La Voie du Bouddha

Le 6 juillet 2013, par Anne,

L’ensemble des enseignements du Bouddha pourrait se résumer ainsi : « Rien, pas la moindre chose, ne peut être saisi comme moi, ou mien. Ainsi est la liberté ».

Le chemin vers la véritable liberté passe par la fin de naissance-et- mort, cette identification chargée d’affects avec moi et mien, dans cette vie même. C’est pourquoi l’enseignement du Bouddha s’appelle la « doctrine de l’immédiateté ».

On peut obtenir un bonheur stable dans cette vie – un bonheur qui ne dépende pas des circonstances, mais qui vient du fait d’être en accord, à l’unisson avec sa pleine humanité, et surtout avec la nature propre de l’esprit qui est vaste et spacieuse. Malgré nos talents innés, ce bonheur n’est pas atteint facilement - il demande une discipline intérieure consistant surtout dans ses premières étapes en une attention aimante et une recherche calme.

Sa Sainteté, le Dalaï Lama l’a dit de nombreuses fois, en diverses occasions, la discipline équivaut à « identifier les facteurs qui mènent au bonheur et ceux qui mènent à la souffrance. Ceci fait, on peut se mettre à éliminer graduellement les facteurs qui mènent à la souffrance, et cultiver ceux qui mènent au bonheur. Ceci est le chemin ».

Et pour cette entreprise, il insiste toujours sur la compassion comme facteur essentiel.

Le chemin de l’effort sincère, de la compassion et de la gentillesse est bien montré dans les mots d’encouragement du Bouddha, et les commentaires de l’enseignante Sharon Salzberg : « Abandonnez ce qui est nuisible, ô moines, On peut abandonner cequi est nuisible, ô moines ! Si cela n’était pas possible, je ne vous demanderais pas de le faire. Si cet abandon apportait malheur et souffrance, je ne vous demanderais pas de le faire. Mais comme abandonner ce qui est nuisible apporte bienfaits et bonheur ; Alors, je vous dis « Abandonnez ce qui est nuisible ! » Cultivez ce qui est bénéfique, ô moines ; On peut cultiver ce qui est bénéfique. Si cela n’était pas possible, je ne vous demanderais pas de le faire.. Si cultiver ce qui est bénéfique apportait malheur et souffrance, je ne vous demanderais pas de le faire. Mais comme cultiver ce qui est bénéfique apporte bienfaits et bonheur ; Alors, je vous dis « Cultivez ce qui est bénéfique ! »

Anuttara Nikaya

Ceci est un de mes passages préférés pour de nombreuses raisons. Il donne parfaitement en exemple la compassion extraordinaire du Bouddha. L’esprit du Bouddha voit seulement la souffrance et la fin de la souffrance, et il exhorte ceux qui tombent dans la souffrance à faire attention, à prendre soin sans les condamner. Il voit ceux qui se dirigent vers la fin de la souffrance et se réjouit pour eux. Ces paroles inspirent aussi une confiance en soi- cela peut être fait...

Je peux le faire. Si je suis honnête avec moi-même je dois reconnaître que souvent je trouve difficiles les enseignements parce que j’ai peur de ne pas être capable de les mettre en œuvre. Mais quand j’ai confiance en moi, mon amour pour les enseignements grandit de façon exponentielle.

Quand je suis allé pour la 1ère fois rencontrer Sayadaw U Pandita pour recevoir ses instructions sur metta, il m’a demandé si je pensais réussir, et je me suis dit :« Il veut savoir si je suis prétentieux ». J’ai répondu : « Eh bien, je ne sais pas si je vais réussir ou non ».

Il a alors secoué la tête l’air peiné : « Vous devez toujours approcher les choses avec l’attitude intérieure de celui qui va réussir. C’est cela que le Bouddha enseigne ».

Donc il est nécessaire de développer certaines compétences de l’esprit - prendre soin, faire attention. Mais ce n’est pas une auto- absorption narcissique – nous dévoilons notre relation avec le monde en révélant les illusions qui nous font vivre.

Le Bouddha enseigne qu’en nous protégeant nous-même, nous protégeons les autres ; et en protégeant les autres, nous nous protégeons nous-même. « Et comment, ô moines, se protège-t-on soi-même, et protège-t-on les autres ? En pratiquant fréquemment et en développant les Fondations de l’Attention. « Et comment, ô moines, se protège-t-on soi-même, et protège-t-on les autres ? Par la tolérance, la non-violence, la gentillesse aimante, la compassion ». Dans le Mahayana, cet enseignement se retrouve dans l’engagement de pratiquer la Voie pour le bénéfice de tous les êtres. Ce sont donc là les traits essentiels à la pratique de la Voie : méditation, attention, recherche qui nous aident dans l’effort d’abandonner ce qui est nuisible, et d’encourager ce qui conduit au bien-être, et en même temps, à la compassion sans limites, à la gentillesse, à la joie et à la paix. Le cadeau ultime de ce chemin est la réalisation de la liberté – un esprit qui ne s’accroche plus à rien n’est plus entravé. Christopher McLean http://home.primusonline.com.au/peony/theway.htm

trad. Joshin Sensei

 

Poster un commentaire

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.



Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

Tous les mois, vous y trouverez des textes proposés par Joshin Sensei, ou les membres de la sangha.

N’hésitez pas à réagir ou répondre aux textes proposés en ajoutant vos commentaires.

Si vous souhaitez proposer un texte, merci de l’envoyer par email à La Demeure Sans Limites.

À propos de cet article

Dernière mise à jour le :
6 juillet 2013
Statistiques de l'article :
2826 visiteurs cumulés

Votre recherche

SPIP 1.9.1 [7502] | BliP 2.3 | XHTML 1.0 | CSS 2.0 | RSS 2.0 | Espace privé
Visiteurs par jour (cumul) : 229 (518030)