Que savons nous de la mort ?

Le 12 juillet 2008

Que savons nous de la mort ? De notre mort ? Rien.

Que savons nous de la mort, sinon que celui qu’on aime (ou déteste) était là, vivant, parlant ou gémissant, ou enfermé dans le silence, et que c’est fini. Qu’il n’y a plus qu’un corps sans souffle, qui se refroidit lentement, se raidit et commencera à se décomposer dans une odeur insupportable. Que savons nous de la mort, sinon qu’à chaque seconde des vies s’effacent, dans la maladie, les accidents, les guerres, les persécutions ou les crimes les plus pervers.

Que savons nous de la mort, sinon que tout dans la nature obéit à la loi de tuer ou être tué.

Que savons nous de la mort, sinon que de saints personnages sont morts dans une angoisse indescriptible, d’autres dans la béatitude, et que de doux et de féroces gens ont rendu leur dernier souffle dans une grande quiétude. La mort est une étrangeté pour celui qui respire, et ce souffle qui nous anime dès le premier instant sorti du ventre de notre mère, nous n’en sommes pas maître !

On peut choisir de mourir direz-vous ? Non, on ne choisit pas de mourir, on choisit de ne plus vivre cette vie parce qu’on voudrait en vivre une autre ! Personne n’est jamais revenu du royaume de la mort pour nous dire ce qu’est la mort.

Alors, parce que nous ne savons rien, que nous sommes animés d’une soif de vivre sans limites, nous fantasmons sur l’après-mort, nous inventons des mondes au-delà du monde, nous imaginons des ruses et des techniques pour vivre éternellement, nous exultons dans le bonheur et nous lamentons dans le malheur, et nourrissons ainsi l’océan de souffrance.

Alors, peut-être, faut-il apprendre à vivre ici et maintenant comme si nous devions mourir dans une seconde, comme si nous devions tout abandonner dans une seconde.......sans espoir de retour.

Liliane

Sensei : N’oublions pas que le “nous” de Liliane est un “nous” qui ne représente que notre temps et notre culture occidentale – son questionnement et son septicisme.

En d’autres temps, ou aujourd’hui en d’autres lieux, d’autres personnes, à la question : “Que savons- nous de la mort” donneraient une réponse tout à fait différente.

 

Commentaires de l'article

 
yvon
Le 18 août 2008

Pour moi l’effroi de la mort ne peut disparaître, mais il peut être apaisé. L’image bien connue de la vague et de la mer me parle profondément sans être une spéculation ou une construction intellectuelle.

Juste des vagues et la mer.

Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

Tous les mois, vous y trouverez des textes proposés par Joshin Sensei, ou les membres de la sangha.

N’hésitez pas à réagir ou répondre aux textes proposés en ajoutant vos commentaires.

Si vous souhaitez proposer un texte, merci de l’envoyer par email à La Demeure Sans Limites.

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Dernière mise à jour le :
12 juillet 2008
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