Prendre soin

Le 6 juillet 2013, par Anne,

Mai, printemps pluvieux. Sensei nous offre à Auriol un enseignement à propos de "Prendre soin".

Prendre soin de soi, c’est prendre soin du monde. Ce que je fais ou ne fais pas touche l’univers entier. Sensei évoque le filet d’Indra, représentation du monde dans le bouddhisme indien où chaque chose, chaque être est relié aux autres. Il n’y a pas de moment où nous ne dépendons pas des autres.

Faire Gassho, c’est réunir le monde et soi, le monde dans une main, soi dans l’autre. Désormais, je m’exerce à être plus présente, plus douce quand je m’incline en faisant Gassho. Je ne fais plus Gassho pour moi, je fais Gassho pour l’univers, avec lui. Cela change tout. Pendant zazen, Sensei nous demande : Comment avez-vous laissé le monde ce matin ? Comment avez-vous laissé votre chambre, votre salon ? Comment avez-vous laissé votre entourage ?

Chant de la pluie sur le toit, les larmes coulent sur mes joues. Le coeur, l’âme, sont touchés. La respiration se fait plus légère, profonde, paisible. Sur mon coussin, j’invite mes ancêtres, toutes celles et ceux qui m’ont précédée, grâce à qui je respire en cet instant. Zazen devient un temps de réconciliation avec un passé longtemps rejeté.

Quand je fais zazen, le monde fait zazen avec moi.

Quand je me bats contre mes pensées, je me bats contre le monde. Si j’accueille mes douleurs, mes tensions, je sème des graines de paix. Quelle est ma place dans ce monde ? Question sans réponse. Aujourd’hui, assise en zazen avec le monde, je suis à ma place. Présente à ma respiration, le monde respire avec moi. Chacune de mes pensées, de mes actes a un impact sur le monde. Responsabilité qui m’amène à plus d’attention, de douceur.

Le lendemain de la journée de pratique, je marche lentement dans la nature. Près d’un banc, deux mégots de cigarettes et un mouchoir en papier blanc à même le sol. D’ordinaire, j’aurais pesté intérieurement. Là, imprégnée de la journée précédente, je respire, je pense à ces personnes qui sans le savoir, se sont blessées et ont heurté le monde dans un même temps. Je ramasse doucement le mouchoir et les mégots, les dépose dans une poubelle. Reprise de ma marche silencieuse.

Jour suivant, je reprends le même itinéraire. Je marche en conscience, mais quand même, il reste des tensions. Que vais- je laisser sur la terre, sous chacun de mes pas, si je suis encore dans un passage en force, si je n’écoute pas mon corps en profondeur ? Je ralentis, délie mes épaules, relâche la mâchoire, le pas se fait plus lent, plus léger. Quand je prends soin de mon corps, je prends soin du monde. Ce que je n’arrivais pas à accomplir pour moi seule, je peux désormais le faire puisque c’est aussi pour l’univers entier. La manière dont je tiens ma tasse le matin, les gestes avec lesquels j’étends le linge, le plie, le repasse, mon intention en vidant les poubelles, tout cela a un impact sur le monde. Le chemin se déroule sous chacun de mes pas.

Je redoutais la dureté de la voie du zen, j’y découvre une délicatesse infinie.

Florence Namaste

 

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