Ethique et responsabilité 3

Le 5 avril 2014

Mettre les préceptes dans notre vie n’est pas chose facile. Très vite nous voyons qu’en effet il est impossible de les suivre - je vais tuer des virus en prenant des antibiotiques , je ne laisse pas les doryphores manger les pommes de terre du potager... - pourtant il me semble que parler de " rigidité " si l’on décide de suivre des vœux que l’on a librement choisi n’est pas juste non plus.

Comment évaluer si notre pratique nous permet d’avoir une " vision juste" de la situation ? Est ce une question d’années de pratique ? D’intensité, de nombre de retraites ? Est ce que je ne peux pas m’illusionner moi qui vis dans l’illusion ? Est ce que l’arrogance sera absente de mon évaluation ? Comment le savoir si justement je ne m’appuie pas sur ce que le Bouddha nous a laissé ?

Si je dois garder le silence dans le Zendo cela ne va m’empêcher de parler si je vois l’autel prendre feu ! Mais pour savoir si je dois faire telle chose ou dire telle parole, savoir comment réagir dans une situation difficile, sur quoi m’appuyer pour décider si ce n’est le Dharma ?

Mais il est vrai aussi que s’en tenir aveuglément aux préceptes risque de nous faire perdre de vue la compassion et l’attention aux autres.

J’ai lu il y a quelques années dans un magazine de l’Ecole Soto un récit qui m’a frappée. Un chef de temple de Tokyo racontait comment il avait reçu une de ses fidèles, une jeune fille désespérée qui voulait avorter. Il racontait comment il avait parlé une nuit entière avec elle pour la faire changer d’avis. Mais comme elle allait partir toujours désespérée et toujours décidée, il s’était alors résolu à l’aider, sachant qu’elle le ferait de toute façon. Et il avait conclu :" Si elle doit aller en enfer pour cela, alors j’irai en enfer avec elle."

Transgression des préceptes par compassion mais sans certitude d’être "juste" - seulement la reconnaissance de notre fragilité humaine...

Je ne dis pas que ceci est " la méthode" je ne crois pas qu’il y ait de réponses mais plutôt que nous devons garder la question comme un koan, que nous devons avancer sans certitudes, nous souvenir que ces préceptes et nos vœux sont si précieux que nous vivons notre vie dans leur lumière.

Joshin Sensei

 

Commentaires de l'article

 
Michel Wa Do
Le 6 avril 2014
Sensei, Merci de votre questionnement au-delà des principes, des règles et autres méthodes, au-delà des mots qui induisent un dualisme faussement sécurisant, pour replacer notre esprit dans le grand espace vivant des koans, "ni mobile ni immobile, ni né ni disparu, ni allé ni venu, ni oui ni non, ni ici ni ailleurs" comme le dit le Sutra de l’Estrade. A bientôt, Gassho Michel Wa Do
 

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