Retraite en Ville : La Joie. Commentaires des participants

Le 13 juillet 2016

Joie : j’ai eu l’impression qu’il y avait plusieurs niveaux : un premier plus en surface lié à la météo des émotions, à notre état d’esprit du moment et dépendant du monde extérieur. Et un autre plus profond, plus discret, toujours là. Là je fais référence à ce que j’avais évoqué en début de retraite ces moments de joie quand je suis à La Demeure sans Limites. Une joie qui emplit entièrement, légère et sans limite. Marylise Des situations dans lesquelles j’expérimente la joie : - la méditation, car je me reconnecte avec moi-même. - Le matin quand je me réveille car j’aime le matin. - la joie qui s’éveille du fait de pratiquer quoiqu’il arrive : s’asseoir même si les événements dans la journée ne sont pas favorables. Se prosterner, lire des textes du Dharma, marcher en méditation, manger dans les bols. Ces gestes comme un fil rouge, qui me donnent de la force et d’elle découle de la joie.

D K

Concernant le développement des tendances positives, oui je peux les développer. Il me suffit de comprendre chaque jour que j’EXISTE, et cette réalité plus belle qu’un miracle, m’ancre dans le sol avec une force de laquelle jaillissent joie, énergie, gratitude et là mes pensées se reprennent en mains et vont toujours vers le positif. Je ne recherche pas les occasions de partager la joie des autres, je constate seulement qu’être en "relation" avec eux me permet de vivre la compassion, la bienveil-lance, la joie et l’équanimité, quand je le peux ! Au fond de moi, comme dans un petit noyau, il y a cette joie intérieure, qui paraît n’appartenir qu’à moi. Mais je crois quand même que les autres me permettent de la nourrir, de temps en temps, car même si j’ai le sentiment de vivre en grande indépendance, je sais que je suis reliée aux autres…… et à l’Univers !

EVA

Metta est présente chaque jour pour moi. Je dis la phrase employée par les Moines de la Forêt en entrant dans des lieux sans charme comme Carrefour ou le métro , "Que tous les êtres soient heureux et en paix ". Cette pratique fait place nette dans le coeur et laisse, éventuellement, la joie advenir malgré les peines et les manques. Ces deux courants peuvent coexister.

MC

Quelques façons de mettre plus de joie dans sa vie :

  • Cultiver la gratitude, pour les petites et les grandes choses (mon petit cahier m’y a bien aidée, en me "forçant" à trouver des occasions de gratitude là où je n’en voyais pas forcément - au bout de quelques jours, cela vient beaucoup plus naturellement).
  • Tourner le regard vers la beauté du monde ("Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir"), être attentif aux petites choses, ne pas bouder les occasions de s’émerveiller (sans non plus nier l’existence du reste, mais en ne restant pas focalisé dessus). Là aussi, on constate assez vite que le regard "s’entraîne".
  • Cultiver la gentillesse et la bienveillance - en parole, en pensée, par des gestes, par des sourires - vis-à-vis de soi-même et des autres. J’ai rencontré la semaine dernière pendant quelques instants un monsieur originaire du Kerala très souriant et je me suis rendu compte que ce sourire était contagieux - parce que les gens dans la rue me souriaient ! C’est là que je me suis rendu compte que je souriais "aux anges" (et ça m’a fait encore plus sourire, du coup)…

- (Celle-ci m’a été soufflée par Serge mardi soir) : Faire sa petite part de colibri, par des gestes tout simples, faire ce que l’on pense être juste, même si l’on pense qu’au final, ça ne va pas fondamentalement changer les choses.

  • Un des exposés entendus samedi - d’une biologiste australienne manifestement bouddhiste. Elle prenait l’exemple d’une graine pour démontrer l’interdépendance de toute chose : la graine reçoit, pour se développer, l’aide de la terre, de tous les micronutriments et de minuscules champignons qui s’y trouvent, l’humidité de la pluie, la chaleur du soleil, etc., puis, *par gratitude* pour tout ce qu’elle a reçu, elle développe ses premières racines, sa première tige, sa première feuille (et c’est formidable, parce que ce sont de toutes nouvelles choses qu’elle n’avait jamais faites avant), et avec sa première feuille, avec l’aide du soleil, elle commence à redonner, en produisant de l’oxygène - avec *générosité* (elle a vraiment utilisé très toutes nouvelles choses qu’elle n’avait jamais faites avant), et avec sa première feuille, avec l’aide du soleil, elle commence à redonner, en produisant de l’oxygène - avec *générosité* (elle a vraiment utilisé très précisément les mots "gratitude" et "générosité" dans ces contextes-là). Je me rappelle m’être dit que ce serait merveilleux d’être comme cette petite graine, de pouvoir accepter de recevoir sans se poser de question, avec gratitude et avec confiance, tout ce dont on a besoin, et avec cette gratitude et cette confiance, être et faire de son mieux tout ce qu’on a à être et à faire, simplement, "de tout son coeur", et ainsi redonner tout naturellement le moment venu. Cela me semble être une grande source de joie.

Françoise

Quelques occasions de joie : Difficile d’être joyeux face à des drames de tout ordre, mais la difficulté m’amène parfois vers des choses essentielles comme des prises de conscience de ce que nous sommes entrain de faire, de détruire, de ressentir, par exemple arrêter de fonctionner dans l’émotion à chaque fois qu’il se passe quelque chose de grave, car l’émotion nous laisse dans une superficialité. Difficile aussi quand je ne me sens pas en harmonie avec moi-même par une action, une pensée, un choix.

. Quand je regarde et respire cette nature, cette vie, ce monde , que j’ai conscience de faire partie de tout ça . Quand mon entourage le plus proche est heureux . Quand j’équilibre ma vie entre spiritualité, amis, famille, création.... le moins possible au "détriment" les uns des autres. . Quand quelques informations parlent du chemin que certains essaient de faire dans la tolérance, l’écologie, l’entraide... même si je n’en vois pas les bienfaits de mon vivant ! . Quand je ne suis plus affectée, ou beaucoup moins, par ce qui m’est étranger de par des choix, des raisonnements auxquels je n’adhère pas mais que j’accepte de voir et d’entendre avec calme. Quand cette force est là, presque je lèverais les deux mains vers le ciel en disant MERCI.

EVA

Pendant la retraite, j’ai dit que la joie émanait d’un calme intérieur, un rayonnement paisible, une douce ouverture au monde et non pas excitation, émotions... (la retraite à Rixensart a accentué cette expérience). J’ai cependant découvert que la joie n’était pas toujours présente au rendez-vous ! Parfois éphémère, impermanente, pouvant se cacher comme le soleil derrière les nuages… La joie se pratique ? Les textes et échanges Skype avec la Sangha ont souligné l’état d’esprit, les « gestes » du Dharma, notamment pour la cultiver. Alors patiemment, assidûment, j’ai essayé pendant la retraite de sourire, de m’appuyer sur la gratitude, Tout est là ! je souhaite ainsi continuer à pratiquer, à entraîner mon esprit.

Et je fais perdurer la pratique choisie pendant la retraite : les prosternations, le matin… » Mais effectivement, ce n’est pas la joie qui se cache mais "moi" qui ne suis pas au rendez-vous, ne l’expérimente pas, comme des filtres et l’image des nuages me semblait correspondre, Je remarque son absence, l’humeur qui change ou l’état d’esprit. J’essaie plutôt de rester relax avec cela. Je pense que je change à ce niveau mais cela reste cependant subjectif. C’est sûr que c’est plus agréable de se sentir joyeux (et aussi pour les autres) mais ce que j’expérimente est l’impermanence à ce niveau-là.

A une époque, une bonne journée, un bon moment devait être synonyme d’excitation,d’ émotion, d’adrénaline peut-être. Ce n’est plus comme cela (et je ne cours pas après). Il y a certainement une avidité pour la joie (comme pour ce qui "paraît" agréable) ! Je remarque les états changeant. Si la joie apparaît et disparaît, il en est de même par exemple pour la tristesse, (ce serait son opposé). J’ai l’impression d’accepter plus facilement ce qui arrive sans m’accabler ou m’extasier, ni les autres, mais n’en fait pas non plus une généralité....
Du coup l’approche vers la joie est intéressante.

JF

JOIE : La retraite, à travers les lectures et les moments de rencontre skype m’a permis d’appréhender différents niveaux de joie depuis une joie très matérielle jusqu’à la plénitude de la joie tournée vers l’autre. Mais, pour moi, la découverte majeure est que cet état d’esprit, cette attitude positive face à l’existence peut et doit être cultivée. Si l’on entre dans une pièce sur le lieu de son travail en soupirant et en marquant par son corps sa fatigue, les personnes présentent répondront par des attitudes similaires. Entrer dans cette même pièce en souriant nous amènera en réponse des sourires. C’est à la fois apporter et recevoir de la joie. Cela a à voir avec l’empreinte que nous laissons dans le monde.

Yvon

Pratiquer la joie dans la vie de laïc : sourire intérieur dès que l’on sent les tensions monter, pour ouvrir le visage et le cœur, remercier, éprouver de la gratitude pour tout ce qu’on reçoit provoque de la joie. La joie peut se cultiver par des gestes, qui forcés un peu au début peuvent devenir plus spontanés. Se rendre compte que l’on a des émotions « négatives » comme la jalousie, l’avidité (par exemple pour la nourriture) et accepter que c’est là, qu’il faut faire avec, permet de se regarder avec plus de douceur et bienveillance et cela produit de la joie. Rester joyeux quand on s’est trompé, quand les choses ne vont pas comme « je veux », ne pas en faire un drame, peut-être c’est ce qui a bougé pour moi pendant cette retraite. Mettre de la légèreté et de la bienveillance dans nos journées. Accepter qu’il y a « mille choses à faire » et que c’est aussi une chance et pas seulement un fardeau !

Pendant cette retraite, j’essaye de réciter les sutras des repas à chaque fois que je mange, et souvent j’oublie à la première bouchée ! Mais je m’en rend compte et essaye de sourire à cet oubli, puis poser ma fourchette et réciter les soutras. Le repas prend alors une autre tournure, plus calme et en pleine conscience. C’est un premier pas ! C’est aussi la joie de réaliser que se tromper n’a rien de grave ; l’important est d’essayer !

Synonymes de joie : ouverture, légèreté le premier jour, aujourd’hui je dirai apaisement, bienveillance, sourire intérieur et extérieur.

Sabine

 

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