Le « pausing » !

Ça a été une semaine de découvertes autour de l’acceptation, comment aller à la rencontre de nos difficultés à dire « oui » aux situations que nous vivons,  de nous-mêmes, des autres, de la pratique… Des « oui » qui sont des « peut-être », des « oui » qui sont des « non », des « oui-pas du tout » et des vrais « oui » aussi.
Puis les pratiques du sourire, la pause pour respirer, revenir à moi-même et metta, pour transformer ces résistances et m’ouvrir.
Le sourire est une sorte de magie, tout devient plus léger. En souriant aux autres, cela m’a rapprochée d’eux, a facilité la confiance, a réveillé des sourires autour.  Me sourire à moi-même : me recontacter, revenir à moi, une façon de dédramatiser et de changer le point de vue aussi. Et puis, en élargissant le champ d’action, commencer à sourire… ce matin à ce que je tombe de sommeil en zazen, aux bruits non-stop des travaux du bâtiment à côté, aux nouveaux boutons du cyclamen dans ce début d’automne …
La pause, ce moment de respiration, d’attention, m’a permis de devenir plus présente, plus ouverte, d’avoir l’espace pour observer ce qui se passe au-dedans et à l’extérieur, de n’être pas entraînée (autant!) par les pensées et les émotions.
J’ai un ami très passionné de la course à pied, le running. « Après avoir couru, la vie est belle : je me sens libre, vivant, léger, frais. C’est merveilleux ! ». En riant, je lui ai dit que j’éprouve ce bonheur-là avec le « pausing ». « Avec quoi ?? ». « Le « pausing ». C’est génial ! Tu dois essayer »!

Irène Toen

Retour au sommaire

Yoga Smile

Thich Nath Hanh nous suggère de mettre plusieurs fois par jour sur nos lèvres un sourire -sourire léger mais réel- que l’on soit en train de méditer ou simplement de s’arrêter au feu rouge.

«  Comme un sourire en bouton » écrit-il, qui va nourrir votre présence et vous calmer miraculeusement… votre sourire vous rendra heureux, et apportera ce bonheur à ceux qui vous entourent ».

Un sourire est le « oui » de l’amitié inconditionnelle qui accueille l’expérience de la non-peur.
« Pour bien méditer, vous devez sourire, beaucoup…

Je dis toujours qu’un sourire peut  être une pratique, un genre de yoga. Le yoga de la bouche : vous souriez tout simplement, même si vous n’éprouvez pas de joie spéciale, et vous verrez qu’après vous vous sentirez différent.

Quelquefois, c’est l’esprit qui prend l’initiative, et quelquefois vous devez laisser le corps prendre l’initiative. Parfois l’esprit nous guide, parfois le corps peut guider… »               Thich Nhat Hanh

http://meditationsinwonderland.com/post/26955078590/thich-nhat-hanhs-smiling-meditation

arbre-dore

Retour au sommaire

DIRE OUI :

feuille1Dire non, dire oui

Je réalise combien je suis dans le non. Même si je dis oui souvent, intérieurement je ne suis pas dans le positif. Enfin, j’y travaille mais c’est un travail qui est nécessaire chez moi.
A quoi je dis non d’habitude ? aux conducteurs devant moi qui vont trop lentement ou trop vite… à mon ami lorsqu’il n’est pas rassurant… aussi à faire des choses inhabituelles. J’ai tendance à rester dans mes habitudes, à ne pas imaginer de nouvelles situations. Je dis non à penser autrement, à sortir de mes repères habituels. Ces temps-ci,  je suis pas mal défiée par la vie, j’ai l’impression que je ne contrôle pas grand chose.

J’ai dit oui à moi-même aujourd’hui, à me donner le droit de vivre ma vie, ne pas toujours être au service de quelqu’un d’autre. Dire oui à la confiance en moi-même, à ma capacité à être seule, à être bien avec moi-même seule.

C’est surtout dire oui à risquer de penser autrement, d’ouvrir des nouvelles fenêtres pour voir la vie depuis un autre endroit, et moi également.
En même temps dire oui à ce que je suis, même si c’est imparfait et améliorable, transformable… dire oui à ma partie lumineuse, me faire confiance, croire en moi.

Dire oui à ma cheffe qui n’agit pas toujours de manière juste à mes yeux, dire oui à mes collègues avec leurs défauts, leurs qualités. Dire oui à ma fille aussi, mais je crois que je lui dis oui. Je devrais lui dire non plus souvent peut-être !
Dire oui à ma vie d’une manière générale, qui ne reflète pas mes rêves d’enfant, accepter humblement mes limites, là où je me trouve.
Apprendre à dire non pour pouvoir mieux dire oui, un vrai oui !!!
Dire oui au fait que je ne comprends pas tout, dire oui à ces doutes.
Danièle K.arbre3

feuille1Dire oui au non
Quand est-ce le plus difficile… C’est difficile… Parfois, c’est « oui » à moi, parfois aux autres, parfois aux situations. Il me semble que les obstacles ont souvent beaucoup à voir avec les « images » que l’on a de soi ( « je ne serai pas capable de… », « je suis quelqu’un qui…  » ) ou avec ce vers jumeau du Dhammapada   » Il m’a insulté, etc…  » .
Ce qui m’aide, c’est de m’arrêter et de me demander 1) si c’est vraiment si important, 2) ce qui est le plus important : la « blessure » qu’a pu provoquer une parole maladroite ou prononcée sous le coup de la peur, de la colère… ou la relation que j’ai avec la personne, etc… Souvent, rien que le fait de m’arrêter et de me poser la question me fait me dire qu’après tout…

Il y a aussi les « oui » qui veulent dire  » non » : j’apprends… à dire « non » (à sortir de ce que j’appellerais ma « nippone attitude de ne pas trop savoir refuser  » ) et à dire « oui » au « non », quand c’est « non ».          C’est-à-dire à ne pas me sentir en porte-à-faux avec les circonstances et avec moi-même si c’est non.
Françoise

arbre4

feuille1Oui à la pratique

Je souhaitais particulièrement faire cette retraite parce que dire “oui à ce qui se passe” semblait particulièrement important pour moi à ce moment. Tout en me disant qu’il y a des choses que je ne pouvais vraiment pas accepter… et puis les textes m’ont permis d’avoir une vision plus large de ce “dire oui”.  J’ai fait le lien entre le “Oui à ce qui se passe” et le “Oui à la pratique même quand c’est difficile”.
En effet, entre savoir que quand la situation est difficile, c’est à ce moment-là qu’il est nécessaire de pratiquer, et y arriver… il y a un pas à franchir, des résistances à dépasser. Alors ce qui peut aider c’est de s’appuyer sur des choses simples et concrètes : un horaire fixe pour Zazen, Gasshô en passant devant le Bouddha, sourire et se sourire à soi-même, mettre son rakusu…
Et puis aussi, apprendre à dire non…
Catherine J

feuille1« OUI », c’est prendre Refuge
Dire oui »  !  J’ai pris conscience que lutter contre les pensées, ou ce que j’oublie ou ne fais pas spontanément ou comme j’aurais aimé, les situations qui changent… créé de la souffrance et me prive de l’esprit vaste, ouvert, libre et joyeux !
Dire OUI à ces pensées qui m’occupent quand je le vois, le comprend quelquefois ou pas ! et que j’en souris profondément me permet de retrouver la satisfaction de ce que j’ai, comme c’est.            Dire OUI m’a permis de poser quelques gestes comme m’incliner devant l’autel quand je passe devant – pour faire « pause » dans mon activité – mettre ma veste de samu-e pour m’aider à l’attention en conscience dans ce que je fais chez moi, ou encore marquer « une pause » dans ma démarche qui se fait rapide à l’extérieur surtout en en souriant sincèrement !   Ces gestes me relient à la grande Sangha, me permettent de réaliser que nous « inter-sommes » comme le dit Thich Nath Hanh ; ce que je me donne dans l’acception, la compréhension du coeur, metta, je peux ainsi mieux l’offrir à tous les êtres, sans même le savoir !                  Dire OUI c’est donc prendre refuge : une pratique qui me paraît importante actuelle-ment, serait d’accepter en      « disant oui » à ce que je ne comprends pas intellectuelle-ment par exemple à tel propos, telle situation, telle action, que ce soit de moi-même comme d’autres personnes ; cela me permet  de me re-connecter à notre nature de Bouddha que nous partageons tous, au-delà des illusions.                              Marie Anjin
feuille1« Oui », et plus d’obstacles
Je réalise avec « dire oui » que c’est justement cela le travail des  retraites : comment dire oui à tout, surmonter les peurs et franchir le mur de briques de la vie quotidienne qui semble si haut, si épais. Qu’il ne s’agit pas d’être dans de bonnes conditions, mais au contraire de partir de tout ce qui se présente, tout au long de la journée. Et finalement je me rends compte que les obstacles n’en sont pas, et qu’il n’y a pas de crainte à avoir. “Sans obstacles la peur n’existe pas” .
La difficulté de la pratique : cela me ramène à ma première expérience de zazen. La personne qui dirige ce jour là nous dit que pratiquer zazen est comme revenir à la maison. Je me rappelle avoir été très rassurée et tranquillisée par cette phrase. Ce texte m’apparaît aujourd’hui comme un développement de celle-ci. Revenir complètement à soi-même en laissant les idées que l’on a de soi-même.
S’ouvrir à soi s’ouvrir aux autres.
Le “ yoga smile  ” (voir ci-dessous) : une pratique toute simple, de tous les instants.
“Dire oui” m’apparaît présent dans toutes les pratiques.  Et cet entraînement ne peut pas s’arrêter. Il ne peut pas durer seulement le temps d’une retraite. C’est pour toute la vie !
“La voie du Bouddha est sans fin, je fais voeu de la suivre”.         Anne

feuille1Dire oui est un vœu
Le plus difficile pour moi est le oui aux sentiments troubles qui émergent par moments, par exemple une angoisse qui sourd, dont l’origine est difficile à connaître. Les voir apparaître, les reconnaître, oui, mais que ce oui les transforme profondément demande encore beaucoup d’exploration intérieure. Beaucoup de zazen ?
Peut-être, même si zazen « is good for nothing », ne sert à rien… le vrai zazen ? Y aurait-il de faux zazen ?… Je ne pense pas, zazen est zazen par la posture, le souffle et l’intention, car oui, il y a une intention au départ, faire zazen ! mais elle disparaît, se dissout dans le zazen qui se fait.
Foi totale dans le zazen, oui, vital, zazen relie directement au principe vital, à la grande force universelle qui meut tout profondément, subtilement.       En-deçà de tous les ajouts humains. Se relier à cette force qui n’est ni agréable, ni désagréable, ni bonne ni mauvaise, juste vitale.
Cesser de vouloir être tranquille, sereine, ceci cela… Tiens je dis non, là ! Alors oui, tout est à prendre ou plutôt recevoir ( « accepter » a une connotation fataliste), tel que cela se présente, et sans cesse boire à la source de zazen. Oui.
La posture elle-même est un oui, un grand oui.  Le oui de la langue française peut s’y lire : le « o » : les mains ouvertes, les bras, le corps entier offert à zazen. Et le « i », qui termine la prononciation de oui dans un sourire… le sourire léger mais profond dont parle Thich Nhat Hanh.
Oui, sourire, quand je sens cette fragilité me gagner, par exemple.
Et zazen ! à chaque moment     « creux », en marchant d’un point à un autre, en attendant quelqu’un ou un bus, toujours se relier à ce souffle vital et sourire de cette conscience de soi, du monde, de l’univers.      Un vœu en action.                       Nicole T

 

feuille1Dire oui spontanément

Dire oui spontanément, tout de suite,  cela est peut être le plus difficile pour moi, mon réflexe est souvent soit de dire non au premier abord, puis de réfléchir et de revenir sur le oui, en tout cas avec les proches… par peur de perdre quelque chose ? de se faire envahir, utiliser ?                 Comme si j’avais une limite à ma générosité, au don de temps, d’attention…. c’est désagréable de voir cette limite si présente. Etrangement, plus on est proche affectivement plus cela se complique.

Dire oui à l’inconfort, l’incertitude physique et aussi psychologique, les regarder, faire des pauses pour les regarder, et ne pas chercher à les fuir, à porter l’attention sur d’autres objets plus agréables, c’est laborieux !! mais j’y arrive un peu, en tout cas j’essaye davantage depuis cette retraite.

Dire oui aux critiques, ne pas tout prendre personnellement, ah le syndrome de la mère nourricière susceptible !! Comme si le monde tournait autour de nous, avec nous au centre, « parfaite cuisinière ».

Dire oui c’est apprendre l’humilité, c’est apprendre à faire passer les autres et leurs conseils avant son idée de ce qui est bien, à être disponible.

Finalement, l’autre qui nous critique nous fait le cadeau de nous obliger à nous regarder, c’est donc le lien avec la gratitude.                             Sabine

arbredouble

Retour au sommaire

Bonjour bodhisattvas (2ème partie)

Reposer en paix

Tous les matins, je chante un soutra au Bodhisattva de la compassion pour le bien-être de personnes de la sangha ou de connaissances qui sont malades et aussi, comme je le dis, pour le passage paisible et le repos de ceux qui sont récemment décédés. Or, j’ai découvert que quand je chantais juste pour Lou, mon époux décédé, j’étais tiraillée entre le passage et le repos paisible et les nombreuses renaissances au travers desquelles poursuivre notre vie, ce qui est la base de notre vœu de bodhisattva. Je n’étais pas sûre de ces choses-là. Mais sa mort m’a poussée à faire plus attention à ces mots.

Lorsque je chante pour lui, c’est ce qui me vient : les questions du repos paisible et de la renaissance. Il était tout à fait sincère dans son vœu de bodhisattva, de pratiquer pour le bien de tous les êtres, alors j’imagine qu’il expérimente peut-être un repos paisible et la renaissance.

Lou et moi-même avons un jour fait un bout de chemin avec un enseignant tibétain qui dirigeait un séminaire sur les rêves. Lou était très conscient de ses rêves et avait le sentiment qu’ils avaient un sens. Lors de la conversation que nous avons eue sur la route vers le séminaire ou au retour, à un moment donné, Lou a dit quelque chose le concernant, et Tarab Tulku Rinpoché lui a répondu : « Oh, c’est parce que vous étiez moine dans une vie antérieure ». Lou était tellement concentré sur le fait d’être moine – pas enseignant, pas érudit, pas prêtre – juste moine. Peut-être voulait-il encore passer de nombreuses vies dans la peau d’un moine, jusqu’à ce que le vœu de bodhisattva, de mettre un terme à la souffrance de tous les êtres, ne soit plus nécessaire.

Quoi qu’il en soit, j’apprécie beaucoup les commentaires de Shohaku Okumura sur la mort dans son ouvrage Réaliser Genjokoan :
« La bûche devient cendre. La cendre ne peut pas redevenir bûche. Mais nous ne devons pas considérer la cendre comme étant après et la bûche comme étant avant. Il faut savoir que la bûche demeure dans la position dharmique de bûche et a ses propres avant et après. Bien qu’avant et après existent, le passé et le futur sont interrompus. La cendre reste dans la position de cendre avec ses propres avant et après. Comme la bûche ne redevient jamais bûche après avoir été réduite en cendre, il n’y a pas de retour à la vie après qu’une personne soit morte. Cependant, dans le Bouddhadharma, c’est une tradition inchangée de ne pas dire que la vie devient mort. Par conséquent, nous l’appelons non-surgir. C’est la voie établie des bouddhas tournant la roue du Dharma de ne pas dire que la mort devient vie. Ainsi, nous l’appelons non-périr. La vie est une position dans le temps, la mort est aussi une position dans le temps. C’est comme l’hiver et le printemps. Nous ne pensons pas que l’hiver devienne le printemps et nous ne disons pas que le printemps devient l’été. »

La Grande Affaire de la vie-et-mort
Tout au long des enseignements de Dogen Zenji, la question de  vie-et-mort, ou naissance -et-mort, est appelée « la grande affaire ». Sur le han [une planche de bois que l’on frappe à l’aide d’un maillet] qui nous appelle au zendô, on peut lire cette citation, que l’on chante chaque soir dans de nombreux monastères au Japon : « La question principale est la question de vie-et-mort. Le monde est impermanent, le temps passe rapidement. Soyez donc vigilants. Ne laissez pas passer le temps en vain. » Il y a un sentiment d’urgence à comprendre vie-et-mort, et c’est ce dont parle Dogen Zenji. Au Japon, lorsque quelqu’un s’en va, il est courant, pour prendre congé, de lui dire « Odaiji ni » – préoccupez-vous de la grande affaire. Elle est absolument centrale dans les enseignements bouddhiques.
« Vie-et-mort » est la traduction de l’expression japonaise shoji. Utilisé comme verbe, le mot japonais sho (à savoir le caractère qui se prononce « sho ») signifie « vivre » ou « naître ». Et le second caractère, ji, veut dire « mourir » ou « être mort ». En conséquence, cette expression peut se traduire par « naissance et mort » ou « vie et mort ». Shoji est le processus de vie dans lequel nous naissons, vivons et mourrons. C’est l’équivalent du terme sanskrit samsara.
La pratique est une question de vie-et-mort. Cette vie est notre pratique. Cette pratique est notre vie – parce qu’elle tourne toute entière autour de la naissance et de la mort. Tous, nous sommes nés et tous nous allons mourir.
B. Zenkei Hartman

Retour au sommaire

 

Juste donner …

J’avais depuis une semaine un beau vieux rosier à donner, en attente avec ses racines et sa motte de terre dans un grand pot. Je voulais le donner à une dame qui adore jardiner mais qui habite loin, et ne viendra finalement pas le chercher….ce matin, un jardinier était en train de ramasser des feuilles chez ma voisine, je lui demande s’il le voudrait pour chez lui, après qu’il m’ait gentiment donné des feuilles pour mon compost. Il me dit « Moi je n’en veux pas mais j’en ai déjà plein chez moi. Par contre, Isabelle serait contente de l’avoir ». Isabelle est une autre voisine, que je n’apprécie pas particulièrement car elle vient parfois sonner pour nous dire que notre chat Kikko vient souvent chez elle, que l’on ne sait pas bien s’en occuper, que l’on part en vacances sans s’occuper de qui va le nourrir (ce qui est faux bien sûr). Elle nous énerve car on la soupçonne de le nourrir en cachette. 
Bref, Isabelle sonne à la porte peu de temps après, accompagné du jardinier et me dit qu’elle est ok pour prendre le rosier. Ah, ne pas choisir à qui l’on donne, pas facile!! mais finalement, une pratique qui me ramène à la dernière retraite. Que ce rosier s’épanouisse dans son jardin! Et que je puisse   voir cette situation positivement !
Sabine

Retour au sommaire

Metta dans la vie de tous les jours

Nous ne cultivons pas seulement metta, l’amour bienveillant, sur nos coussins de méditation. Metta peut être cultivé, et vécu, dans chaque aspect de nos vies. Nous pouvons faire sortir metta de la salle de méditation et l’introduire dans notre vie quotidienne, et le développer dans nos interactions avec nos amis, notre famille et même avec des personnes qui nous sont étrangères. Comme en toute autre chose, la pratique nous permet de nous améliorer. Bien sûr, nous ferons des erreurs – nous nous mettrons  en colère, nous nous montrerons rancuniers, nous aurons des rejets irrationnels, nous ne ferons pas preuve de compassion même face à des amis en souffrance – mais commettre des erreurs fait partie de tout processus d’apprentissage. L’important, c’est d’essayer de tirer les leçons de notre expérience. L’un des aspects intéressants de la pratique de l’amour bienveillant, c’est que nos erreurs nous offrent la possibilité de développer une plus grande gentillesse envers nous-même. De nous rendre compte que «  l’erreur est humaine  ». Et de nous pardonner.
Au cœur de la pratique de l’amour bienveillant dans la vie quotidienne figure la pratique de l’éthique. Non pas l’éthique au sens d’observer des règles ou d’échapper à une punition et d’obtenir une récompense (metta a ses récompenses, mais elles ne sont que les conséquences naturelles de nos actions, pas quelque chose qui nous est accordé par un juge extérieur). Non, ce dont il est question ici, c’est de développer une conscience bienveillante et compassionnée. Et cette conscience nous conduit à agir, de plus en plus, d’une façon naturellement gentille. On dit qu’une personne éveillée ne doit plus pratiquer l’éthique. Ses actions sont naturellement éthiques, parce qu’agir en pleine conscience, avec compassion, vient naturellement lorsque l’on est éveillé.
En attendant, il nous faut travailler à être plus doux et plus compassionnés, envers nous-mêmes et les autres. Au fil du temps, nous découvrons que cela nous vient naturellement, comme lorsque l’on acquiert n’importe quelle autre aptitude.
Cultiver metta en méditation a un effet sur notre comportement dans la vie de tous les jours. Même si nous ne nous rendons pas compte que nous sommes plus gentils, il est fréquent que d’autres personnes le remarquent. Cela étant, notre comportement dans la vie quotidienne influence aussi la facilité que nous avons à cultiver l’amour bienveillant en méditation. Si vous avez passé la journée à relever les erreurs des autres ou vous êtes disputé, lorsque vous vous assoirez pour méditer, vous verrez que votre esprit est agité et en proie à mille conflits. Les querelles et la critique se poursuivront dans votre esprit, alors même que vous serez la seule personne présente.
En revanche si, pendant la journée, vous laissez passer les pensées critiques lorsque vous constatez qu’elles émergent, si vous vous efforcez de parler gentiment et de faire preuve d’empathie vis-à-vis des autres personnes même lorsque vous n’êtes pas d’accord avec elles, alors, une fois assis sur votre coussin, vous découvrirez que vous vous sentez mieux et qu’il est plus facile d’entrer en contact avec une certaine gentillesse.
La relation entre la méditation et la vie quotidienne n’est pas à sens unique. Chacune a un impact sur l’autre.
Si nous nous efforçons de cultiver metta en méditation mais continuons à agir, au quotidien, d’une façon qui nuit à metta, nous allons forcément restés «  bloqués  » dans notre développement.
A vrai dire, c’est vraisemblablement l’une des causes les plus courantes de l’absence de progrès dans la méditation  : nous passons notre temps à défaire les effets de notre méditation lorsque nous sommes au travail, avec des amis ou en famille. Il nous faut donc examiner chaque aspect de nos vies et voir comment il contribue au développement de metta ou l’entrave.
Traduction : Françoise

Source  : http://www.wildmind.org/applied/daily-life/metta-in-everyday-life

Retour au sommaire

En vrac :

Les artichauts sont comme la pratique
ils demandent de l’attention et une certaine endurance
pour enlever les feuilles
une à une
jusqu’à découvrir leur chair
tendre et savoureuse
et réaliser aussi que dans ces feuilles pitoyables
qu’on enlève au début
on trouve le même délice charnu
du cœur profond
Diana Zuyten Montevideo (début printemps, le temps des artichauts)

– L’unité est le trésor de la diversité humaine, la diversité est le trésor de l’unité humaine. Quelles sont les aspirations fondamentales de tout être humain, qui se révèlent dans les conditions historiques les plus différentes ? C’est le besoin d ‘épanouissement personnel au sein d’une communauté organique à laquelle on appartient.
Le développement personnel sans la communauté et sans l’amour est le développement de l’égocentrisme et de l’égoïsme. Si on a uniquement la communauté, on a l’étouffement de l’épanouissement personnel.
Pour pouvoir créer une voie nouvelle, il faut abandonner complètement la pensée binaire qui règne plus que jamais. Cette pensée binaire, cette pensée par alternative , c’est celle qui pense ou bien ou bien, et non pas et et.
(…) Nous sommes à mon avis dans la préhistoire de l’esprit humain et non pas à sa fin : il y a encore à découvrir, à créer. Nous sommes encore dans l’âge barbare des relations entre les humains, entre les peuples, entre les nations.
Ceci est extrait du dernier livre d’E.Morin « Penser global. » Un livre qui rassemble plusieurs conférences, facile à lire et très complet sur une nécessaire nouvelle pensée de l’humain. Les derniers mots : «  Nous vivons le commencement d’un commencement. » Joshin Sensei

– Donner/recevoir…«  Ici, tout est gratuit ! C’est la boutique Siga-Siga, 181 av Daumesnil à paris. Chacun peut y déposer les objets dont il ne sert plus, et prendre ceux qui lui sont utiles. Mais pas besoin d’apporter un objet pour repartir avec un autre. « J’observe beaucoup de respect de la part de ceux qui viennent prendre les objets, mais aussi de ceux qui les apportent. Par le don on fait vivre un lien de générosité et de convivialité » dit la fondatrice du magasin. «  On a reçu des messages de personnes qui souhaitent faire la même chose ! Preuve que la générosité est contagieuse ! »  laboutiquesansargent.org Info La Vie

– A voir
http://fr.myeurop.info/2013/10/01/en-hongrie-une-ecole-bouddhiste-ou-les-roms-sont-rois-12325
Une expérience, un accueil,  un partage: dans le nord-est dans la Hongrie, une région où la minorité rom est très présente, l’école Ambedkar est implantée depuis dix ans dans plusieurs villages. Une école bouddhiste de la seconde chance qui offre une éducation de qualité à des élèves de 14 à 50 ans, Roms pour 90 % d’entre eux.

 

Retour au sommaire

N° 221 – Octobre 2016

Au sommaire de ce numéro

-Bonsoir Bodhisattvas – Hommage à Zenkei B. Hartman
Trois pamplemousses et dana paramitta – Taitetsu Unno
A voir

Le programme mensuel de La Demeure sans Limites et de Montagnes et Forêts du zen

Jôshin Sensei :

– Retraite en Normandie : les 21, 22 et 23 octobre « Les Voeux du bodhisattva »

La Demeure sans Limites avec Jôkei Sensei :

– du 6 au 9 octobre : préparation du jardin pour l’hiver (2ème partie) , pratique et enseignements.
– du 29 oct. au 1er novembre : calligraphie avec la  calligraphe Akiko San.