Commentaires mis en ligne

Le 1er mai 2016

∎ La première fois que je suis entrée dans un dojo, après plusieurs années d’utilisation d’un petit banc, j’étais frappée de constater combien l’assise jambes croisées, avec les trois points d’appui au sol, était vraiment adaptée. Et puis tous ces petits "trucs" de la position des mains, de l’alignement du nez, des oreilles, du dos, ça occupe bien, ça empêche de rêvasser, de s’affaisser, un vrai bonheur ! On est là tout à la découverte, bien présent, ravi. C’est pas du bluff cette forme !

… Et ! Très vite, viennent les fameuses douleurs. Ah ! Mais c’est normal, j’ai pas l’habitude, ça passera. A la première retraite c’est parfois l’horreur… Des siècles de pratique de la chaise ne rendent pas l’assise facile, mais il n’y a pas que cela… C’est justement “l’esprit d’appropriation” qui vient tout compliquer.

Plus que s’approprier la forme, je dirais qu’il nous faut trouver sa place au sein de la forme, trouver ce "fond libre" fait d’acceptation de ce que nous sommes.

Nous n’avons pas tous la même morphologie, la même histoire, le même âge… L’un aura besoin d’un coussin épais, l’autre au contraire assez plat… et moi qui ai maintenant une arthrose de la hanche, le petit banc.

On ne peut nier que nous venons à la pratique l’esprit plein d’attentes, de demandes. Mais aussi avec un manque, le précieux manque qu’il va falloir apprivoiser. Ou alors c’est une simple curiosité, on est vite lassé. Il n’y a pourtant rien à prendre. Ou plutôt il faut tout prendre. De toutes les façons, quand on débute on est tellement infantiles, aveugles, cramponnés à plein de certitudes, que le mieux c’est encore de s’asseoir en s’emparant à "plein corps" la forme de zazen et d’ y mettre tout notre charivari.

C’est notre encombrement même qui est "propice à la libération". C’est une lapalissade en quelque sorte. Si nous n’avions pas le sentiment d’être pleins et avides de quoi chercherions-nous à nous libérer ? Faire sien est-ce toujours s’approprier ?

Il me semble que faire sien c’est s’unir à, être avec, passer du multiple au un. Avec la pratique, la forme et le manque vont s’unir pour substituer au sentiment de plein, de trop, celui de vide, de réceptivité, d’accueil.

Liliane A.

∎ Lorsque la douleur apparaît, je me pose la question "mais, qu’est ce que c’est ?", je reviens à l’expiration, je la "dirige" vers l’endroit douloureux puis dans le bas du ventre...

Nadia

∎ Zazen douloureux (il faut bien sûr ne pas dépasser ses limites). Dans la vie de tous les jours, il y a des énervements, des contretemps, des agacements…(quand ce n’est pas pire !). Tracasseries de la vie quotidienne : « douleur dans les jambes » du quotidien ?

Louis L.

∎ Je me sens un peu concernée par zazen sans douleur, car j’expérimente toujours zazen avec ...

Au départ il y a la posture que je tiens à "ma façon" (c’est-à-dire de façon occidentale) et qui je pense doit faciliter le processus. Ceci étant, faire zazen demeure le plus important même avec elle.

Je pense aussi que respirer au rythme de la sensation inconfor-table doit pouvoir aider et je vais le faire.

Isabelle

∎ Pendant ces 10 ans de zazen, je crois découvrir que la douleur, la plupart du temps, c’est plutôt une douleur morale, le corps connaît ce qu’il se passe et il réagit, la tête traduit dans ses limites, alors c’est la douleur, l’agitation, ou “je veux partir, maintenant, ceci est insupportable, etc”...

Peut-être c’est toujours “je veux-je ne veux pas”, c’est plein de ça, très subtile, infiniment subtile, je crois que la seule façon à surmonter cette souffrance c’est la connaître, écouter profondément son “bruit”, son inquiétude, y faire face, la laisser se montrer et puis la traverser, c’est à dire, chercher d’autres racines – lâcher prise – les mots ne traduisent pas très bien ce “geste” (c’est ça “shoshintaza”) ?

Alors la respiration, profonde, perce la barrière, c’est aussi bien difficile, on cherchera, tout le temps, à empêcher la respiration, à retourner aux bruits du corps et de la tête, à se laisser entraîner dans toutes ces histoires ... Je crois qu’il me faut de la patience, surtout la certitude que c’est par là, la seule et “grande porte”, et si possible, un bout de sourire ...

La Voie du Bouddha n’a pas de fin !

Diana ZuyKen Photo : theinfluencermedia

 

Poster un commentaire

Ce forum est modéré à priori : votre contribution n'apparaîtra qu'après avoir été validée par un administrateur du site.



Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

Tous les mois, vous y trouverez des textes proposés par Joshin Sensei, ou les membres de la sangha.

N’hésitez pas à réagir ou répondre aux textes proposés en ajoutant vos commentaires.

Si vous souhaitez proposer un texte, merci de l’envoyer par email à La Demeure Sans Limites.

Dans la même rubrique

Vesak
Courriers reçus
Zazen sans douleur ?
Commentaires mis en ligne
En vrac :

À propos de cet article

Dernière mise à jour le :
1er mai 2016
Statistiques de l'article :
312 visiteurs cumulés

Votre recherche

SPIP 1.9.1 [7502] | BliP 2.3 | XHTML 1.0 | CSS 2.0 | RSS 2.0 | Espace privé
Visiteurs par jour (cumul) : 247 (519100)