En Vrac

Le 10 décembre 2011, par Daishin,

Pourquoi tout le monde devrait lire « Qui meurt ? » de Stefen Levine

La première fois que j’ai vu ce titre à la Demeure sans Limites j’ai pensé : « Bonne question, je verrai ça plus tard, il y a plus urgent pour le moment. » Mais je suis retombée dessus et j’ai plongé dans ce livre, qui a été pour moi une expérience initiatique, une révélation de ce qu’est la vie en réalité.

J’ai d’abord réalisé à quel point cette question est cruciale : derrière « qui meurt ? » il y a « qui vit ? » ou « qui suis-je ? ». Notre attitude face à la mort détermine une grande partie de nos vies. Stefen Levine, de par son expérience sur le terrain auprès des mourants et de part sa pratique spirituelle, présente une façon tout à fait inédite d’envisager la mort, la maladie, la souffrance. Elles ne sont plus des ennemies à combattre ou à fuir,des défaites personnelles, des erreurs du destin. On peut les voir comme des initiatrices, des occasions précieuses de nous ouvrir à ce que nous sommes réellement et à une réalité bien plus vaste que la « cage » dans laquelle nous nous sommes enfermés, à force de petits ou grands refus du réel.

Ce n’est pas un ouvrage ouvertement bouddhiste, et pourtant il approfondit de façon vivante et tellement juste l’enseignement des Quatre Nobles Vérités. C’est peut-être parce que l’auteur est occidental que sa description de la crispation habituelle de l’esprit autour du « moi, je » me parle comme un pur miroir. Peut-être aussi parce qu’il y a beaucoup de compassion et de compréhension entre les lignes. Puis j’entrevois la possibilité d’une vision beaucoup plus juste, où toute chose est parfaitement à sa place, ou l’émerveillement devant ce qui est remplace la peur et la méfiance. L’expérience directe de la réalité, telle que l’a fait le Bouddha Shakyamouni.

En tant qu’apprentie Boddhisattva, ce livre devient une aide précieuse, en me poussant à m’interroger sur ce que signifie réellement « aider l’autre », comment l’accompagner dans son chemin vers la mort, ou dans la vie de tous les jours.

Profondément touchée par cette lecture, je voudrais la partager avec ceux que j’aime et les autres aussi. Souvent, je sens que les personnes se détournent à la seule citation du titre, ce qui est compréhensible puisqu’il nous met face à nos deux plus grandes peurs : notre propre finitude et la réalité du personnage que nous avons construit. Pourtant ce n’est pas du tout un livre triste ou angoissant, bien au contraire, question de point de vue !

« Qui meurt » S.Levine Le Souffle d’Or, collection Passages. Marion

Fukushima (suite)

Dans une tribune publiée par la revue The Lancet, cinq cancérologues dénoncent l’opposition des autorités japonaises au projet d’anticiper le traitement des cancers qui seront déclarés par les liquidateurs de la centrale de Fukushima. (...) Les médecins proposent de congeler les cellules souches prélevées dans le sang des centaines d’ouvriers présents sur le site. En cas de maladie, les patients se verraient réinjecter leurs propres cellules qui restaureraient celles qui ont été détruites - une méthode simple, peu coûteuse et efficace contre certains types de cancers.

Mais la Commission nationale japonaise s’inquiète des effets d’un plan de prévention sur le moral des employés et sur la « réputation » (sic !) de l’industrie nucléaire dans la population.

Revue XXI


Notes de lecture :

vous avez lu, récemment ou il y longtemps, un livre du Dharma qui vous a intéressé : expliquez en quelques lignes très simplement pourquoi, ou faites-en un petit résumé, et envoyez-nous votre texte avec toutes les références ; nous le mettrons dans Daishin, et cela aidera d’autres personnes !


De tout coeur.

« Dans cette retraite, ce qui m’a le plus touchée, ce sont les derniers mots que vous nous avez offerts à la fin du zazen. Je ne me souviens plus de la phrase dans son ensemble, j’ai retenu ces trois mots "de tout coeur".

C’est ce que j’ai envie d’emmener avec moi et de rendre encore plus présent dans ma vie quotidienne. Ce soir en étendant mon linge j’ai commencé par me dire, je ne vais pas y arriver, trop de choses à gérer, à faire toute seule et puis tout de suite je ne me suis pas égarée mais recentrée et je me suis répétée " étendre le linge de tout coeur » et cela a accompagné toute ma soirée...préparer le dîner de tout coeur...couper les légumes de tout coeur... » Marylise

Poèmes :

« Sensei, pour vous remercier, tel un chat végétarien qui apporterait un haricot (soyez rassurée, un haricot complètement mort ) sur le perron de la cuisine, je vous envoie ces deux petits poèmes :

Ce soir dans le dojo
Assis face au mur
Une mouche
Nous crie sa terreur
De l’hiver.

Ciel d’automne
Je coupe des betteraves
Avant que la cloche
Ne sonne.
Pendant que je lirai
Ce soir, d’autres que moi
Cuiront des navets.
Puis la nuit venue
Nous serons assis
Ensemble en silence.
Pourquoi m’ épuiser
A chercher au cercle
Une extrémité ?

Le Chat Végétarien

 

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Tous les mois, vous y trouverez des textes proposés par Joshin Sensei, ou les membres de la sangha.

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