Ouvrir la main des pensées - Opening the Hand of Thought

Le 6 juillet 2013

J’ai dit que si vous vous asseyez et pensez pendant zazen, cela alors est « penser » et pas « être en zazen ». Est-ce que ça veut dire qu’aucune pensée ne devrait survenir pendant notre zazen ? Est-ce qu’un « bon » zazen c’est celui pendant lequel aucune pensée ne nous a traversé l’esprit ?

A ce point, nous devons clairement faire la distinction entre « courir après ses pensées et penser » et « idées ou pensées qui juste surviennent ». Si une pensée survient pendant zazen et que nous courons après , alors nous pensons et nous ne faisons pas zazen. Pourtant cela ne veut pas dire que nous faisons zazen seulement quand toutes les pensées ont complètement cessé. Comment comprendre cette contradiction ?

Imaginez qu’on place une grosse pierre près d’une personne qui fait zazen. Puisqu’une pierre n’est pas vivante, peu importe combien de temps elle va rester là, aucune pensée ne s’élèvera en elle.

Par contre, la personne, elle, est un être humain. Même si elle s’assoit aussi immobile que la pierre, on ne peut pas dire qu’aucune pensée ne va s’élever. Au contraire, même, si aucune pensée ne survenait, on ne pourrait pas dire qu’elle est vivante.

Bien sûr, la vérité de la vie n’a jamais signifié être aussi « sans vie » qu’une pierre. C’est pour cela que vouloir être sans pensée n’est pas l’état idéal lorsqu’on est assis en zazen. Il est tout à fait naturel que des pensées surviennent. Et pourtant si nous courons après, nous sommes en train de penser, et pas de faire zazen.

Alors quelle doit être notre attitude ? En bref, notre attitude en zazen vise à maintenir notre position de zazen avec notre chair et nos os, et avec notre esprit lâchant prise des pensées. Qu’est-ce que c’est lâcher prise des pensées ? Eh bien, quand nous pensons, nous pensons à quelque chose.

Penser à quelque chose signifie attraper quelque chose ; s’abstenir d’attraper signifie lâcher prise des pensées. Quand la pensée de quelque chose s’élève, aussi longtemps que la pensée n’attrape pas ce quelque chose, rien n’est formé.

Par ex. même si la pensée A (une fleur) apparaît, aussi longtemps qu’elle n’est pas suivie de la pensée B (est belle), aucune signification comme AB (une fleur est belle) ne se forme. Donc même si la pensée A survient en effet, du moment que la pensée ne continue pas, A s’élève avant la formation d’un sens – n’ayant pas de signification complète, elle va disparaître, emportée par le flot de la conscience qui se poursuit.

P.49-50 du livre Opening the Hands of Thought de Kosho Uchiyama Roshi trad. Joshin Sensei

 

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