Chant de la Terre

Le 12 juillet 2008

Sur le coussin, lors d’un zazen à La Demeure, il m’est venu ce chant à la mode antique... pour Daïshin peut-être ?

Terre, planète bleue ! Coquille de noix à la chair volcanique, fille de l’univers sans limites, entrée dans la ronde amoureuse autour de l’astre solaire, tu danses en l’espace infini, telle une derviche depuis des milliards de saisons. Que t’importent tous les empires possibles ? Troisième du nom en ce petit royaume galactique, il semble que toi seule ait donné à la vie toute sa plénitude. Des formes innombrables sont nées de ta peau, de ta chair, de tes entrailles et de tes eaux. Kali aux mille visages, aux mille bras, généreuse et prédatrice, mère et marâtre, patiente et colérique, combien de ces enfants as-tu dévoré ?

Au mitant de ta course infatigable, voici que le dernier de tes héritiers, Homo Sapiens Sapiens__celui qui sait qu’il sait__s’enivre de ta riche nature et te dépouille sans vergogne.

Mais ton temps n’est pas celui des hommes, et quand toute essence aura enfin étanché sa soif d’exister, nue et glabre, tu danseras encore dans le grand silence pascalien et dans l’attente de ta juste étreinte avec l’astre dilaté, qui, dans ses derniers feux, engloutira la galaxie entière pour un sommeil ténébreux et insondable, prélude à de nouvelles naissances.

Liliane

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