Questions aux Maîtres - Suite d’avril

Le 14 mai 2011, par Daishin,

Geshe Tenzin Wangyal Rinpoche.

Quand vous accompagnez une personne en train de mourir, vous devez être attentif à tous ses besoins quels qu’ils soient. Votre présence peut être d’un grand secours pour la personne de sorte que vous devriez être aussi lucide que possible, et non préoccupé par ce qu’il convient de faire ou ne pas faire, vous devriez éviter de laisser vos opinions s’en mêler ou éviter d’agiter la personne en train de mourir de quelque manière que ce soit. Il convient d’être simplement disponible et de soutenir la personne en train de mourir dans ses choix.

Il est clair que votre intention était de soulager la souffrance de votre mère. Etant donné les circonstances - le fait qu’elle était en fait en train de mourir - administrer de la morphine pour soulager sa souffrance n’allait à l’encontre d’aucun des principes bouddhistes. Diminuer la souffrance de cette manière peut être un acte de bonté dans une situation où la personne mourante n’est pas en état de supporter la douleur sans que cela augmente sa détresse ou sa peur.

Naturellement, si quelqu’un est capable de gérer sa douleur sans avoir recours à des antalgiques, c’est préférable. La douleur peut être gérée jusqu’à un certain point. En tant que Bouddhistes, nous comprenons qu’être né humain, c’est expérimenter la douleur et que la douleur n’est pas simplement une situation à éviter. Notre force et nos orientations reposent sur la méditation et ceci peut nous aider à contrôler la douleur quand approche la mort. Ce dont il est souvent question, c’est plus de notre relation à la douleur que de la douleur elle-même.

Si vous êtes dans un état végétatif et maintenu en vie grâce à l’intervention de la technologie, demander à ne pas être maintenu en vie artificiellement, même si cela doit entraîner votre mort, ne va à l’encontre d’aucun principe bouddhiste. Refuser d’être maintenu artificiellement en vie, ce n’est pas se suicider. Cependant, si vous êtes en phase terminale d’une maladie, ce n’est pas la peine de précipiter votre fin. On a l’impression que c’est la peur et la non-acceptation qui vous motivent. Si vous êtes en phase terminale d’une maladie et allez mourir de toute façon, où est l’urgence ? Si vous arrivez à contrôler la douleur autant que faire se peut par la pratique et aussi par les antalgiques, l’approche de la mort peut être un moment précieux. Dans le processus de mourir, même les derniers moments peuvent être mis à profit de manière bénéfique et sont très importants pour votre développement spirituel.

Si vous êtes en train de mourir, faire face à la mort n’est plus simplement une idée abstraite. C’est le moment de lâcher-prise profondément et c’est un moment essentiel pour affronter vos peurs. La plupart du temps, nous n’avons pas l’occasion de le faire parce que nous ne ressentons pas nos peurs avec une telle intensité. Même en envisageant des façons de hâter la fin dans le cas d’une maladie en phase terminale, vous pouvez être en train de vous dire “Je ne veux pas de prise de conscience. Je veux seulement que cela aille vite et perdre conscience”.

Traditionnellement, on conseille, dans la préparation à la mort, de réfléchir plus en profondeur à l’impermanence. On sait que tout le monde meurt -les êtres éveillés, les yogis, les yoginis, les grands hommes, les gens célèbres, les gens ordinaires. Tout ce qui a été construit disparaît - toutes les villes qui existent aujourd’hui un jour ne seront plus là. Telle est la nature des phénomènes. Parfois nous craignons la mort comme s’il s’agissait d’une sorte de punition personnelle.

Ce n’est pas le cas. Tout le monde meurt. La connaissance profonde, directe et l’acceptation de l’impermanence constitue une liberté spirituelle, une liberté par rapport à la peur de mourir. Le Bouddhisme appelle la naissance, le vieillissement, la maladie, et la mort les quatre souffrances.

Ces quatre types de souffrance nous encouragent dans notre pratique. Les éviter ou les nier est contraire au Bouddhisme.

Buddhadharma

 

Commentaires de l'article

 
Marie
Le 21 mai 2011
Nous sommes sensibles à la façon dont nos proches ont vécu la maladie, le vieillissement, la mort. Si leurs comportements furent dans le refus, la peur, l’angoisse, nous avons pu être marqués négativement. A l’opposé si leur comportement fut de pleine conscience, de pardon, de paix, d’acceptation, nous ne serons pas dans la peur . C’est ainsi que ma mère, ma sœur, mon neveu m’ont ouvert ce chemin de paix.
 

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