Marcher quand on marche...2ème partie

Le 4 décembre 2010

De la même façon que, assis, on est assis avec cette solidité de la terre, il faut que dans votre vie, vous trouviez des points d’ancrage. Mais il faut que, vous, vous les mettiez, personne ne va le faire pour vous. Nous, nous le faisons pour vous d’une certaine façon, en vous donnant le cadre à la Demeure Sans Limites, mais dans votre propre vie, c’est vous qui devez le faire. C’est votre propre vie à vous. Personne ne va vivre à votre place. Personne ne va mourir à votre place. C’est votre propre vie à vous. C’est à vous de décider ce que vous en faites. C’est à vous de décider comment vous la vivez.

J’ai reçu encore une lettre, il y a quelque temps, de quelqu’un qui me parlait des « circonstances ». Eh bien moi, les circonstances, je n’y crois pas ! Je n’en crois pas un mot. Je crois que l’on fait absolument ce que l’on veut et comme on veut . C’est vous qui décidez comment vous vivez et ce ne sont pas des circonstances qui tomberaient du ciel. C’est vous. Vous pouvez vous dire : « Ça, cette pratique je vais la garder. » A un moment je le disais, peut-être parce que, à la Demeure Sans Limites, quand je suis dans le bureau, il y a beaucoup de téléphone, j’avais dit : « Quand vous prenez le téléphone, prenez le temps, respirez et ensuite prenez le téléphone. » Vous pouvez essayer ça avec votre portable. Vous avez votre portable et au lieu de vous jeter dessus, respirez et ensuite ouvrez-le.

Faites des pauses, faites des ré-ancrages. Des moments où vous revenez. Une chose, une chose, une chose, une chose, une chose, une chose, une chose et tout d’un coup on déboule et on ne sait plus ce qui s’est passé. Ça c’est la pratique, bien sûr suivant votre engagement dans la Voie, prenez le temps de réciter un sutra, avancez en récitant un gatha, prenez le temps quand vous respirez, prenez le temps le matin de faire gasshô, que ce soit à l’extérieur ou à l’intérieur. A chacun son niveau de pratique. Mais déjà, simplement la pratique d’être là, de se dire : « Je vais faire ce trajet de la cuisine à la salle à manger, je vais marcher comme en kinhin. », pas aussi lentement, pas avec les bras comme ça, mais présent.

Parce que c’est la seule chose que nous avons, n’est-ce pas ? Cet instant présent, exactement là. A part ça, il n’y a rien d’autre. Des idées, bien sûr, des projets, ça, pleins de projets, vous êtes toujours en train de penser pendant zazen à ce que vous allez faire ce soir ou demain, ne pas oublier ci ou ne pas oublier cela, ou bien en train de vous rappeler ce que vous faisiez hier, ou dans la semaine passée, etc. Tout ça n’est rien du tout, ce n’est rien du tout. Ça n’existe même pas ! Bien sûr en même temps on a besoin d’une continuité dans notre vie. Sinon on ne serait pas là. Il a fallu une continuité, penser, réfléchir, etc. Mais cet instant présent. Revenir à cet instant présent sans cesse. Ne plus être séparé, coupé, là il y a « nous » quelque part dans une bulle, tantôt ici, tantôt dans un endroit, tantôt dans un autre, et puis il y a le reste, l’entourage. Et de temps en temps, on arrive à faire coïncider les deux. Mais la plupart du temps, c’est deux, toujours deux. Et où est-ce que vous vivez dans tout ça ? Et quand est-ce que vous vivez dans tout ça ?

Heureusement la nature est bien faite parfois, heureusement que le coeur n’a pas besoin de nous pour battre, parce que sinon on serait vite mort. « Ah tiens, oui, j’avais oublié. » et puis on est mort ! Ça marche tout seul, heureusement les grandes choses de notre corps fonctionnent toutes seules. Parce que pendant ce temps-là, ça nous dégage l’esprit pour ailleurs, ici, demain, les vacances, le week-end dernier, le prochain week-end, etc. Quand est-ce que vous vivez dans tout ça ? Parce que vivez c’est être là. Vivez ! c’est être complètement présent.

Si vous, vous ne le faites pas, personne ne le fera à votre place. C’est l’histoire de Maître Dôgen et du vieux tenzo. Si je ne le fais pas moi, qui donc le fera ? dit le vieux tenzo à Maître Dôgen. Si vous ne le faites pas vous, qui le fera ? Et là-dessus, quand Maître Dôgen insiste et lui dit ce n’est peut-être pas le moment de le faire, il fait chaud, trouvez un autre moment, le vieux tenzo lui répond : « Si je ne le fais pas maintenant quand est-ce que je le ferai ? »

Voilà, on n’a pas besoin de parler beaucoup pour ça. Parce qu’après c’est à vous. C’est à vous, à votre tour, de regarder votre propre vie et ce que vous voulez en faire. Cet instant présent, cet instant présent, le seul moment où vous pouvez être vivant, c’est dans cet instant présent.

Joshin Sensei

Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

Tous les mois, vous y trouverez des textes proposés par Joshin Sensei, ou les membres de la sangha.

N’hésitez pas à réagir ou répondre aux textes proposés en ajoutant vos commentaires.

Si vous souhaitez proposer un texte, merci de l’envoyer par email à La Demeure Sans Limites.

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Dernière mise à jour le :
30 novembre 2010
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