour les aider ? Si je ne les aide pas, qui le fera ? C’est là que la véritable compassion vous emplit, et qu’une dévotion sincère, inamovible commence à croître en vous-même. Nous appelons cela l’aube de la confiance irréversible, ou indestructible.

Cette confiance vraie commence avec la foi dans l’enseignement qui révèle cette nature. Une fois que vous avez expérimenté par vous-même qu’il marche, bien sûr, vous prenez confiance. Cela est aussi dirigé vers la source des instructions, la personne qui vous les donnent. Ceci est la vraie dévotion. Ces deux choses, compassion sans effort et dévotion irréversible, unissent leurs forces pour que votre pratique devienne de plus en plus profonde. Elle devient inébranlable, comme lorsqu’un fort coup de vent amène un feu bien nourri à brûler encore plus haut et plus vif.

Le grand Maître Atisha se demandait ce que signifiait avoir vraiment appris, et concluait que la véritable sagesse est de comprendre l’état sans ego. La véritable éthique est d’avoir dompté et adouci votre propre coeur ; quelqu’un qui prend soin, qui est vraiment attentif et consciencieux a réalisé cette véritable éthique. Quelle est la première des vertus ? Atisha dit que c’est avoir un sens profond du soin qui va apporter bonheur et bien-être aux autres. Quel est le plus important signe de réussite, d’accomplissement ? Non pas la clairvoyance, ni les pouvoirs miraculeux, mais d’avoir moins d’émotions égoïstes. Cela peut sembler des mots simples, mais ils sont très profonds et vous apporteront beaucoup si vous les mettez dans votre coeur.

( traduction Joshin Sensei)

Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

Tous les mois, vous y trouverez des textes proposés par Joshin Sensei, ou les membres de la sangha.

N’hésitez pas à réagir ou répondre aux textes proposés en ajoutant vos commentaires.

Si vous souhaitez proposer un texte, merci de l’envoyer par email à La Demeure Sans Limites.

Dans la même rubrique

Poème : la marche de Juin.
Pas à pas, de plain pied :
L’insatisfaction.
Suite de « Notre état naturel, c’est le bonheur... »

À propos de cet article

Dernière mise à jour le :
1er septembre 2007
Statistiques de l'article :
889 visiteurs cumulés

Votre recherche

SPIP 1.9.1 [7502] | BliP 2.3 | XHTML 1.0 | CSS 2.0 | RSS 2.0 | Espace privé
Visiteurs par jour (cumul) : 299 (567287)