La gratitude et la joie

Le 13 juillet 2016

Les moines bouddhistes commencent leur journée par un chant de gratitude pour les bienfaits reçus dans leur vie. Les premiers Amérindiens commençaient chaque cérémonie par des prières de gratitude à la mère Terre et au père Soleil, aux quatre directions, à l’animal, à la plante, et aux frères et sœurs minéraux qui partagent notre terre et soutiennent notre vie. Au Tibet, les moines et les nonnes offrent des prières de gratitude pour la souffrance qui leur a été donnée : « Je suis reconnaissant d’avoir eu assez de souffrance pour m’éveiller dans la plus profonde compassion et sagesse possibles. »

Le but de la vie spirituelle est de s’éveiller à une liberté joyeuse, un cœur bienveillant et compassionné malgré tout.

La gratitude est une reconnaissance gracieuse de tout ce qui nous soutient, une prosternation devant tout ce que nous recevons, grand et petit, un remerciement pour les moments de bonheur qui soutiennent chaque jour notre vie. Nous recevons tant de choses pour lesquelles remercier. La gratitude c’est la confiance dans la vie-même. Ce n’est pas sentimental, ce n’est pas être jaloux ni juger.

La gratitude n’envie pas ou ne compare pas. La gratitude reçoit avec émerveillement la myriade d’offrandes de la pluie et de la terre, le bon soin qui permet toutes les vies sans exception.

En grandissant, la gratitude donne naissance à la joie. Nous expérimentons le courage de nous réjouir de notre propre bonheur et du bonheur des autres. La joie est naturelle pour un cœur ouvert. Dans ce cœur ouvert, nous n’avons pas peur du plaisir. Nous ne faisons pas l’erreur de croire qu’il est déloyal envers la souffrance du monde d’honorer la joie qui nous a été donnée.

Comme la gratitude, la joie réjouit le cœur. Nous pouvons être heureux pour les personnes que nous aimons, pour les moments de bonnes choses, pour la lumière du soleil et les arbres, et pour le souffle dans notre poitrine. Et alors que notre joie augmente nous découvrons finalement une joie sans cause. Comme un enfant innocent qui n’a rien à faire pour être heureux, nous pouvons nous réjouir dans la vie-même, en étant vivant.

Maha Ghosananda

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