Ce que la cérémonie nous enseigne

Le 10 avril 2012, par Daishin,

Les formes de cérémonie du Zen Japonais peuvent nous paraître gênantes et malcommodes, dit Ben Howard, mais elles sont une pratique puissante.

Dans la tradition Zen Rinzaï, le premier entretien entre élève et maître est un événement solennel favorable. Le vêtement approprié comprend non seulement une robe mais aussi les socquettes blanches ou tabi, qui couvrent pieds et chevilles.

Les tabi sont attachés par des crochets et des œillets situés sur la face interne des chevilles. Pour les occidentaux ils sont difficiles à utiliser, même dans les meilleures conditions.

Le matin de mon premier entretien avec Jiro Osho au monastère Rinzai, j’ai complètement oublié mes tabi. Ils étaient nichés comme des lapins endormis dans les manches de ma robe. Je me préparais à aller à mon entretien quand un moine âgé remarqua mon oubli. Il fit un geste sévère vers mes pieds que je compris .

Malheureusement il n’y a pas de chaises dans un zendo japonais. Plutôt que de m’accroupir sur un coussin, je sautai d’un pied sur l’autre au risque de tomber, tout en luttant pour enfiler mes tabi. Pendant ce temps le moine âgé faisait appel à toute sa discipline zen pour ne pas sourciller.

Cette embarrassante maladresse n’était pas inhabituelle. Les formes de cérémonies abondent au Japon et pour l’occidental non initié elles semblent aussi étrangères que contraignantes. Du protocole relativement simple dit Jukai, au cours duquel un pratiquant laïc « reçoit les préceptes » jusqu’au noble théâtre du Shitsugo dans lequel un prêtre chargé d’ans reçoit le titre de Roshi, les cérémonies publiques témoignent de l’approfondissement de la compréhension du pratiquant.

Et même les jours ordinaires quand rien de spécial n’est reconnu, célébré ou commémoré, un sens de la cérémonie règne dans le zendo. On le voit dans les salutations, on l’entend dans les cloches, on le sent dans l’encens.

Pour le pratiquant occidental laïc, l’atmosphère pénétrante de la cérémonie est un défi tant à l’esprit sceptique qu’au corps réticent.  Quelle quantité de cérémonie asiatique doit-on inclure dans une pratique laïque occidentale ? A quelle dose est-elle essentielle ? En se posant ces questions il est important de se souvenir que les formes de cérémonies asiatiques, telles qu’on les utilise dans le Zen, existent d’abord pour soutenir la pratique de la pleine conscience.

Joindre les paumes l’une contre l’autre et s’incliner devant son enseignant, par exemple, est une façon de lui exprimer gratitude et respect. C’est aussi une façon de savoir que quelqu’un exprime respect et gratitude et une façon de cultiver ces états d’esprit.

Pour ceux prêts à les adopter, les salutations, les chants, les prosternations et autres éléments du Zen traditionnel peuvent devenir partie intégrante de la pratique, au même titre que la conscience du souffle et la posture.

Buddhadharma- Automne 2009 Trad : MC Calothy – A. Delagarde

 

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