Question aux Maîtres : Les disciples du Bouddha et les animaux ( 2ème partie)

Le 7 avril 2009, par Anne,

« Pourquoi est-ce que les traitements cruels envers les animaux ne sont-ils jamais discutés ou mis en question dans les cercles ou les magazines bouddhistes ? Tant de bouddhistes continuent à manger de la viande ou à porter du cuir ou de la fourrure. Je ne comprends pas cela. Qu’en pensez-vous, et comment nous, qui vivons par le Dharma, pouvons-nous faire bouger les choses ? »

Gesshe Tenzin Wangyal Rimpoche : dans les voeux pris par les moines on trouve celui de ne pas manger de viande, mais les moines tibétains la plupart du temps ne suivent pas ce voeu.

Quand on vit dans les hautes montagnes du Tibet, l’orge grillée, la viande et les produits laitiers sont les seules nourritures disponibles. Si vous ne mangiez pas de viande, votre équilibre alimentaire était incomplet, c’est pour cela que les gens se sont habitués à manger de la viande pour survivre.

Les Tibétains font très attention à ne pas blesser ou tuer de souris, de moustique, ou tout autre être vivant. Ils sont très attentifs à protéger la vie des êtres. Mais depuis toujours la viande a été considérée comme une composante alimentaire indispensable. A cause de cela, beaucoup de prière sont dites pour ces animaux tués pour se nourrir, et, tant qu’ils sont vivants, ils sont traités avec respect. Lorsqu’ils sont morts, des mantras sont gravés sur leurs os qui sont ensuite placés respectueusement dans des endroits élevés.

Dans les pratiques tantriques, les exécutants sont censés manger de la viande, pour transcender l’esprit qui catégorise ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. Mais cela ne signifie pas qu’on n’ait pas de compassion pour tous les êtres, et on prie pour qu’ils soient libérer de la souffrance du cycle samsarique.

Quand les exilés tibétains arrivèrent en Inde et au Népal, d’autres choix alimentaires devinrent possibles, mais l’habitude de manger de la viande demeura. C’est une structure culturelle. Dans ma jeunesse, dans un monastère en inde, nous étions surtout végétariens, mais par pauvreté. Après avoir quitté le monastère, j’ai souvent mangé de la viande.

Il y a actuellement un mouvement chez les populations réfugiées du Tibet et du Népal, qui, à travers conférences et vidéos, vise à monter la cruauté avec laquelle les animaux destinés à la boucherie sont élevés. Cela amène un changement dans le comportement alimentaire des jeunes générations, qui changent la tradition et deviennent végétariens. Influencé par ces informations, et depuis que je vis en occident, j’ai moi aussi choisi de devenir végétarien.

En ce qui concerne mes étudiants, alors que je les encourage peu à peu à devenir végétariens, je ne veux pas les juger. Je pense que c’est à travers sa réflexion personnelle qu’on change ses habitudes. Geshe Tenzin Wangyal Rimpoche, tradition Bon Dzogchen.

( Suite : 3ème partie, Narayan Liebenson Grady, enseignante dans la tradition Vipassana au Cambridge Insight Meditation Center)

Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

Tous les mois, vous y trouverez des textes proposés par Joshin Sensei, ou les membres de la sangha.

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Dernière mise à jour le :
6 avril 2009
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