*Extrait d’un forum dans Buddhadharma : « Comment aider »

Le 1er avril 2008

Voici quelques autres passages tirés de cet article, intéressant mais trop long, je pense, pour être traduit en entier.

B. Glassman : Le mot « aider » cache un piège. Je préfère utiliser le mot « offrir ». Quand on dit « aider », vous impliquez que vous allez arranger les choses, les rendre meilleures. Si vous êtes dans le monde de l’offrir, ou de servir, cette offre peut ne pas être désirée. Ça va. Le mieux que je puisse offrir peut créer plus de problèmes, ou il peut créer moins de problèmes, ou peut être complètement ignoré. C’est sans rapport.

B.Glassman : Séparer la méditation et l’action est trop dualiste. Le seul méditant qui pourrait à la rigueur ne pas être en contact avec le monde extérieur serait quelqu’un qui reste dans une grotte, comme Bodhidharma. Mais même lui devra être en contact avec le monde pour manger. Sur les 2’ heures que nous vivons, nous sommes en contact avec le monde de multiples façons. Comment pourrions- nous former un Bouddhiste à ne pas entrer en contact avec le monde ? Séparer l’action et la méditation implique presque que lorsque vous méditez vous êtes un bouddhiste, et dès que mettez le pied hors de la salle de méditation, vous êtes quelque chose d’autre...

P.Haller J’ai remarqué que qu’un certain nombre de personnes viennent pratiquer seulement pour les activités de service – le travail dans les hospices, les prisons, ou avec les sans-logis- c’est leur porte du Dharma. Au bout d’un moment, ils commencent à voir l’importance des autres aspects de la pratique. Peut-être que dans l’orthodoxie de notre pratique occidentale, nous pensons presque exclusivement aux personnes qui viennent à travers la porte du dharma de la méditation. Au fur et à mesure que l’offre que nous proposons au monde mûrit, nous pourrons offrir ces deux portes, et les personnes viendront par l’une ou l’autre, selon ce que leurs conditions de vie, et leur karma, rendront plus attrayant.

B.Glassman : Le fondateur du Zen Soto, Dogen, disait que nous devons nous rappeler que le Zen est le chemin de l’éveil, et pour lui, cela signifiait réaliser l’interdépendance de toute vie, et abolir le fossé entre sujet et objet. Aujourd’hui, nous mettons l’accent dans le Zen Soto sur la partie méditation, mais je pense que Dogen nous demandait de considérer quel est le but de tout ceci. Si nous mettons l’accent sur « nous-même »nous avons tendance à prendre soin de nous. Mais si nous voyons l’unité de la vie, nous voyons le monde comme nous-même, et nous prenons soin du monde entier.

Kobo Daishi, le fondateur du Shingon, disait que vous pouvez apercevoir la profondeur de l’éveil d’une personne en regardant ce qu’elle donne aux autres. Ce n’est pas par la durée de temps passé sur le coussin de méditation.

Paul Haller : nous pouvons penser que nous, ici, en occident nous sommes l’orthodoxie, la pierre d ’appui de la pratique bouddhiste ; mais si nous regardons avec une vue plus large, si nous regardons le contexte de la pratique bouddhiste dans le monde, nous pourrions plus facilement arrêter de nous accrocher à notre position de : « J’ai raison » ( la pratique bouddhiste est principalement la méditation). Par exemple, les bouddhistes les plus nombreux dans le monde entier appartiennent à l’école de la Terre Pure, et la méditation n’est pas la pierre d’appui de leur pratique. Alors, nous pourrions arrêter de croire et de dire que les personnes qui pratiquent sincèrement doivent nous ressembler et être comme nous.

Paul Haller : En travaillant au projet du Zen Hospice, j’ai remarqué combien c’était fort pour les personnes de s’asseoir au chevet d’un mourant. Ceux qui s’investissaient profondément là avait l’impression de faire une sesshin ; ils devenaient à la fois plus ouverts et plus enracinés, plus eux-mêmes. Ils faisaient leur pratique auprès du lit, portant témoignage du voyage d’une personne de la vie à la mort, et c’était par le don qu’ils rencontraient cela. De voir cela encore et encore a un grand effet de changement sur moi. J’ai compris qu’il y avait beaucoup de moyens pour s’ouvrir, devenir solides, et voir l’interconnexion de toute vie. Le facteur clé est l’immersion, être complètement engagé dans ce que l’on fait. C’est l’un des indices que je recherche devant l’engagement social. S’il est possible de mettre en oeuvre cette immersion totale, alors c’est aussi puissant qu’une retraite de méditation.

(...)Paul Haller : .Il est nécessaire de se souvenir que les différentes facettes de notre monde ne sont pas en compétition. Au contraire, elles se soutiennent les unes les autres. Quand vous mangez, dormez, travaillez, étudiez avec votre groupe, votre travail hors du groupe – toutes ces choses se soutiennent entre elles. L’engagement social n’entre pas en compétition avec la méditation assise, et ne nous en éloigne pas non plus. C’en est un complément ; il va y apporter de nouvelles compréhensions. De même, la méditation assise va apporter de nouvelles compréhensions au bouddhisme socialement engagé. C’est un système holistique – les différentes parties peuvent être en synergie. Ou bien elles peuvent être en conflit, et je pense que le pari de notre pratique c’est de découvrir, du mieux possible, cette synergie.

Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

Tous les mois, vous y trouverez des textes proposés par Joshin Sensei, ou les membres de la sangha.

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