Pélerinages

Le 4 septembre 2011, par Daishin,

Varanasi

Il fut un temps où Varanasi fut une célèbre cité cosmopolite, à l’égal de Bénares aujourd’hui, fameuse pour ses grands centres d’enseignement. Sarnath, connue aussi comme le Parc des Gazelles, est très proche de Varanasi et tire son importance du fait que c’est là que le Bouddha commença d’abord à enseigner tout ce qu’il avait découvert sous l’arbre de la Bodhi.

Ce que le Bouddha nous a enseigné à Varanasi, c’est que nous ne savons pas ce qu’est réellement la souffrance. Tout ce que nous pensons pouvoir nous rendre heureux soit oscille à la limite de la souffrance, soit est cause de souffrance immédiate.

Il est assez facile de reconnaître les souffrances évidentes de ce monde, mais très difficile de percevoir que le soit disant « bon temps », que certains ont dans le samsara, est vraiment souffrance ou mène à la souffrance. Le Bouddha a montré que contrairement à la croyance populaire, la souffrance ne tombe pas sur nous d’une source extérieure, mais qu’elle est le produit de nos propres réponses émotionnelles.

Il a montré que, aussi profonde que soit cette souffrance et aussi réelle que nous semblent ses causes, elle est en fait une illusion et n’existe pas en soi. Cette vérité, nous dit le Bouddha, nous pouvons pleinement la réaliser pour nous-mêmes et de plus, il nous a montré comment en traçant pour nous le voie à suivre.

Selon le Mahayana, le Bouddha a enseigné les quatre nobles vérités à Sarnath, mais bien plus encore.

Alors, à Sarnath, souvenez-vous que c’est ici que le Bouddha a d’abord tracé le chemin pour des gens comme vous et moi. Et au Parc des Gazelles, vous remémorant les paroles du Bouddha -par exemple la vérité de la souffrance- vous serez en lien avec l’enseignement et avec le lieu où il a été donné.

Rendre hommage aux Trois Joyaux est toujours une bonne pratique dans les sites sacrés, et rendre hommage aux enseignements à Sarnath est particulièrement fort.

Vous n’avez qu’à vous souvenir de ces enseignements pour leur rendre hommage. Bien sûr, on ne peut penser à la fois à tous les enseignements du Bouddha car ils sont infinis, mais pensez seulement à l’un d’entre eux -par exemple : « Tous les phénomènes composés sont impermanents » et observez son sens un moment.

De même que nager dans une baie minuscule ou le long de la côte, c’est toujours nager dans l’océan, penser à un enseignement du Bouddha équivaut à se souvenir de tous les autres.

Si vous aimez, vous pouvez aussi lire des sutras, les sâstras, et des biographies des Bouddhas et bodhisattvas qui tous contiennent le Dharma. Surtout, essayez de vous souvenir et d’apprécier le fait qu’une Voie, qui a le pouvoir de transcender le samsara et d’ôter toutes nos souillures, existe vraiment.

Kushinagar

C’est là que le Bouddha est entré dans le Parinirvana et l’on dit qu’il y mourut et que son corps y fut incinéré.

Passer dans le Parinirvana est, parmi tous les enseignements du Bouddha, celui qui frappe le plus nos esprits car il transcende tous nos concepts sur la naissance, la vieillesse, la mort, le temps, la croissance, la décroissance, le samsara et le nirvana.

Ceux qui ne sont pas encore éveillés à leur vraie nature sont encore assujettis au temps, à l’espace, à la quantité, à la vitesse, contrairement à ceux qui sont entrés dans le Parininirvana et ne peuvent plus être attachés à aucune sorte de phénomènes dans la dualité.

Enfin, en suivant une voie spirituelle, notre but est d’expérimenter l’état éveillé, totalement libéré de l’ignorance et de ne plus jamais retomber dans le cadre de pensée du Samsara.

Malheureusement, c’est un état très difficile à décrire en mots et dont il est aussi impossible de saisir toute l’étendue intellectuellement. Cependant, en pratiquant les conseils du Bouddha à propos de l’Eveil, nous développons notre confiance dans l’état d’Eveil de l’esprit qui transcende totalement le dualisme, même si il nous est impossible de communiquer aux autres notre expérience.

C’est comme essayer d’expliquer le goût du sel à celui qui n’en a jamais mangé. On peut seulement nommer d’autres nourritures familières aux gens et dire : « C’est un peu comme ça ».

Quand vous réalisez enfin la simplicité de cet état, une immense compassion monte en vous envers ceux qui restent profondément endormis dans la souffrance du cauchemar de l’existence dans ce monde.

Eté 2010 Buddhadarmqa Dzongsar Khyentsé Rimpoché

Trad : M. C. Calothy - A. Delagarde

 

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