Relire Daishin

Le 2 juillet 2005

C’était dans Daishin. Vous l’avez peut-être lu, peut-être oublié...Pour l’été, quelques textes , choisis par Sensei.

L’homme tortue.

Pendant de nombreuses années, il y avait un aveugle qui venait au Centre pour nous vendre des boîtes de bonbons ; des caramels très sucrés enrobés de chocolats qui ressemblaient à de petites tortues, aussi on l’avait appelé Monsieur Tortue.

Il avait l’air capable d’aller et venir dans la ville pour vendre ses bonbons ; il était plutôt original, et il créait toujours beaucoup de bruit et de tumulte quand il nous rendait visite.

Un jour, je marchai dans la rue et j’entendis une voix crier : "Au secours ! A l’aide, à l’aide !" C’était Mr Tortue. Il se tenait au coin de Page St et de Laguna. Il avait besoin de traverser et pour cela, il se tenait au coin des rues et il criait "A l’aide !" jusqu’à ce que quelqu’un vienne et lui fasse traverser la rue. Je pense qu’ il faisait comme ça à chaque fois, à chaque carrefour. Il se plantait là et criait : "A l’aide ! Au secours !"

Quelle vie extraordinaire et courageuse ! Marcher jusqu’à être confronté à une barrière insurmontable, s’arrêter alors et crier "Au secours !". Crier pour avoir de l’aide, sans savoir si quelqu’un va répondre, sans savoir qui va répondre est une possibilité terrifiante pour la plupart d’entre nous.

Ryushin P.Haller, San Francisco Zen Center

Texte d’Aoyama Roshi : Le bruit de nos pas.

Chaque son au temple reflète aussi l’état d’esprit de la personne qui frappe la cloche, ou le bois, dans chaque nuance. Il reflète non seulement le niveau de réalisation spirituelle, mais aussi les sentiments qui sont dans le cœur, de façon indiscrète. Par exemple le tambour signale la fin de la première méditation, et on y entend de façon étrange l’état d’esprit de la personne qui le fait : si elle s’est dépêchée d’arriver après être allée dans un endroit où elle n’avait rien à faire, ou après être allée aux toilettes, cela nous est toujours dit par le son ; il est très différent du son émis par le tambour frappé par quelqu’un qui vient juste de se lever de zazen.

Pendant les méditations, surtout pendant les retraites de trois ou cinq jours, notre corps devient plus souple, notre esprit s’apaise et nous devenons très sensible aux sons. Les sons habituels des gens qui marchent autour semblent extrêmement forts, on dirait qu’ils résonnent dans la salle et dans nos têtes. Pendant les courtes pauses, si j’écoute attentivement, je peux reconnaître les nonnes au son de leur pas, je peux aussi sentir la différence dans leur pratique ou leur état d’esprit.

M° Dogen écrivait : " C’est impoli envers les autres moines de traîner les pieds ; on ne doit pas les déranger ainsi." Et aussi : " Ne reniflez pas, ne vous raclez pas la gorge bruyamment".*

Ce n’est pas seulement que ces bruits sont dérangeants, ils sont impolis car il montre un manque de considération envers les autres.

GAIA...

Si un battement d’aile de papillon
peut déclencher
une tempête en Afrique,

que se passe-t-il
ici où là
quand dans un geste de colère

nous claquons une porte
ou brisons une tasse ?

et
quand je ris

est-ce que cela fait

éclore
une fleur
ici où là ?

Joshin Ni

Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

Tous les mois, vous y trouverez des textes proposés par Joshin Sensei, ou les membres de la sangha.

N’hésitez pas à réagir ou répondre aux textes proposés en ajoutant vos commentaires.

Si vous souhaitez proposer un texte, merci de l’envoyer par email à La Demeure Sans Limites.

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Dernière mise à jour le :
2 juillet 2005
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