La Voie du Bouddha (2)

Le 5 octobre 2013

Les traits essentiels à la pratique de la Voie sont les suivants : méditation, attention, recherche qui nous aident dans l’effort d’abandonner ce qui est nuisible, et d’encourager ce qui conduit au bien-être, et en même temps, à la compassion sans limites, à la gentillesse, à la joie et à la paix. Le cadeau ultime de ce chemin est la réalisation de la liberté – un esprit qui ne s’accroche plus à rien n’est plus entravé.

Il existe indéniablement un lien entre la manière dont nous vivons au quotidien et notre réalisation de la profondeur transpersonnelle. Cela étant, nombre d’enseignants bouddhistes vous diront que tout effort vous éloignera du but. Impossible, selon eux, de devenir ce que vous êtes déjà. Alors quelle cette « Voie » dont parlent les bouddhistes, la Voie qui nous met en contact avec notre vraie nature ? 

D’une manière générale, si nous souffrons, c’est parce que nous ignorons les faits suivants : l’existence est impermanence, ou changement ; nulle part dans le monde, ni à l’intérieur de nous-mêmes ni en dehors, il n’existe de « moi » permanent et séparé – chaque chose est intimement liée à toutes les autres. Ne pas reconnaître ces faits, c’est créer les bases de sa propre souffrance. (Concernant le second de ces points, l’enseignement du Bouddha sur le non-soi était une stratégie de libération, pas un dogme relatif à la réalité. Thanissaro Bikkhu a d’ailleurs écrit un bref essai très éclairant à ce sujet.)

Dès lors, la « Voie » consiste à aller au contact le plus proche de ce que nous sommes à cet instant précis, et à l’aider à se développer et à mûrir au travers d’une action aimante, joyeuse, compassionnée et sage ; la Voie exige de nous que nous embrassions notre expérience personnelle dans son ensemble – avec l’esprit (subtil et grossier), et ce y compris les sentiments et émotions, avec le corps et avec les objets de l’esprit. Ainsi, prenant soin de nous, nous nous engageons dans une pratique du moi. La Voie du Bouddha ne suppose pas d’atteindre quoi que ce soit qui se situe au-delà de ce qui est déjà à notre disposition. Elle consiste à voir ce qui est là.

Cette Voie est-elle donc « autocentrée » ? Contrairement à ce que l’on croit communément, mieux se connaître guérit du narcissisme, parce qu’une démarche comme celle-là nous libère de la tyrannie des fausses certitudes et nous révèle notre interdépendance primordiale. Ce faisant, nous ne sommes plus obsédés par nous-mêmes, et notre cœur peut s’ouvrir à la détresse d’autrui, y compris à celle des autres espèces. La Voie de la réalisation personnelle est davantage la voie de la réalisation de notre responsabilité universelle, par le bon sens que nous apportent la compassion et l’amour bienveillant. Nous sommes tous dans le même bateau, un bateau qui essuie des tempêtes diverses. Chacun d’entre nous est la société, donc ce que nous faisons a de l’importance.

Sa Sainteté Le Dalai Lama a dit un jour : « Je pense que c’est la première fois que je rencontre la plupart d’entre vous, mais cela n’a de toute façon pas grande importance pour moi que vous soyez des amis de longue date ou de nouveaux amis, parce que je suis convaincu que nous sommes tous pareils ; nous sommes tous des êtres humains. Bien sûr, nous ne sommes peut-être pas tous issus du même milieu culturel et n’avons pas tous le même mode de vie.

Nous avons peut-être des convictions très différentes, ou nous sommes peut-être de couleur différente, mais nous sommes des êtres humains, avec un corps et un esprit humains. Notre structure physique est la même. Notre esprit et notre nature émotionnelle sont aussi les mêmes. Lorsque je rencontre une personne, j’ai toujours le sentiment de rencontrer un autre être humain, exactement comme moi. Je trouve beaucoup plus facile de communiquer avec autrui à ce niveau.

Si nous mettons en avant des caractéristiques spécifiques (« je suis tibétain », « je suis bouddhiste), alors il y a des différences. Mais ces traits sont secondaires. Si l’on peut mettre les différences de côté, on peut, à mon sens, facilement communiquer, échanger des idées et partager des expériences ». Tenzin Gyatso, le XIVe Dalai Lama lors d’une conférence publique qu’il a tenue aux Etats-Unis, source : « L’art du bonheur. Sagesse et sérénité au quotidien », S. S. le Dalaï Lama et Howard C. Cutler.

Vu sous cet angle, il est parfaitement possible de pratiquer la Voie sans se retirer du monde : « La vérité est partout. Où que vous soyez, elle est là où vous trouvez, même quand vous ne pouvez la voir. Et si vous pouvez la voir par l’intermédiaire d’un moyen que vous employez, vous pouvez vous libérer de certains attachements qui vous empêchent de la voir. Le scientifique ne cesse pas d’être un scientifique ; personne ne cesse d’être quoi que ce soit. Vous découvrez comment faire en sorte de trouver la vérité à l’endroit même où vous vous trouvez à cet instant précis. »


Ram Dass conférence donnée à la clinique Menninger, Journal of Transpersonal Psychology,Vol. 2, #2, 1970.

Source : http://home.primusonline.com.au/peony/theway.htm

Traduction : Françoise Myosen

 

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