Sur la pratique

Le 2 mars 2014

lotus

Buddhadharma :Il y a de nombreuses années, j’ai entendu un journaliste demander au Dalaï Lama « Avez-vous progressé dans votre pratique ? ». Et Sa Sainteté de répondre : « Oh, après un an, pas beaucoup. Après cinq ans, oui peut-être un tout petit peu. Après dix ans, un peu. Au bout de vingt ans, oui, j’ai vu quelques progrès dans ma pratique ».

Que diriez-vous à des pratiquants qui, lisant ces lignes, peuvent avoir l’impression que leur pratique de la méditation est dans l’impasse ou a déraillé d’une manière ou d’une autre ? Quelle est la chose la plus importante dont ils doivent se souvenir ?

Ezra Bayda : Le plus grand des maîtres, plus que toute personne vivante, c’est la vie elle-même. La vie, à sa manière, nous met constamment au pied du mur et, si nous avons la chance de vouloir apprendre, l’adversité est le lieu de notre éveil le plus profond. Sur nos coussins, nous faisons l’apprentissage de certaines qualités, comme la persévérance, la curiosité et la présence, mais mes plus grands enseignements, c’est ailleurs que je les ai reçus, en faisant face aux expériences de la vie et en comprenant que les circonstances défavorables étaient ma voie.

Judith Simmer-Brown : Il nous faut nous souvenir que la pratique de la méditation n’est pas un projet de développement personnel qui va fonctionner comme nous l’avons prévu. Lorsque nous nous engageons véritablement dans la pratique, nous commençons à nous ouvrir à qui nous sommes vraiment, sous tous nos masques. La chose la plus forte que j’aie apprise dans ma pratique est de m’ouvrir à ce que je ressens. Nous avons tendance à refouler nos sentiments ou à nous laisser dicter notre conduite par eux, mais nous n’avons pas pour habitude de les ressentir. Je ne pense pas ici à un sentiment en particulier mais au ressenti sous-jacent : notre cœur vivant, notre humanité, notre nature de Bouddha ou notre bonté fondamentale. Le plus important, c’est d’entrer en contact avec cela. Après, tout le reste n’est rien d’autre que notre vie. Comme le disait Ezra, notre voie n’est pas un projet. C’est la vie elle-même. C’est tellement fort de se rendre compte que la pratique, fondamentalement, ne choisit pas. Elle concerne juste le fait d’être un être humain, de pouvoir entrer plus complètement en contact avec notre humanité.

ratissage du gravier Kalama Masters : Il est important de se souvenir qu’il faut être patient avec les tours et les détours que prend notre pratique. Lorsque nous pratiquons la pleine conscience et l’attention tout en honorant les préceptes qui consistent à ne pas faire le mal et à développer les qualités positives de l’esprit, les graines de la libération s’en trouvent nourries. En temps voulu, ces graines germeront, perceront la terre et porteront leurs fruits. Il n’est pas possible de hâter ce processus.

Parfois, la patience peut sonner comme un commandement. Dans ce cas, il peut être utile de nous rappeler d’adopter une attitude plus détendue face à ce qui se présente. Si cela peut se produire, la clarté, la compassion et la sagesse libératrice viennent naturellement.

Buddhadharma, été 2013 Traduction : Françoise Myosen

 

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