Le mythe de la retraite

Le 2 juillet 2005

Des dialogues que l’on entend il ressort toujours l’impatience des gens d’atteindre une retraite qu’ils auront bien méritée et dont ils profiteront bien. Si nous observons l’état dans lequel nos nouvelles promotions de retraités arrivent " au club ", nous ne voyons que de jeunes vieux usés par la sédentarité et plusieurs décennies de frénésie. Encore ne parlons pas de l’historique alimentaire de leur vie.

Des structures de plus en plus nombreuses apparaissent pour apporter aux retraités de plus en plus de loisirs ; clubs, voyages organisés, manifestations diverses. Autant d’offres qui sont assez illusoires sur des cerveaux usés par des années de conditionnement...

Folie de l’idéal dénaturé, folie du rythme, folie de l’environnement social conduisent l’esprit vers un état dévoyé, mais néanmoins conforme, puisque c’est celui de la majorité, et que la majorité sert toujours de modèle (et de plus fait loi).

Le mental subit les agressions multiples d’un tel mode de vie et perd progressivement ses facultés à reconnaître le bon chemin. Dans le même temps, les forces qui sont liées à l’énergie nerveuse s’épuisent...

De cet épuisement s’ensuit généralement un état de confusion mentale insidieuse, parce que progressive d’une part, mais surtout parce qu’elle sacrifie l’individu au profit de la normalisation.Comment pourrait on accorder quelque crédit à des règles de normalité qui imposent à chacun de renoncer à ce qu’il est vraiment pour devenir une créature socialement intégrable, c’est à dire gérable ? La normalité en tant qu’obligation d’alignement basée sur l’observation statistique du plus grand nombre a quelque chose d’effrayant et d’éminemment frustrant pour l’individu libre qui aurait l’espoir d’un mode de vie à sa mesure.

Extrait d’un traité sur la Naturopathie - André LAFON,
envoyé par Eric

 

Commentaires de l'article

 
Liliane Alarcon
Le 2 novembre 2005
Je suis un peu mal à l’aise avec cet article qui brosse un tableau un peu méprisant du "club" des retraités. S’il est juste de dire qu’attendre impatiemment la retraite pour commencer à vivre est une erreur, il faut bien voir que pour une grande proportion des actifs, de condition modeste, la vie professionnelle est souvent dure et ne laisse guère, ni en termes de temps ni financièrement de loisirs. Beaucoup, à l’approche de la retraite se réjouissent de ce qu’ils vont enfin pouvoir faire certaines choses qui leur tiennent à cœur, et même, pourquoi pas réaliser leurs rêves. Et si ce rêve passe par des structures organisées, nous n’avons pas à juger de ce qu’en tirent nos retraités en question. Le tableau brossé dans cet article sur ce qui s’offre à nos yeux est trop subjectif. L’auteur semble ignorer profondément ce qu’était et ce qu’est la conditions des gens ordinaires. J’ai l’âge et la condition d’en savoir un petit quelque chose. Les retraités sont en bien meilleure forme maintenant qu’il y a 30 ou 40 ans, et la retraite n’est pas un mythe, mais pour beaucoup une occasion de découvrir, de se connaître et de donner aussi. Gardons notre frayeur pour des causes beaucoup plus sérieuses en ce monde de violence et d’intolérance. Ceci m’évoque une petite réflexion de Simone de Beauvoir, lue dans je ne sais plus lequel de ses écrits. Cette grande intellectuelle, était accoudée à sa fenêtre, à l’étage, un dimanche, et observait un couple dans son jardin par une belle après-midi, en train de jouer aux cartes, riant et s’esclaffant. Elle trouva d’abord médiocre et stupide à son goût de se distraire ainsi. Et puis petit à petit elle trouvait que ces gens étaient tout simplement en train de passer un moment tranquille, heureux, et se reprocha un jugement aussi méprisant, qui ne traduisait peut-être que sa profonde solitude. Mme de Beauvoir avait-elle plus de compassion que le boddhisattva A. Lafon, maître zen à ses heures ?
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