Le dictionnaire du Dharma : « Soutra »

Le 4 décembre 2010

Soutra est un mot Sanskrit qui signifiait originellement « corde » ou « fil » ; il est aussi communément utilisé actuellement pour nommer les discours du Bouddha Shakyamuni. Soutra est dérivé de la même racine verbale que les mots anglais « to sew » (coudre) et « suture » (suture). Le mot Sanskrit a été ensuite traduit en chinois et en japonais en utilisant un caractère ayant le radical de « corde » ou « ficelle ». La connexion entre « corde » et l’écriture découle du fait que ce sont des enseignements oraux qui ont été réunis (cousus) ensemble à partir d’un thème commun avant d’être transmis de génération en génération. Ce n’est qu’à partir du premier siècle av. JC. que les soutras ont été couchés par écrit.

Les soutras sont réunis dans la deuxième partie des canons Bouddhistes, nommée « Tripitaka » : « les Trois Corbeilles des Enseignements », composée des préceptes, des soutras et des commentaires. Les soutras sont écrits en prose et en vers et commencent souvent par les mots « Ainsi ai-je entendu ». Ce sont les mots du cousin du Bouddha, Ananda, qui accompagna le Bouddha Shakyamuni pendant plus de trente années et qui avait une mémoire parfaite de ses paroles. Il est dit qu’au premierConcile Bouddhiste qui fut convoqué peu après la mort du Bouddha, Ananda aurait récité de mémoire tous les discours du Bouddha.

Chaque soutra est un texte indépendant qui inclut une description des circonstances qui ont amené le Bouddha à donner cet enseignement ainsi que l’endroit et le moment où il fut donné. Suivent ensuite les enseignements proprement dits, habituellement écrits sous une forme simple et facile à comprendre mais aussi riche en paraboles et en allégories. Dans le canon Pâli du Bouddhisme Theravada, les soutras sont divisés en cinq parties appelées les Nikayas (Agamas en Sanskrit), qui sont groupés en fonction de leur longueur. Ces premiers soutras sont tous attribués au Bouddha historique, Shakyamuni.

En plus de ces soutras, beaucoup de grands soutras Mahayana ont aussi été préservés. Composés originellement en sanskrit, ils existent maintenant pour la plupart dans des traductions tibétaines, chinoises, coréennes et japonaises et auraient été composés entre le premier et le sixième siècle avant JC. Beaucoup de ces soutras Mahayana et Theravada sont maintenant disponibles dans les langues occidentales.

Ils adoptent la même forme que le canon Pâli, les soutras Mahayana commençant également avec les mots : « « Ainsi ai-je entendu ». Cet ensemble de soutras est plus étendu et inclut des textes très longs qui peuvent être rattachés à deux traditions : les soutras basés sur la foi ou la dévotion et les soutras aux thématiques d’enseignements plus philosophiques telles que la vacuité et la nature de Bouddha. Bien qu’il soit clair que ces soutras ne sont pas des enseignements directs du Bouddha, ils sont regardés par les pratiquants du Mahayana comme n’étant pas moins...le dictionnaire du Dharma.

Daigaku Rummé.

Daigaku Rummé a été ordonné moine en 1978 par le Roshi Harada Sekkei. Il demeure au Centre Bouddhiste Zen international de San Francisco.

Traduction : Yvon C. Buddhadharma Automne 2008.

Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

Tous les mois, vous y trouverez des textes proposés par Joshin Sensei, ou les membres de la sangha.

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Dernière mise à jour le :
30 novembre 2010
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