L’obstacle de la culpabilité

Le 2 octobre 2010

Si l’on s’efforce de s’améliorer sur un chemin spirituel sans un sentiment positif de soi, faire face à ses défauts sera difficile. Le désir de travailler sur nos défauts est la raison pour la plupart d’entre nous nous engageons sur un chemin spirituel. Mais cela n’est pas toujours facile- non pas parce qu’il n’y aurait pas dans le chemin Bouddhiste toute une réserve de moyens habiles, mais parce qu’en tant qu’être humain, nous trouvons difficile d’accepter notre esprit tel qu’il est.

Quand nous nous asseyons pour la pratique, nous trouvons souvent difficile de regarder en face ce qu’il y a « l’intérieur ». Toutes sortes de sensations indésirables et de pensées apparaissent. Notre réponse est : « C’est mal, vraiment mal. Je dois couper cela. Je dois me débarrasser de cela ». Plus nous regardons, plus nous découvrons.

Quand notre esprit réagit avec colère, irritation, jalousie, fierté ou arrogance, il est difficile de penser à nous-même de façon positive. Quand nous projetons notre colère sur les autres, nous nous sentons comme une mauvaise mère, un mauvais père, un mauvais mari, épouse ou frère. Nous étions supposés être attentif et plein de compassion mais au lieu de cela, nous avons tout raté. Maintenant nous sommes en plus un mauvais pratiquant. Quand nous nous sentons coupable, nous pouvons dire au revoir à notre belle image personnelle. Se sentir coupable indique que nous avons une forte aversion pour notre esprit, pour ce que nous sommes, ce que nous ressentons et ce que nous pensons.

Souvent, nous ne remarquons pas cette aversion car nous sommes trop occupés pour visiter « la scène du crime » et nous tournons tout ceci dans notre esprit comme si cela pouvait changer quelque chose. C’est comme aller voir un film pour la deuxième fois en espérant que la fin soit différente !

Nous ne pouvons simplement pas accepter nos conduites erronées, nous ne pouvons pas non plus accepter les causes et les conditions qui ont produit ces résultats indésirables. Bien sûr nous pouvons parfois remarquer ces comportements pour d’autres mais nous avons toujours un sentiment d’inconfort : « Je souhaiterais ne pas avoir fait cette chose que j’ai faite la semaine dernière ! Pourquoi mon esprit ne peut-il rester dans un état paisible comme il est décrit dans les enseignements ? Pauvre de moi ! » C’est un peu masochiste et tout cela parce que nous ne voulons pas accepter et nous asseoir avec le résidu de nos actions.

Je crois que la culpabilité est une épreuve pour ceux qui vivent dans le monde moderne, où les gens donnent tant d’importance à leurs sentiments et à l’état émotionnel de leur esprit. Dans les cultures plus traditionnelles, comme au Tibet, les gens accordent moins d’importance à leurs émotions. Je ne veux pas dire qu’ils n’ont pas d’émotions mais ils ne s’arrêtent autant dessus et ne leur donnent pas autant d’importance. Même dans les cultures modernes, certaines personnes ressentent plus fortement la culpabilité que les autres. Souvent les gens qui viennent d’un milieu moins privilégié ressentent moins la culpabilité alors que ceux qui viennent d’un milieu plus privilégié et éduqué se battent plus avec la culpabilité car ils tendent à analyser leurs pensées et émotions et à leur chercher des significations.

C’est peut-être aussi que la culpabilité contient un aspect de fierté personnelle. Nous ne pouvons simplement pas envisager que nous pourrions commettre des fautes. Les voyant, c’est comme si nous n’étions plus nous-même. Pour parler franchement ce dont nous devrions nous débarrasser c’est de l’ habitude de rejeter notre expérience. C’est cette habitude donne naissance à la culpabilité.

Dzigar Kongtrul Rimpoché Traduction Yvon

( Nous accepter tels que nous sommes, sans critique ni approbation, nous permet de nous voir plus clairement, et donc de nous changer nous-mêmes. La culpabilité n’est pas une « bonne » réaction, mais un obstacle – et qui, justement, nous empêche de changer... en toute bonne « mauvaise conscience » ! Sensei )

Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

Tous les mois, vous y trouverez des textes proposés par Joshin Sensei, ou les membres de la sangha.

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