Tea-time : ( quelques mots, une discussion devant le thé, une esquisse de questionnement...)

Le 7 avril 2009, par Daishin,

Le Zen au japon : les cérémonies de funérailles.

L’école du Zen, c’est la confluence de deux choses. Le bouddhisme indien, originel. L’homme quitte cet assemblage de skandas pour une autre vie (naissance-et-mort). Quand le bouddhisme passe en Chine, le culte des ancêtres est très fort. Il n’y a pas de contradiction entre deux termes qui semblent contradictoires : les 5 skandas sont vides ; les ancêtres doivent être honorés, et reviennent une fois par an, à la Fête des Morts. En Occident, A n’est pas B. En Orient, A n’empêche pas B. A la fois les êtres se réincarnent et à la fois ils sont dans les tablettes des ancêtres. A ce confluent là, quand le Zen Sôtô est arrivé au Japon, dans les villages, en montagne, dans les campagnes, il y avait déjà une « religion » autochtone, le shintoïsme.

Le shintoïsme est très lié à la pureté, la mort est impureté donc on n’en parle pas. Les moines bouddhistes, eux, en ont parlé, l’ont acceptée, établie dans l’ordre des choses : quand il y a naissance, il y a mort. Et ils se sont chargés des funérailles, qui jusque là consistaient surtout à éviter que le fantôme du mort ne revienne persécuter – par jalousie ! - les vivants. Parce qu’eux, les moines, et surtout ceux de l’école Soto, grâce à leur pratique de la méditation, avaient aussi un côté magique, qui les protégeait, eux, les morts, et les vivants. Oui, j’abrège ! Mais c’est l’idée générale. Je vous renvoie, si vous lisez l’anglais au formidable livre : « Soto Zen in Medieval Japan ».

Les moines Sôtô ont donné des noms de familles aux villageois, ils étaient les premiers à faire cela. C’était extraordinaire de les individualiser. Donner une existence à des personnes vues comme des serfs. Il n’y avait que les seigneurs qui avaient un nom de famille ; les autres n’avaient que des surnoms.

En tant qu’êtres humains, nous avons besoin de marques, de nous rassembler, de marquer un temps, nous avons besoin de rites. Marquer les naissances, puis le passage à l’adolescence, c’est important. A travers les funérailles,on se remémore la personne et aussi on peut la laisser partir. C’est un moment de reconnaissance envers la personne qui a existé. Tel qu’on a pu le vivre en Occident, c’est important.

Avant d’être nonne, j’étais très réticente ; je trouvais que ce n’était pas le « vrai » Zen, que ces histoires de funérailles, ça n’avait pas d’importance...Pleine de jugements, j’étais !!

A partir de l’école Sôtô, le bouddhisme a marqué le deuil, la rupture, l’impermanence. Quelque chose qui fait sens dans l’ordre tel qu’il est présenté dans le bouddhisme, tel qu’il est dans la nature. Cela rejoint l’idée de Maître Dôgen et du Bouddha : aborder de façon ouverte le karma. On a des tas d’idées sur tout, même sur ce qu’on ne connaît pas, ou mal !

Est-ce que l’on peut poser les choses, avoir l’espace intérieur, sans pousser-tirer. Voir d’une autre façon. Le bouddhisme propose un autre côté, c’est intéressant.

La base du bouddhisme, celle qui nous intéresse directement c’est : « J’enseigne la Voie qui met fin à la souffrance. » Comment mettre fin à la souffrance dans ce moment présent ?

Question : Je ne comprends pas bien la cérémonie.

Sensei : Déjà, vous pouvez la voir comme un moment pour dire merci. Si vous êtes invité par quelqu’un, vous ne vous levez pas pour partir, comme ça, ...Vous remerciez la personne qui vous a permis d’être là, et les autres qui ont partagé ce moment avec vous. Nous aussi, à travers la cérémonie, nous remercions.

Ensuite, après le silence, sentir l’énergie du groupe, l’ouverture de l’énergie. Se prosterner devant le Bouddha, merci au Bouddha de pouvoir être ici, d’étudier, pratiquer zazen. La reconnaissance c’est un bon point de départ – et puis accepter de ne pas tout comprendre, un peu de patience, d’humilité et de confiance, ce n’est pas mal non plus !

« Un Bouddha en bois ne peut pas traverser le feu ; un Bouddha en pierre ne peut pas traverser la rivière : nous sommes faits de chair et aussi nous sommes Bouddha ».

Joshin Sensei

Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

Tous les mois, vous y trouverez des textes proposés par Joshin Sensei, ou les membres de la sangha.

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