Tea Time : Comment laissez-vous le monde derrière vous ?

Le 7 décembre 2009, par Daishin,

Michel : Comment savoir comment on laisse le monde derrière soi ?

Sensei  : Il faut se retourner (rires).

Michel  : c’est quand même nous qui le voyons, qui le jugeons ; je veux dire si on prend l’exemple très simple de la chambre...

Sensei : bien sûr, on peut dire « Oh bien là, pour moi c’est rangé », quelque chose comme ça.

Michel : oui

Sensei : Et c’est là qu’il y a à trouver le "juste", ce qui est juste comme dans l’Octuple Sentier. Donc là, je ne me mets plus au milieu pour donner mon jugement. A un moment ce qui est juste, c’est que ce soit comme ça et à un moment ce qui est juste c’est que ce soit dans l’autre sens. C’est ça aussi, et c’est bien plus difficile mais les repères, ce n’est pas intéressant. Vous voyez ? Si on dit que la chambre doit toujours être comme ci ou comme ça, ça ne va pas, ce n’est pas vivant.

C’est ce qui est fabuleux dans notre pratique, il n’y a pas de repères. Il n’y a pas à dire : « Toujours », ce n’est pas possible. Dès que l’on dit « toujours », on a mis des murs, ce n’est pas possible. C’est instant après instant. Une situation arrive et hop je donne une réponse, mais cette situation arrive et disparaît et la situation de demain ou dans 10 minutes ne sera pas la même et si je donne la même réponse, eh bien je vais trébucher.

On voit bien parfois, des personnes viennent, elles ont vu qu’on fait comme ceci et cela, et quand elles reviennent, beum, beum, beum, je fais comme la fois précédente et nous leur disons non. Elles sont très en colère (rires). Elles disent « J’ai toujours fait comme ça et jusqu’à présent on me disait oui, eh bien tout à coup on me dit non ».

Eh bien oui, jusqu’à présent ce n’est pas maintenant. C’est quelque chose de vivant, c’est un instant, un instant, un instant.

Question : (inaudible)… on veut plus de sécurité

Sensei : Ah oui, bien sûr, je monte les murs des 4 côtés, évidemment, je n’y vois plus rien, je n’ai plus d’air, de soleil mais je suis tranquille, j’ai un plafond au-dessus de la tête et un sol sous les pieds.

Je vais vous raconter ce qu’a dit Blyth, un officier anglais qui a écrit dans les premiers livres sur le bouddhisme ; il est parti vivre au Japon avant la 2e guerre mondiale et y a passé 40 ans dans un temple. C’est vraiment un de nos grands précurseurs. Il était poète aussi.

Il dit en substance quelque chose comme : « On m’a posé beaucoup de questions au cours de ma vie, sur la vie, la mort, le Zen, la poésie, j’ai donné autant de réponses et pourtant, jamais, je dis bien jamais, je n’ai satisfait aucune personne à qui j’ai donné ces réponses. Et comment cela se fait-il ? ».

Il continue en disant : « C’est parce qu’au fond, comme le Zen nous l’enseigne, nous savons déjà parfaitement tout ça. Nous savons déjà parfaitement que nous devons aimer nos ennemis, nous montrer généreux et qu’il n’y a pas grand chose d’autre. Seulement comme nous n’avons pas envie de le voir et comme nous n’avons pas envie de le faire, nous posons des questions ».

N’est-ce pas !

Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

Tous les mois, vous y trouverez des textes proposés par Joshin Sensei, ou les membres de la sangha.

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7 décembre 2009
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