Retraite-travail : le travail… ma pratique pendant la retraite d’Orsay.

Le 3 juin 2014

Quand Sensei nous a annoncé la retraite d’Orsay j’étais très déçue car les dates tombaient sur un week end ou je travaillais toute la journée. La conclusion était " évidente" ( ?...) je ne pouvais pas venir. La déception même me rendait incapable d’envisager une alternative, malgré les pistes que me lançait Sensei. Mais à l’issue d’une journée de zazen, la solution était évidente ( !) : j’allais faire pleinement la retraite en faisant de mon travail une partie intégrante de la pratique. Je remercie Sensei d’avoir accompagné cette proposition car cela a été si riche, et si joyeux d’observer comment "ça" se passait.

La première chose qui m’est apparue c’est l’urgence, pas une minute à perdre. D’habitude il me faut un temps de transition, comme pour me nettoyer du "trop" du quotidien, prendre le temps d’arriver. Là, les choses se sont imposées autrement. Pour que toutes mes activités de ce week end soient la retraite, il fallait "Commencer sans attendre"...Dès que j’ai fermé la porte de chez moi je me suis sentie dans la retraite. Le transport, la marche, tout était la retraite. C’était très fort, très déterminé.

Je n’ai pas eu l’impression de "décrocher" pendant mon temps de travail. Je ne pensais pas à la retraite, je ne pensais à rien de spécial, je travaillais seulement. Dans mon travail je parle et je bouge beaucoup, pourtant au fond le silence de la retraite était là. Il y avait la place.

Le cadre de la retraite était à l’intérieur, très présent et me permettait de ressentir plus profondément ce que « prendre en main ma pratique » veut dire.

Le samedi soir c’était une grande joie de revenir au monastère. Si je pouvais faire la retraite en travaillant c’était aussi parce que le soir je ne rentrais pas chez moi. Alors je me suis demandé pourquoi, qu’est ce qui fait que ma maison est un lieu où je pratique mais pas un lieu de pratique, comme l’est le monastère. Voilà un bon sujet d’étude… j’ai repensé à ce vœu des moines et des nonnes de quitter la maison. En tant que laïque, qu’est-ce que ma maison représente ?

Je suis restée au monastère samedi soir et je suis repartie travailler dimanche matin.

C’était une drôle d’expérience aussi d’être baigné dans le bruit, dans le lieu de retraite. Ne pas lutter contre le bruit, ne pas se couper non plus, se laisser traverser. Dans le RER, le résultat a été inattendu. Je lisais le Fukanzazengi quand un accordéoniste est entré dans le wagon. Habituellement, je suis incapable de lire avec de la musique, je m’arrête, j’attends la fin et je reprends ma lecture. Là j’ai continué à lire. Sans chercher à en occulter le son, l’instrument faisait peu à peu partie du Fukanzazengi. « Pour faire zazen il est bon d’utiliser un endroit tranquille… s’éloigner de tout ce qui fait naitre nos illusions ». Cet endroit c’était la retraite mais pas un endroit précis.

Ça m’a manqué de ne pas retourner au monastère le dimanche après-midi pour vivre la cérémonie de clôture avec tous les pratiquants. Mais j’ai chanté les refuges en pali et fait une marche silencieuse après mon travail pour vivre moi aussi cette cérémonie, dire merci et marquer le moment ou la retraite se termine pour se continuer dans le monde.

Pour finir, je remercie Sensei et Jokei Sensei de nous accompagner tous à chaque instant, pendant cette retraite mais aussi à chaque moment. Je remercie également tous les pratiquant de la retraite, la continuité de votre pratique était essentielle pour permettre la continuité de ma pratique sous sa forme particulière. Sans votre pratique je n’aurai pas pu faire la retraite. Grâce à vous j’ai pris la mesure de la responsabilité que nous avons chacun par notre pratique dans la pratique de tous les autres. Jamais seuls…

Marie Seikyu

 

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