Toucher la terre

Le 11 mai 2010, par Daishin,

Le geste du Bouddha, ce geste lors de son éveil de toucher tranquillement la terre est une métaphore magnifique. Cela dit que, bien que nous ayions à l’intérieur de nous-mêmes cet espace libre, éveillé, déjà réalisé, il a besoin d’être connecté au monde des phénomènes. Autrement, ce n’est pas complet.

C’est pourquoi méditer les yeux ouverts, par exemple, est comme un pont : nous cultivons notre vaste espace intérieur, mais il est nécessairement connecté au monde extérieur. S’il n’y a qu’une expérience interne, subjective, de l’éveil, nous sommes encore enfermés (dans notre moi). Les armées de Mara ne vont pas battre en retraite.

Nous sommes harcelés de partout – les impôts à payer, les autorisations, les jalousies.

Nous pouvons voir que tout cela est vide, et pourtant cela semble venir vers nous de toutes les directions. Mais en tendant la main vers la terre, le Bouddha reconnut que oui, il y a ce qui est transcendant et inconditionné. Mais l’humilité demande de ne pas s’en tenir au transcendant et à l’inconditionné. Le Bouddha reconnut et accepta cela :

« Voici le conditionné. Voici le monde des sens. Voici la terre qui compose mon corps, et ma respiration,et la nourriture que je prends ». Ce geste de sortir du transcendant pour aller vers le monde dit : comment serait-il possible qu’un engagement total dans le monde des sens puisse corrompre la liberté innée du coeur ? Cette liberté ne peut être interrompue, ni corrompue, ni abîmée par quelque expérience des sens que ce soit.

Donc, pourquoi ne pas permettre à ce monde d’être là en son entier ? En reconnaissant complètement, et en acceptant le limité – en ayant besoin de se tourner vers la déesse-terre pour porter témoignage, par exemple – l’illimité se manifeste alors totalement. Une autre phrase exprime la même idée : « cittam pabhassaram... » : « La nature du coeur est intrinsèquement radieuse ; les kleshas ( obscurités, souillures, taches...) ne sont que des visiteurs. »... Ajahn Amaro, extrait de son livre « Small Boat, Great Mountains » cité dans le magazine Buddhadharma.

Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

Tous les mois, vous y trouverez des textes proposés par Joshin Sensei, ou les membres de la sangha.

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Dernière mise à jour le :
10 mai 2010
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