La joie, c’est zazen

Le 13 juillet 2016

mudita Quand j’ai choisi ce mot « Joie » pour la retraite que nous avons faite en Mai, je me suis demandée ce que cela signifiait pour moi. J’ai pensé à donner des synonymes et c’était très facile car le premier mot qui m’est venu c’est « zazen ». Zazen, la porte de la joie, c’était une évidence, comme un absolu, parce qu’avant zazen je ne connaissais pas la joie. Je connaissais ce que j’appelais ainsi, une alliance de circonstances fortuites ou provoquées, qui m’apportait de la satisfaction, qui durait plus ou moins. Je connaissais en fait des « moments joyeux ». Qui passaient, plus ou moins vite, me laissant à nouveau plutôt indifférente, dans une zone grise, jusqu’à ce qu’à nouveau, les circonstances m’apportent des moments qui me satisfaisaient, ou m’enthousiasmaient, ou me contentaient.

C’est peut-être là une erreur que nous faisons tous : relier « joie » et « quelque chose de joyeux ». Joie et joyeux sont très différents : joyeux, un adjectif, ne peut être utilisé seul, il est forcément dépendant de quelque chose, intérieur ou extérieur ; joie n’est relié à rien. La Joie Est : non pas qu’elle tombe du ciel, un jour, comme la pluie pour cesser un peu plus tard, elle apparaît quand nous sommes reliés. Ou plutôt est reliée à des choses beaucoup plus vastes, beaucoup plus subtiles : une vie droite, sans ombres, même si cela n’est pas sans questions ; des choix de vie cohérents, une intégrité mentale. Les petites choses du quotidien - petites au sens où sont petites les 5 « petites » illuminations - ne nous apportent de joie que si nous vivons en accord avec nous-mêmes. Et cela aussi c’est zazen, qui nous fait miroir, et nous montre par où s’échappe notre joie.

Zazen pour moi c’est ce qui permet à la joie d’éclairer ma vie. Non pas que j’aille en gambadant à chaque zazen, non pas que je couve mon coussin d’un oeil affectueux… enfin parfois si, mais pas tout le temps, pas chaque jour. Non pas que chaque zazen soit un moment délicieux et passionnant, il y a l’ennui, les préoccupations, l’impatience, pas toujours le « nirvâna » ; même si parfois si.

Mais zazen est l’eau qui a usé l’indifférence, le soleil qui a fait fondre la gangue glacée. Zazen n’est pas la joie, la joie est toujours là, ni créée, ni ni disparue, mais il nous y ouvre. Il nous montre notre lumière. A nous de faire le chemin pour ne pas la voiler. Vivre en effet dans la lumière, c’est accepter les Kaï, les préceptes qui viennent alors nous débarrasser de ce qui nous obscurcit. Un peu en tous cas, mais assez pour qu’en mettant cette droiture, cette cohérence dans nos actes et nos paroles, nous laissions entrer la lumière .

La joie alors, c’est le Refuge, savoir que même alors que nous trébuchions ou tombions, la lumière est toujours là. C’est la gratitude bien sûr, la transmission de cette lumière, d’abord, puis chaque repas, tout ce qui est reçu, chaque instant. C’est la grâce, d’essayer d’accepter tout.

Jôshin Sensei

 

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