Un coeur sans couture - Le Dharma devrait vous déranger

Le 29 février 2016

Un cœur sans couture

Un cœur parfaitement éveillé est un cœur qui ne tient compte d’aucune division entre vous et les autres, dit Thanissaro Bikkhu

Si nous utilisons le Bouddhisme comme une espèce d’identité agréable ou que nous sommes intéressés par l’utilisation de méthodes de méditation sans aller trop profond dans le processus d’éveil, alors nous pouvons ne pas nous sentir concernés par la discrimination que nous trouvons dans ses structures traditionnelles et modernes.

Cependant, si nous recherchons un véhicule authentique qui peut nous guider dans le processus d’un profond éveil, alors nous ne pouvons plus nous permettre de nous distraire en écartant certaines catégories que ce soit les femmes, les personnes de couleur, les autres races, ou certaines parts de nous-mêmes que nous refusons d’embrasser, d’apaiser, et de libérer. C’est ainsi car lorsque nous nous éveillons, nous ne sommes plus capables de tolérer une conscience divisée qui fragmente notre expérience.

Nous ne pouvons pas croire que nous sommes amenés au niveau le plus profond de notre être tout en niant des parties de notre moi personnel et collectif.

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Photo Marylise

Si notre pratique est basée sur les aspects divisés de la vie, loin de notre conscience aimante, ce sera simplement trop douloureux et en fin de compte préjudiciable aux autres quand nous projetterons cette peine sur eux. Nous condamnerons ceux qui nous entourent pour ce que nous n’acceptons pas en nous. Au contraire, en commençant à vivre à partir d’un cœur plus aimant, embrassant tout, sans couture, nous forgerons une démocratie plus radicale d’éveil, où tous les êtres feront partie de notre corps du dharma. Nous devrions savoir, cependant, que le réaliser et lui donner forme veut dire que nous avons du travail.

Le Dharma devrait vous déranger

Si vous vous sentez toujours bien avec les enseignements du Dharma, dit John Peacock, alors c’est qu’ils ne font pas leur travail.

Si ce truc ne vous dérange pas, alors c’est que ça ne marche pas. Si ça ne secoue pas votre confort, alors c’est que ça ne marche pas – tout ce que vous écoutez sont les morceaux que vous voulez entendre. Maintenant, c’est toujours un danger, et nous ne pouvons pas faire une loi contre ça. Mais je pense que le travail des enseignants n’est pas de dire aux gens ce qu’ils veulent entendre. Une part de l’intégrité de l’enseignement consiste dans la possibilité de donner aux personnes ce qu’ils trouveront inconfortable.

J’adhère encore à l’importance de la tradition de Dana en occident, et aux conséquences qu’elle entraîne. Les enseignants ne reçoivent pas d’honoraires, en général, ce qui leur laisse une marge de manœuvre pour dire des choses qui sont souvent inconfortables : « Vous ne me donnez pas d’honoraires pour ceci, aussi je ne vais pas me plier à vous dire ce que vous voudriez entendre. Je vais vous dire la façon dont je vois les choses. » Personnellement j’approuverais ces paroles et je dirais : « C’est mon interprétation ». En fait, c’est peut être ce qui se passe dans le texte, mais je m’autorise à le faire de façon aussi troublante que possible parce que une part de votre développement surgit de cette sensation d’inconfort. Vous n’allez pas changer si vous vous sentez à l’aise !

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Si vous sentez que vos enseignants ne vous traitent pas comme cela, vous devriez le leur dire. Je pense que ça permettrait un peu plus d’initiative de la part de ceux qui sont impliqués dans le Dharma comme ne pas prendre tout ce que les enseignants disent, en particulier si c’est apaisant, pour argent comptant ; cela peut être trop délibérément inoffensif. Maintenant, je dis ces choses en me rapportant à l’histoire, quand les auditeurs des Enseignements du Bouddha essayaient de les rendre anodins. Ils pouvaient aller vers lui et dire des choses telles que : « Oh, vous dites vraiment ceci », et il pouvait répondre : « Non, absolument pas », particulièrement quand ils essayaient de replacer les enseignements dans une catégorie qu’ils comprenaient déjà ou dans laquelle ils se sentaient un peu plus confortables. Le Bouddha pouvait dire : « Vous ne m’avez pas écouté » - Il pouvait vraiment dire aux gens : « M’avez-vous déjà entendu dire ça ? ».

Je sais, ici je parais un peu cynique sur certains aspects de la pratique du Dharma, mais je ne pense pas que la pratique devrait être confortable. Elle devrait être si irritante qu’elle devrait vous amener à vouloir changer des choses et regarder comment vous vivez votre vie.

Buddhadharma Winter 2015

Traductions Jôkei Sensei

 

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