Le vieil homme parle de la Voie :

Le 30 janvier 2005

Le disciple d’Ikkyu, Shin’uemon, était en train de mourir. Alors qu’Ikkyu s’apprêtait à lui dire les derniers mots, Shin’uemon se redressa brusquement :

Le disciple d’Ikkyu, Shin’uemon, était en train de mourir. Alors qu’Ikkyu s’apprêtait à lui dire les derniers mots, Shin’uemon se redressa brusquement :

"Je suis arrivé seul, et je vais repartir seul ;

Dire que vous m’enseignerez la Voie est étrange, vraiment !"

Ikkyu répliqua avec ce poème :

" Arriver seul et repartir seul, deux illusions.

Je vous enseignerai la Voie

Sans aller ni venir".

Ceci est le point le plus important, le karma. Si vous ne le comprenez pas, vous ne pourrez pas comprendre le poème composé par Ikkyu au moment de sa mort :

" Je ne vais pas mourir.

Je ne vais aller nulle part ; je resterai ici.

Ne me demandez rien - je ne dirai rien."

Qu’est-ce que c’est "ici" ? C’est le royaume de l’espace vide, invisible aux yeux, qui "ne va ni ne vient". C’est un royaume merveilleux ; tout est nourri par lui.

Cette tasse aussi - la forme est la terre, alors que l’espace vide à l’intérieur et à l’extérieur d’elle est le paradis. Ce paradis vide est indispensable. Si cette tasse était un objet plein, comme les poids d’une balance, elle ne pourrait pas remplir sa fonction de tasse. Mais grâce au vide qui la remplit, elle peut répondre à nos besoins. On ne pourrait pas verser le thé chaud dans notre main.

Les gens sont souvent têtus, mais la tasse, elle répond toujours " Oui ! Oui ! Oui !" et accomplit complètement la Voie de la tasse tout au long de la journée. D’autre part, la nuit, dans le placard, elle dit : "Zzz, zzz, zzz", sans aucun problème. A ce moment-là, même le mot "tasse" est tout à fait oublié. Mais s’il y a un incendie, ou s’il se passe quelque chose la nuit, la tasse se réveille et court partout en criant " Hé ! Hé ! Hé !"... Et même si sans faire attention vous la lâchez et qu’elle se casse instantanément, elle ne se met pas en colère. Même si la forme de la tasse est brisée, le mot " tasse" n’a même pas une fêlure.

Alors, le poème de mort de la tasse est :

" Maintenant je vais casser. Je ne vais aller nulle part ; je resterai ici.Ne me demandez rien - vous ne pouvez pas boire de thé."

Ainsi, Madame Tasse est capable de saisir le royaume du "ni aller ni venir".

Et il en est de même pour la bougie ; quand la flamme est éteinte, il y a la véritable obscurité. Alors le poème de mort de la bougie est :

" Maintenant je vais m’éteindre. Je ne vais aller nulle part ; je resterai ici. Ne me demandez rien - je ne donnerai pas de lumière."

Il est dit dans un poème ancien :

" La bougie s’éteint - où va-t-elle ? L’obscurité est sa demeure originelle."

"Obscur" est le cœur-esprit de l’obscurité, qui est paradis. "Lumineux" est le cœur-esprit de la flamme, qui est aussi paradis. Le cœur-esprit n’a ni ombre ni forme ; il n’est ni obscur, ni lumineux. Quelle sorte de chose est cet esprit qui "n’a ni son, ni odeur ?".

Je vous en prie, réfléchissez là-dessus.

Nakazawa Doni.

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