Questions aux Maîtres (3) voir la question dans les Nos précédents

Le 31 août 2010, par Daishin,

Je suis d’accord avec le fait qu’une personne imbue d’elle-même pourrait mal interpréter l’enseignement sur la cause et l’effet et donc blâmer les autres pour leur souffrance et refuser de les aider. Moi-même, je me suis souvent demandé comment j’avais pu avoir autant de chance dans la vie alors que d’autres vies en semblaient dépourvues.

La première fois que j’ai entendu les bouddhistes enseigner que les actes d’une vie antérieure (karma) pouvaient avoir des conséquences (vipaka) sur notre vie actuelle, j’ai trouvé les différences observées moins injustes.

Il est évident qu’une telle interprétation pourrait servir à éviter d’aider quelqu’un qui souffre. Cependant, dans le contexte de l’enseignement du Bouddha, libérer tous les êtres de la souffrance est la base véritable de la voie du bodhisattva. Donc ignorer la souffrance d’un être sous prétexte que sa souffrance d’aujourd’hui peut être la conséquence d’actes antérieurs du corps, de la parole ou de l’esprit, ayant leur origine dans l’ignorance ou dans les trois poisons que sont l’avidité, la colère et l’ignorance, est un acte dont les conséquences aussi peuvent être malheureuses parce que cette réponse est dénuée de compassion.

Selon notre enseignement, le karma (acte de la volonté) produit toujours une conséquence dans cette vie ou dans la suivante ou encore dans celle d’après, cet enseignement nous rappelle avec force que nous sommes tous responsables de nos actes et que nous avons besoin d’être éveillés pour choisir avec discernement nos actes.

Les préceptes spécifiques, ou solennels (ne pas tuer, ne rien prendre qui ne vous soit donné, ne pas avoir une conduite sexuelle incorrecte, ne pas mentir, ne pas consommer ou donner à d’autres de nourriture ou de boisson qui peuvent intoxiquer le corps ou l’esprit, ne pas parler des erreurs des autres, ne pas tirer vanité des compliments ou des éloges d’autrui, ne pas être avide, ne pas donner prise à la colère, et ne pas médire des Trois Trésors que sont le Bouddha, le Dharma et la Sangha) nous rappellent les aspects de la vie dans lesquels une grande souffrance peut résulter d’actes commis sans discernement. Ces préceptes nous rappellent qu’il nous faut être pleinement éveillés dans ces aspects de notre vie afin de ne pas causer de souffrance.

C’est ainsi que la bodhicitta, l’esprit d’éveil correspond à un élan altruiste vers l’éveil, pour voir les choses telles qu’elles sont, et ainsi choisir avec discernement afin de pouvoir libérer tous les êtres de la souffrance. C’est la que réside la base des voeux du bodhisattva :

Aussi innombrables que soient les êtres, (je) fais voeu de m’éveiller avec eux.

Aussi inépuisables que soient les illusions, (je) fais voeu de les faire disparaître toutes.

Les portes du Dharma sont sans fin, (je) fais voeu de les franchir.

La voie du Bouddha est insurpassable, (je) fais voeu de la suivre.

Les "je" sont entre parenthèses parce que notre grammaire a besoin d’un sujet pour le verbe “fais voeu” mais en réalité, les voeux du bodhisattva découlent de la prise de conscience de la non-dualité de soi et d’autrui. C’est la sagesse qui permet de comprendre que soi et l’autre ne sont pas deux.

Dans l’enseignement du Bouddha, la sagesse et la compassion sont des vertus révérées que nous aspirons à cultiver dans notre pratique.

Comprendre que nous n’existons pas comme entité séparée et permanente, mais apparaissons, que nous nous manifestons à chaque instant en fonction des causes et des conditions de cet instant ( en Sanscrit : pratitya samutpada : le fait d’apparaître de manière interdépendante), que nous sommes connectés de manière inextricable, imbriqués et interdépendants de tous les êtres, est la sagesse qui sous-tend la compassion.

Quand nous prenons conscience de la souffrance qui nous entoure, l’expérience de notre propre souffrance renforce la compréhension de notre “inter-être” avec tout ce qui existe.

Blanche Hartman traduit de Buddhadharma ;

Traduction Catherine J.

Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

Tous les mois, vous y trouverez des textes proposés par Joshin Sensei, ou les membres de la sangha.

N’hésitez pas à réagir ou répondre aux textes proposés en ajoutant vos commentaires.

Si vous souhaitez proposer un texte, merci de l’envoyer par email à La Demeure Sans Limites.

Dans la même rubrique

On ne tombe pas !
Questions aux Maîtres (3)
Garder la pratique vivante
Être l’Eléphant

À propos de cet article

Dernière mise à jour le :
20 août 2010
Statistiques de l'article :
864 visiteurs cumulés

Votre recherche

SPIP 1.9.1 [7502] | BliP 2.3 | XHTML 1.0 | CSS 2.0 | RSS 2.0 | Espace privé
Visiteurs par jour (cumul) : 230 (518058)