Impossible de ne pas manger de viande ??

Le 3 mars 2010, par Daishin,

Ce texte m’a été envoyé du Brésil par Bete Zuyso avant la fin 09 ; je n’ai pas eu le temps de le traduire à ce moment là – mais il reste d’actualité en 2010 ! Et si les fêtes du réveillon sont passées, vous pouvez faire ce qu’elle propose...le dimanche ? Le jour de votre anniversaire ? N’importe quel jour... !

C’est un sujet qui fait polémique dont je voudrais parler... mais je ne peux l’éviter.

Je vis à Serra Gaucha ( dans le sud du Brésil) et tous les jours je prends le bus pour Farroupilha. Souvent, très souvent, je croise des camions qui transportent de la « marchandise vivante ».

Des boeufs, des porcs, des poulets, des oiseaux ( !) qui font leur dernier voyage, laissant une traînée odorante, qui empeste l’air pendant des km. Tous les gens dans l’autobus font la grimace et se bouchent le nez. On dirait que personne ne fait le rapprochement entre un steak et cette puanteur...

A la sortie de Farroupilha, il y a un magasin frigorifique toujours plein d’activité. Tous les jours, les parcs à animaux sont pleins, il y a un bruit terrible, et autour, des sortes de barrages artificiels, contenant des liquides puants, utilisés peut-être pour « assainir » les restes de carcasses d’animaux ? Une quelconque norme environnementale essayant d’adoucir ce préjudice porté à la nature ?

Mon chemin passe par là, entendre ces animaux qui sont dans les parcs, tout près de l’abattoir et de son couloir de la mort, puis repasser le lendemain, et ils ne sont plus là.

Un ami m’a dit qu’en fait c’est une queue pour l’adoption, et que si le lendemain ils ne sont plus là, c’est qu’ils ont été adoptés... ! On dirait qu’il y a vraiment beaucoup de gens qui adoptent des porcs et des vaches...

Qu’il fasse beau, qu’il pleuve, qu’il fasse froid, les animaux vont inexorablement à la mort ; ils sont débités, découpés et vendus. La consommation de viande augmente, ainsi que les maladies qui sont liées à cette habitude de manger de la viande. L’impact environnemental est énorme ; la nature aussi donne sa réponse. Et nous allons répétant : « C’est impossible de ne pas manger de viande... »

Parmi diverses propositions inquiétantes et intelligentes, voici la mienne : la compassion.

Ne manger aucun des animaux qui étaient proches du petit Jésus en cette fin d’année. Mettre fin à une habitude ancienne ; ne pas penser à faire saliver ses papilles gustatives en sentant l’odeur d’un steak – car ceci est une réaction très ancienne, dans nos gênes, et, avant de se sentir bouleversé, écouter ce que dit notre corps, un corps animal lui aussi, et se décider.

Ne pas manger de viande. Ne pas augmenter la violence qui existe dans le monde, ne serait-ce que pour quelques brèves journées.

Suivre ce choix, cette décision, et non pas son habitude.

Apprendre à mourir à nos vieilles habitudes ; être libre d’apprendre des choses nouvelles.

Il y a d’autres options possibles : par exemple ne rien manger qui soit mort le lundi ? Et pourquoi pas le mercredi aussi ? Et qui sait, aussi le jour de Noël ? Au réveillon du Nouvel An ?

Et si c’est impossible de ne pas manger d’animaux, au moins, avant de manger, avoir une pensée de reconnaissance envers cet animal, qui est mort pour que nous ayons notre steak dans l’assiette.

Dans notre Dojo, le Tensei Dojo1, et dans les écoles où nous entraînons les enfants, il est interdit de tuer quoi que ce soit. Quand arrive un nouvel élève, qui s’apprête à automatiquement écraser une araignée ou un petit insecte, un des plus anciens crie « NE LE TUE PAS ! » et vient avec un papier pour le sauver, pour le porter dehors par la fenêtre. Et il explique au nouveau que sur le tatami, on ne doit rien tuer.

Ne pas tuer, c’est ne pas promouvoir l’industrie de mort. Ne pas manger d’animaux, c’est la véritable non-violence.

Être en accord. Être une personne de vérité, parce que sinon, nous ne sommes en rien différents des vaches que nous mangeons. Leurs vies et leurs morts sont décidées pour nous, nous qui avons entre nos mains toutes les possibilités de choix.

Pensez à cela profondément, en sortant des lieux communs : « Les animaux existent juste pour cela. » ,« Dieu les a faits pour que nous les mangions. », « De toutes façons, ils sont déjà morts. », « Ce sont des protéines... ».

Et si vous vous décidez de nous rejoindre , dans les nuits du 24 et du 30 décembre, portons un toast, avec de l’eau, ou avec du champagne, ou de la bière, ou ce que vous voulez, aux vies que nous avons épargnées.

En pensée, nous serons ensemble.

Bete

( Vous pouvez trouver différents sites sur Internet qui vous en diront plus.)

Vous connaissez ces paquets bien propres au super-marché, enveloppés dans un film plastique, plutôt chers, marqués « Veau » ? Voilà comment ils sont produits.

Peter Singer affirma en 2002 que l’industrie de production du veau est l’activité rurale intensive la plus répugnante du point de vue moral.

On peut lire également :
La libération animale, Paris, Grasset, 1993
Comment vivre avec les animaux ?, Paris, Empêcheurs de penser en rond, 2004

Les animaux aliments, extrait de « Sauver une vie » de Peter Singer :

« C’est peut-être dans le domaine le pire de l’élevage industriel, celui de la « viande de veau blanche », qu’a eu lieu le pas en avant le plus important pour les animaux d’élevage britanniques. La façon d’élever les veaux qui était devenue la norme consistait à les maintenir dans le noir pendant vingt-deux heures par jour, dans des stalles individuelles tellement étroites qu’ils n’y pouvaient se retourner. Ils n’avaient aucune paille sur laquelle se coucher, les éleveurs voulant éviter qu’en la mâchant ils enlèvent à leur chair sa douce pâleur, et ils recevaient un régime alimentaire délibérément carencé en fer, de façon à garder à leur chair cette blancheur qui lui donne tant de valeur sur le marché des délicatesses pour restaurants de luxe. Une campagne contre la viande de veau entraîna un boycott de la part d’une grande partie des consommateurs ; il en résulta que le principal producteur britannique de viande de veau admit qu’un changement était nécessaire : il sortit ses veaux de leurs stalles de bois brut de 60 x 150 cm et les groupa en cases avec suffisamment de place pour se mouvoir et de la paille pour se coucher.

Pour qu’il grandisse vite, on les laissait sans eau, ainsi ils consommaient plus de lait ; enfin l’ennui était aussi une autre source de souffrance : restant dans l’obscurité, ils étaient non seulement privés de contacts, mais même de stimulation visuelle...

Voilà comment est produite cette viande dont nous disons : elle est si délicate ! »

Les animaux existent pour leur propre raison : Ils n’ont pas été faits pour les humains, pas plus que les Noirs n’ont « été faits pour les Blancs, ni les femmes pour les hommes.

Alice Walker


Bete Zuyso, disciple de la Demeure sans Limites de Porto Alegre, Brésil, est Sensei d’aïkido. Elle fait notamment un grand travail avec les enfants, jeunes, 10-11ans, car c’est à cet âge, dit-elle, que commence la violence organisée chez beaucoup d’enfants.

En en-tête de son site, on peut lire :

« Changez d’opinion. Changez d’habitudes. Ne tuez pas. Ne mangez pas d’animaux, laissez -leur leur vie. Ne causez pas de souffrances aux êtres vivants. Ne tolérez pas la brutalité. Arrêtez la violence. »

www.aikidoserragaucha.com.br

Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

Tous les mois, vous y trouverez des textes proposés par Joshin Sensei, ou les membres de la sangha.

N’hésitez pas à réagir ou répondre aux textes proposés en ajoutant vos commentaires.

Si vous souhaitez proposer un texte, merci de l’envoyer par email à La Demeure Sans Limites.

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Dernière mise à jour le :
3 mars 2010
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