O BON : la célébration des morts.

Le 8 septembre 2005

Cette année, pour la première fois, nous avons célébré « O Bon », la fête des morts à La Demeure. Voici quelques explications et textes sur cette célébration traduits de la revue « Zen friends », publiée par l’école Soto Zen ; le mois prochain, textes de Jokei Ni, qui a dirigé cette célébration et de quelques-unes des personnes qui y ont pris part.

Le Nouvel An et la Fête des Morts sont les plus importantes célébrations du Japon. Chaque année, pour O-Bon, les citadins quittent en masse la ville pour retourner au village d’origine de la famille et s’incliner devant les tombes de leurs ancêtres. Les parents vivant à la campagne doivent se préparer à recevoir plus de personnes qu ‘il n’en n’ont l’habitude. Autrefois , cela rendait les maîtresses de maison frénétiquement occupées. Ces dernières années toutefois, il y a de moins en moins d’enfants et les liens de famille se distendent ; la corvée des préparatifs devient une chose du passé.

Mais quelque chose de l’ancien O-Bon subsiste dans le cœur des Japonais : en témoignent les feux allumés au début de la fête pour saluer les esprits de tous ceux que l’on a rencontrés, et ceux du dernier jour qui leur dit au revoir. Il y a différents moyens d’allumer ces feux selon la région, mais toujours la vision des personnes se tenant autour des flammes au crépuscule rappelle l’ancienne foi dans l’invisible. Ces feux font naître un sentiment à la fois mélancolique et réconfortant.

La vie est pleine de rencontres et de séparations, et de promesses de se revoir. Qui verrez-vous dans les feux qui brûleront cette année ?

O-Bon est généralement fêté du 12 au 15 août ( ou juillet dans certaines régions) ; mais il y a 50 ans il commençait le 1er août et se terminait avec la célébration de Jizo Sama le 24. Les dix premiers jours chaque foyer s’adonnait à un nettoyage extensif de la maison et des champs. On coupait l’herbe et on nettoyait les cimetières, ainsi que l’intérieur et l’extérieur des temples. Chaque maison préparait l’autel et les offrandes pour les morts.

Selon les croyances populaires les esprits des ancêtres résident dans les mers, les montagnes et les rivières qui se trouvent près de leurs anciennes habitations. On pense que les esprits des personnes décédées récemment s’attardent près des maisons, dans le cimetière ou les tablettes mortuaires déposées sur l’autel familial.

Lors d’O-Bon, les portes de l’autre monde s’ouvrent permettant aux ancêtres de retourner dans leur ancien foyer, où tout a été préparé pour les recevoir. Dans les vérandas, sur les autels sont empilés des légumes et fruits de saison, des sucreries - et parfois du tabac. On dépose aussi les montures des esprits, des petits bœufs, ou des chevaux, sculptés dans des concombres ou des aubergines, aux pattes de paille. A côté sont posées les lanternes traditionnelles de l’été.

Le Bouddhisme met l’accent sur les relations causales entre notre propre vie et celles de nos parents et de nos ancêtres. C’est pourquoi la plupart des familles essaient de se réunir pour cette fête, afin d’exprimer leur gratitude.

Quand tout est prêt les moines viennent réciter des sutras devant l’autel sur lequel est placé - pour les adeptes de l’école Soto- des images du Bouddha Shakyamuni, de M°Dogen et de M°Keizan Jokin. Puis toute la famille se rend au cimetière afin de remercier les ancêtres qui ont rendu possible notre existence. Jusqu’à récemment, on priait aussi pour de bonnes récoltes.

Enfin les danses d’O-Bon font aussi partie de l’accueil des esprits des ancêtres.

Tout le village -hommes, femmes et enfants - se met en cercle pour les danses traditionnelles qui durent souvent toute la nuit. Autrefois ces danses se déroulaient aux abords des temples. Mais aujourd’hui elles sont sponsorisées par les associations villageoises et perdent peu à peu leur couleur bouddhique et leur signification d’origine.

Une semaine après la fin des cérémonies d’O-Bon se tient la fête de Jizo Sama : Jizo-Bon, le 24 août. On y fait des offrandes aux statues du Bodhisattava Jizo, qu’on peut voir souvent aux carrefours et aux entrées des villages.

Jizo, qui est considéré comme un propagateur du Dharma, est aussi le protecteur des enfants. Il les protège depuis leur naissance et il est dit qu’il les aide à surmonter leurs chagrins.

Le matin du 24, on nettoie les alentours des statues de Jizo, on lui fait des offrandes et on prépare des lanternes pour le soir. L’après-midi les enfants s’y rassemblent ; on leur offre des cadeaux et tout le monde joue avec eux. Toutes ces fêtes sont caractéristiques des étés au Japon.

Daishin

Daishin a déménagé !

Retrouvez le nouveau site de Daishin à l’adresse suivante : http://larbredeleveil.org/daishin/lespritvaste/

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Dernière mise à jour le :
8 septembre 2005
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