Bien dans son corps, bien dans sa tête.

Le 6 février 2008

Oui, c’est une formule qui fait très bien à la première page des magazines de régimes amaigrissants.

Quel rapport avec zazen ? Et pourtant.

Faute de partir en lévitation vers les étoiles, allégés et libérés des tourments de ce monde, il est une vertu de zazen pour qui ne sait pas quoi faire pendant 20 à 50 minutes, cela varie selon les temples et les maîtres, c’est d’observer ce corps de chair, d’os et de sang, bien réel quand on souffre (même si, je fais confiance, Sensei affirme qu’à la fin il n’y a personne...) et de tenter de saisir ce qui fait obstacle à un minimum de stabilité et de stoïcisme lors des multiples singeries du mental.

Après plusieurs années d’assise en posture dite "parfaite" (un pied glissé entre la cuisse et le mollet), voilà que je ne pouvais plus m’asseoir sur le coussin sans éprouver une intenable douleur au bout de 20 minutes. J’adoptais donc la posture "secrète", les deux pieds touchant le sol, appelée à tort birmane __celle-ci préconise une jambe repliée vers l’arrière__ Rien n’y fit. C’était il y a deux ans.

J’en concluais que mon corps vieillissait, que mes articulations étaient atteintes d’usure, je ne suis plus très jeune. Je me résolus donc à utiliser un petit banc. C’était tenable, sans plus. Rapidement les genoux devenaient douloureux. Je dois dire que je ne retrouvais pas sur le banc cette stabilité très particulière que procure l’assise jambes croisées, et croissait en moi un grand désarroi.

Un concours de circonstances sans intérêt pour le présent article, me fit prendre conscience que depuis trop longtemps je prenais du poids régulièrement et sûrement. Grâce à un merveilleux régime dont je ne ferai pas ici la publicité, j’ai perdu 10 kg entre le 8 janvier et le 8 mars, puis 3 autres jusqu’en juin. Ho ! Merveille ! Dès avril, j’ai pu retrouver la posture secrète sur le coussin, sans difficultés majeures. Il s’avère que j’ai récupéré le poids que je faisais entre 30 et 50 ans, c’est à dire, pour faire court, le poids qui convient en fonction de ma taille, de ma nature propre.

Conclusion : il n’existe pas de poids idéal pour faire zazen, c’est entendu, mais le "surpoids" guette chacun d’entre nous. Ce surpoids peut être un véritablement empêchement à la pratique de l’assise.

Le corps a ses raisons que le mental veut souvent ignorer.

Observons, écoutons.....le son du corps.

Liliane

Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

Tous les mois, vous y trouverez des textes proposés par Joshin Sensei, ou les membres de la sangha.

N’hésitez pas à réagir ou répondre aux textes proposés en ajoutant vos commentaires.

Si vous souhaitez proposer un texte, merci de l’envoyer par email à La Demeure Sans Limites.

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Dernière mise à jour le :
6 février 2008
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