Les écrits bouddhistes sont les mots du Bouddha, mais ce n’est pas tout. Ils sont le Dharma. C’est à dire que ce sont plus que des textes.

Ce sont un Refuge.

Le Dharma signifie aussi Réalité, avec un « R » majuscule, ou Vérité avec un « V » majuscule. Le Dharma, comme la Réalité est la façon dont sont les choses, différente des façons dont nous percevons le monde à travers le prisme de nos propres illusions et nos impressions.                     

C’est une Réalité à laquelle nous devons nous éveiller, comme le Bouddha, l’Eveillé, l’a fait.         C’est une Vérité dont la connaissance nous rend libres.

Les bouddhistes (des différentes Ecoles) ne se sont pas mis d’accord sur la nature de cette Réalité et non plus sur les contours de cette Vérité qui nous libère, mais ils sont tous d’accord pour dire que ce que le Bouddha a enseigné -son Dharma- est ce qui nous donne la vision de la Réalité -le Dharma- et que lorsque nous voyons les choses comme elles sont, nous sommes libérés de la souffrance et des bouleverse-ments dans lesquels nous vivons.

Ces deux significations du  terme Dharma signifie que les Enseignements du Bouddha sont vus comme reliés à des « faits » que nous devons connaître.

Par exemple : Les cinq faits sur lesquels chacun doit réfléchir souvent, que l’on soit un homme ou une femme, ordonné ou laÏc. Ce sont :

« Je suis sujet au vieillissement, je ne suis pas au-delà de vieillir… »

« Je suis sujet à la maladie, je ne suis pas au-delà de la maladie »

« Je suis sujet à la mort, je ne suis pas au-delà de mourir »

« Je vais changer, et être séparé de tout ce qui m’est cher »

« Je suis le possesseur de mes actes (karma), l’héritier de mes actes, né de mes actes, lié à mes actes, j’ai mes actes pour arbitre ? Quoique je fasse, en bien ou en mal, de cela je serai l’héritier… »

« Voilà les cinq faits sur lesquels chacun doit réfléchir souvent,

que l’on soit un homme ou une femme, ordonné ou laïc ».

Anguttara Nikaya V.57

Le Dharma consiste en trois parties :

1. Le Dharma qui doit être étudié, comme dans les textes des écrits bouddhistes, et tous les textes qui y sont associés, comme les commentaires.

2. Le Dharma qui doit être pratiqué, c’est à dire en vivant comme le Bouddha l’a enseigné.

3. Le Dharma qui doit être réalisé, c’est à dire s’éveiller, faire l’expérience soi-même de la Réalité, reconnaître comment sont les choses. C’est le Dharma transcendant, et comme toute expérience, il dépasse de loin les mots qui pourraient le décrire.parinirvana

Chaque Dharma conduit au suivant ; nous ne savons vraiment ce que nous étudions que lorsque nous le mettons en pratique. Certains textes nous mettent en garde : ne pas en rester à l’étude des textes sans aller là où ils nous emmènent :

« 64. Même si un fou passe toute sa vie près d’un sage, il n’approche pas plus la Vérité que la cuillère ne connaît le goût de la soupe.

65. Si une personne avisée s’associe avec une personne

sage, même un court moment, elle approchera rapidement la Vérité, tout comme la langue connaît le goût de la soupe ».

[Dhammapada 64-65]

Bien sûr, même si cet avertissement est clair, nous n’avons pas à être des Bouddhas pour étudier les écrits bouddhistes ; tels que nous sommes nous pouvons en apprendre beaucoup grâce à eux, tant sur le Bouddhisme que sur nous-mêmes.

Extrait du Mooc d’Harvard : Buddhism Through Its Scriptures.                       Traduction : Jôshin Sensei