« Recevoir la nourriture »

Le 2 juillet 2005

Lors d’une des dernières retraites, j’ai demandé aux rakusus qui étaient présents de préparer des enseignements sur le texte de M°Dogen : La cuisine dans les Temples Zen. C’est ce livre qui est actuellement étudié dans les groupes de méditation de La Demeure, à Paris, Marseille et Grenoble.
Ce n’est pas facile de savoir expliquer, on n’ose pas, ou bien on pense qu’une chose est si évidente qu’elle n’a pas besoin d’être dite...par ailleurs, c’est un texte très riche, qui demande à être pris par petits morceaux, quelques phrases à la fois.

Voici les commentaires d’ Anne.

Il y a une phrase à laquelle je pense souvent, et qui m’aide beaucoup, c’est celle qui dit « Lorsque le tenzo reçoit du kuzu la nourriture, il ne doit jamais se plaindre de la quantité ni de la qualité, mais toujours la traiter avec le plus grand respect. »

Cette attitude devant la nourriture, ce respect, cette acceptation, peuvent être transposés aux évènements qui surgissent dans notre vie. Nous sommes confrontés tous les jours à une multitude de choix et de non-choix. Nous avons parfois la possibilité de choisir, parfois non. Nous avons la possibilité de choisir de venir à La Demeure. Nous venons pour apprendre, pour apprendre à ne pas choisir. Nous ne choisissons pas l’heure du repas, ce qu’on y mange, nos horaires, les personnes avec qui nous nous retrouvons... Si nous ne choisissons pas tout cela, nous pouvons choisir d’y être attentifs, d’y porter attention ou non.

Lorsqu’une journée se déroule, je me dis souvent : « Quels légumes ai-je reçu aujourd’hui ? Quel repas vais-je préparer avec cela ? »

Cela me renvoie à un chapitre du livre "Une bouffée d’ermite" écrit par Frère Antoine, un moine cistercien, qui a décidé de vivre dans une grotte à Roquebrune sur Argens.

Dans ce chapitre intitulé « les tabourets », il explique que lorsque les gens viennent lui rendre visite dans sa grotte, la première chose qu’ils font est de s’asseoir sur les tabourets à l’entrée.

Or il a observé deux types de comportements à cette occasion : il y a les gens qui déplacent les tabourets, les tournent pour tenter de les placer plus à leur façon et ceux qui s’assoient sur les tabourets comme ils sont placés. Selon lui, ceux qui ne bougent pas les tabourets sont ceux qui acceptent le monde tel qu’il est, alors que les autres veulent mettre le monde à leur image.

Combien de fois dans une journée et dans une vie voulons nous mettre le monde ou les autres à notre image ?
Lorsque nous arrêtons de désirer ce que nous n’avons pas et de rejeter ce que nous recevons ou ce que nous possédons, la liberté d’y être attentif se présente alors, et la tranquillité remplace alors l’irritation ou la colère.

Nous pouvons alors servir à nous et aux autres un repas bien meilleur que celui qui aurait été préparé avec des légumes que nous aurions reçus à contrecoeur .

Anne Shingei

Daishin

Daishin est le bulletin en ligne de la sangha réunie autour de Joshin Sensei, fondatrice du temple "La Demeure Sans Limites".

Tous les mois, vous y trouverez des textes proposés par Joshin Sensei, ou les membres de la sangha.

N’hésitez pas à réagir ou répondre aux textes proposés en ajoutant vos commentaires.

Si vous souhaitez proposer un texte, merci de l’envoyer par email à La Demeure Sans Limites.

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Dernière mise à jour le :
2 juillet 2005
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