Pourquoi nous nous inclinons

Le 5 avril 2014

Toutes les traditions bouddhiques incluent l’acte de s’incliner, physiquement, et ceci, couplé avec les prosternations est une pratique puissante. Mais s’incliner est tout à fait étranger de nos jours à la plupart des occidentaux. Toutefois, à l’époque victorienne, et auparavant, s’incliner faisait partie du protocole social de notre culture. Maintenant nous l’associons plutôt à l’Extrême Orient et à la pratique du bouddhisme.

S’incliner et se prosterner sont des marques de respect. Exprimer le respect c’est regarder vers le haut, vers ce qui est au-dessus de nous, et qui est considéré comme digne de respect. Dans le bouddhisme, nous avons les Trois Trésors, Bouddha, Dharma, Sangha. Ils signifient la sagesse, et des qualités plus grandes que les nôtres. Regarder vers le haut, vers ce qui est au-dessus de nous, c’est s’élever soi-même au-dessus des limites étroites de notre illusion d’un moi et au-dessus des petits intérêts personnels qui vont avec. Gassho

Au début, quand nous nous inclinons, nous sommes raides et gênés, ou bien nous avons l’impression de faire quelque chose de sacré. La raideur peut être due à un manque d’habitude, mais le plus souvent elle vient d’une résistance à « me diminuer moi-même. Un étudiant me dit un jour : « Je ne m’incline devant personne, sauf la Reine ». Bien que ce fut dit d’une façon légère, cela reflète bien cette résistance que nous ressentons à l’idée de nous incliner.

C’est très important de reconnaître cette résistance car elle pointe directement vers la rigidité de l’illusion du « moi », l’illusion qu’il existe un moi permanent, qui ne change pas et qui garde toujours le contrôle. C’est l’impression que rien ne va se produire dans ma vie sans ma volonté ou mon accord. Si je pense cela, comment puis-je m’incliner devant un pouvoir supérieur ?

Incliner le corps, baisser la tête signifie volontairement faire baisser ce sens du moi qui contrôle tout. Il nous suffit de contempler la nature, depuis ses éléments de base comme naissance, vie et mort jusqu’à ses forces les plus impressionnantes comme les tempêtes, les tremblements de terre, la sécheresse, le froid, etc, pour réaliser qu’en aucune façon nous n’avons de contrôle sur elle, mais que nous en sommes une partie.

Voyant cela, nous commençons à développer un véritable sentiment de respect.

Alan Sidi Buddhadharma Summer 2013 trad. Joshin Sensei

 

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